‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 108 sur 113 · V. plus haut, p · texte numérisé non relu

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6 Gt: . Mâle, L'art du moyen àge et les pèlerinages (Revue de Paris, 15 octobre 1919,

p. 726 s.) ; F. de Mély, Eœuviz, 1. LE, p. 196 s.

une coupole à tambour percé de fenêtres, s’élevant au centre de l’édifice!. Le sculpteur, qui avait représenté cette église, avait été en Orient, ou bien il avait devant lui un modèle rapporté de ces régions.

Pendant tout le moyen âge, en Orient aussi bien qu’en Occident, la foi solide de l’époque a fait naître une quantité considérable d’objets destinés au culte, parmi lesquels les reliquaires figurent engrand nombre. Les reliques innombrables que Byzance possédait fournirent aux artistes l’occasion de se distinguer dans une branche de l’art, qui devait être très florissante, l’orfévrerie religieuse. Les orfévres byzantins s’ingénièrent à trouver des formes pour enfermer les ossements des saints dans une enveloppe précieuse ou pour les enchâsser dans l'or. Ils décorèrent ces petits monuments de pierres précieuses, d’émaux, de rinceaux de filigrane, d’ornements miellés. Ils composèrent, grâce au sens profond de la couleur allié au sentiment de réserve et d'élégance, ces chaudes harmonies. qui brillaient d’un éclat discret dans l'ombre des sanctuaires. Byzance devint très vite un de ces grands centres urbains où les besoins de luxe et la pratique d’une dévotion fervente suscitent les industries somptuaires, où l'artiste, encouragé par les commandes de personnages pieux et opulents, s'était dégagé de l’artisan. Les ateliers byzantins, qui avaient produit tant de chefs-d'œuvre, eurent leur activité ralentie après le sac de Constantinople par les Croisés. Mais ces œuvres dispersées dans différents pays d'Europe ne devaient-elles pas apporter, elles aussi, des éléments nouveaux dans les régions où elles furent importées ?

Un type de reliquaire qui émane de Constantinople, est représenté par la staurothèque de Limbourg, qui contient le bois de la vraie Croix, les reliques de l'Enfance et de la Passion, celles de la Vierge et de Jean-Baptiste. Cette staurothèque, qui est une des pièces les plus remarquables sorties des ateliers byzantins, tant par la finesse du dessin que par la délicatesse du coloris, est aussi un reliquairetype par les reliques qu’il contient. On retrouve, en effet, en Oecident, dans plusieurs listes latines de reliques l’ordre même qui avait été d’abord mis en usage en Orient. Le bois de la vraie Croix occupe la première place, puis viennent les reliques de l'Enfance et de la Passion, enfin celle de la Vierge et des autres saints?. L’inventaire

1. Cf. Viollet-Le-Duc, Dictionnaire raisonné de l'architecture, t. I, Paris, 1882, p. 217- 218, fig. 47.

2. Cf. G. Richter, Ein Reliquienverzeichniss der Fuldaer Stiftskirche, aus dem XV. Jahrhundert, Fulda, 1907, p. 58 s. ; Poquet, Notre-Dame de Soissons, Paris, 1855, p. 82 s.:

de Clairvaux (1504) qui décrit un tableau-reliquaire d'argent, fait à Clairvaux même, énumère les reliques dans l’ordre suivant : Au milieu la Croix, contenant des portions de la vraie Croix, puis autour, des reliques du Sauveur, de la Vierge, de Jean-Baptiste, qui provenaient du trésor des empereurs de Constantinople !. Aïnsi les reliques conservées dans ce reliquaire de travail occidental, avaient été disposées suivant l’ordre adopté par les Byzantins dans la staurothèque de Limbourg.

Les reliques venues de Byzance ont suggéré non seulement la disposition, mais aussi le choix des sujets aux artistes occidentaux. M. Mile en a cité de bien curieux exemples. A la cathédrale d'Amiens le chef de saint Jean-Baptiste, qui arriva en ! 206, suscita deux œuvres; un vitrail et des sculptures, qui retraçaient la vie du Précurseur. À la Sainte-Chapelle de Paris, qui fut construite pour conserver les reliques de la Passion, des vitraux illustrèrent des scènes de l’histoire évangélique?.

L’enveloppe de la relique et non plus la relique elle-même, le contenant et non plus le contenu, bref le reliquaire lui-même en tant qu'œuvre d'art n’a pas été non plus sans influencer les artistes d'Occident quand ils se trouvèrent en présence de ces objets facilement transportables, qui se recommandaient d’une origine vénérable.

Voici le tableau-reliquaire de l’église de Saint-Matthias à Trèves, qui est un travail occidental (fig. 21). La croix à double travée occupe le milieu du tableau rectangulaire. Cette cavité à été ménagée pour la relique qui, d’après l’inscription latine, fut rapportée de Constantinople, en 1207, par Henri d’Ulmen et donnée par lui. Le champ du tableau est occupé par de petits réceptacles destinés à d’autres reliques?. Ce reliquaire, que l’on date du commencement du treizième siècle, est une imitation des staurothèques byzantines, disparues ou existantes, qui ont été apportées de Constantinople à la suite du sac de 1204%. L'église de Mettlach possède un tableau-reliquaire semblable à celui de Trèves5. Au Musée d’antiquités de Bruxelles un triptyque-reliquaire, qui est aussi une œuvre occidentale du début

inventaire de 1671; M. Félibien, Histoire de l’abbaye de Saint-Denys en France, Paris, 1706, p. 215 ; recueil des pièces justificatives, p. CXV. ,

1. Cf. H. d’Arboiïs de Jubainville (Recueil des Sociétés savantes des départements, 5° série, t. V, 1873, p. 497).

2. Cf. E. Mâle, L'art religieux du xum° siècle en France, Paris, 1902, p. 859 s.

3. Cf. L. Palustre et Barbier de Montault, Le trésor de Trèves, Paris, p. 41 S., ‘pl. XXI; E. Aus'm Weerth, Kunstdenkmäler des christlichen Mittelallers in den Rheinlanden, t. III, Bonn, 1868, p. 99 s., pl. LXII, 1; O. von Falke et H. Frauberger, - Deutsche Schmelzarbeiten des Mittelalters, Francfort, 1904, p. 132, pl. 89.

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