PROLÉGOMÈNES
9. — II faut reconnaître que des travaux qui ont précédé l’adoption de la loi nouvelle, il se dégage envers les magistrats en général et les juges d'instruction en particulier des sentiments incontestables d’hostilité. Cet état d'âme avait déjà frappé l'esprit perspicace de M. Guillot en 1884 (1) et, pendant toute la période qui s’écoula entre cette date et le vote de la loi, il ne fit que s’accentuer (2). En 1897, il arriva à son paroxysme el au sein des assemblées législatives on entendit contre la magistrature de vérilables réquisitoires : l’interpellation Viviani, en particulier (3), au lendemain de l'affaire Pélissier, fut d’une violence extrême et l'orateur fut suivi par la très grande majorité de la Chambre. |
Lors de la dicussion des articles, le ton s’adoucit un peu; mais M. Monis ne déclara pas moins à la tribune du Sénat qu’à son avis, les mœurs professionnelles de la
(1) Guillot, Les principes du nouveau Code d'instruction criminelle,
1884, pp. 6 et 8. | (2) Brégeault, Rev. pénit., 1898, p. 963.
(3) Séance du 5 avril 1897.