Cf. Tbid., p
5. Cf. Ibid., p. 134, 369 s. ; L. Arnaud (Échos d'Orient, t. XV, 1912, p. 120 s.).
Le culte des saints de Byzance se répandit en Occident. Le culte de saint Mocius, martyr de Constantinople, se propage en Italie et jusqu'en Espagne, où le calendrier lapidaire de Carmona en Andalousie porte son nom inscrit!. Saint Acace, le soldat-martyr de Byzance,. figure parmi les quatorze. saints auxiliataires, invoqués dans les pays germaniques?. IL serait facile de multiplier ces exemples pour les martyrs étrangers à Byzance ou pour les saints du Nouveau et. de l’Ancien Testament. En lisant les travaux du comte Riant, on. peut se rendre compte de l’influence profonde que les reliques. venues de Constantinople exercèrent sur la piété et le culte du moyen âge occidental à partir de 1204.
Mais ces influences s’exercèrent bien avant le treizième siècle. Constantinople offrait beaucoup de prise à imagination occidentale, avide de merveilleux. C’est de là que, d’après la légende, Charlemagne avait rapporté les reliques de la Passion. Cette légende a fait naitre, on le sait, la chanson du Pèlerinage de Charlemagne, qu est essentiellement un récit de translation de reliques?. Des contes populaires racontaient la fondation de Constantinople et les infortunes. conjugales de l’empereur Constantin#. La tradition merveilleuse relative à l’image du Christ, qui de Constantinople arrive par mer jusqu'à Rome, circule déjà à Byzance au milieu du neuvième siècleÿ. Cette légende n'est pas unique en son genre ; elle est commune à plusieurs images, notamment au Christ de Lucques, qui était arrivé sur la côte de Toscane dans un bateau, sans passagers ni pilote 6,
Ainsi Byzance apparaissait aux yeux des Occidentaux comme une contrée merveilleuse; elle était une .source de pieuses et poétiques légendes, de contes populaires dont tiraient profit les hagiographes et les auteurs de romans. Malgré les distances il existait antérieurement aux Croisades une certaine unité dans le monde chrétien. Malgré les dangers et les difficultés des voyages lointains, les hommes rudes et vigoureux du moyen âge se déplaçaient avec une facilité qui nous étonne aujourd’hui. Dans l’ancienne église Saint-Sauveur, à Nevers, existait un chapiteau du commencement du douzième siècle sur lequel était sculpté une église tout à fait byzantine d'aspect, avec
1. Cf. H. Delehaye {Analecta Bollandiana, L. XXXI, 1912, p. 231 s., 319 5).
2. Cf. H. Delehaye (/bid., p. 232); S. Salaville (£chos d'Orient, t. XII, 1909, 5 br J. Bédier, Les légendes épiques, t. IV, Paris, 1913, p. 122 s.
4. Cf. G. Paris, La littérature française au moyen àge, Paris, 1890, p. 84. :