NI EN
IN ECCIESIA
F1G. 20. — Reliquaire de la tête de saint Jean-Baptiste à Amiens (d’après Du Cange).
déposée dans un trésor, 'où elle protège l’Empire et lui apporte un surcroît de puissance !. Constantin VIT avait déposé la main dans ce
1. Cf. GC. I. G., t. IV, p. 362, ne 8786. D’après du Cange (op. cit., p. 183), il s’agirait de la main droite. Le bras gauche, qui proviendrait de Sébaste, se trouvait dans « un coffret, ou une petite châsse en bois curieusement travaillée, qui avait sur le couvercle l'image de saint Jean-Baptiste, avec des inscriptions et des vers iambiques en langue grecque ». Ce reliquaire se trouvait at xvr° siècle à Perpi-
reliquaire, confectionné sur son ordre après l’arrivée de la relique, en 956. Le monastère de Citeaux était ainsi entré en possession d’une: pièce importante du trésor impérial.
La tête de Jean-Baptiste, qui était une des reliques les plus. fameuses de Constantinople, parait avoir été divisée aussi par les Byzantins, suivant les témoignages des pèlerins !. Le monastère de Dionysiou au Mont Athos avait reçu en don un reliquaire d’or orné de pierres précieuses, contenant d’après une inscription slavonne la tête du Prodrome?. En 1206, arriva à Amiens la face antérieure de: la tête. Elle avait été rapportée par Walon de Sarton, qui l'avait trouvée dans l’église de Saint-Georges des Manganes *. Du Cange a écrit son Traité historique du chef de saint Jean-Baptiste pour démontrer l’authenticité de la relique d'Amiens, dont il a publié un dessin. Le haut de la tête est recouvert d’une calotte d'argent doré et émaillé. Sur le front un cercle d’or est orné de pierreries et de perles. Au-dessus de ce diadème apparait « saint Jean-Baptiste en émail » représenté en buste, tenant dans la main gauche une croix, et levant la main droite vers une petite figure du Christ. Les noms. des personnages sont indiqués en grec, suivant les sigles byzantins accoutumés # (fig. 20).
Le cas du chef de saint Jean-Baptiste n’est pas isolé. La marquise de Créquy possédait dans son oratoire un reliquaire contenant une partie du chef de « Madame sainte Hélène impératrice », ainsi que: la charte qui l’authentiquait. D’après ce document, qui date de l’année 1245, cette relique, qui se trouvait dans l’église de la Vierge Panachrante, avait été donnée à Baudouin de Créquy, connétable de l’Empire de Constantinople. Le chef était entouré d’une banded’or, sur laquelle était inscrit le nom de la sainte en lettres grecques 5. Il est regrettable que cette inscription n’ait pas été copiée.
Ces reliquaires en forme de tête étaient représentés par d’autres exemplaires. De la même église de la Vierge Panachrante provenait.
gnan dans l'église des Pères Dominicains (Cf. Zbid., p. 186 s.; V. plus haut, p. 80, n. 4).