Cf. Aus’ m Weerth, op. cit., t. IIT, p. 102, pl. LXII
du treizième siècle, renferme dans son panneau central une croix à double travée!. La forme de ce triptyque était celle d’un -reliquaire-
Fig. 21. — Tableau-reliquaire de Saint-Matthias à Trèves.
byzantin disparu, qui était une dépouille de la IV® Croisade?. Ces
1. Cf. A. Schaepkens, Reliquaire du Musée royal d’Antiquités de l'État à Bruvelles (Extr. des Annales de l'Académie d'archéologie de Belgique, Anvers, 1849, p. 7 s.). 2. V. plus haut, p. 125.
reliquaires occidentaux en forme de tableaux, ou de triptyques, dont on pourrait citer d'autres exemples !, sont quant à la forme des imitations des staurothèques byzantines.
FiG. 22. — Reliquaire d'Aix-la-Chapelle (d’après G. Schlumberger).
Un autre type de reliquaire byzantin est représenté par ces
1. D'autres exemples sont cités dans J.-J. Marquet de Vasselot, Le trésor de l’abbaye de Roncevaux (Gazette des Beaux-Arts, 1897, p. 329).
châsses en forme d’églises à coupoles dont on connait plusieurs exemplaires. Celui du monastère de Dionysiou au Mont Athos présente l’aspect d'un sanctuaire à cinq coupoles, avec de hauts tambours dont les arcades, décorées de dents de scie, échancrent les dômes !. On connait le reliquaire en argent ciselé du trésor de Saint-Marc, en forme d’église grecque à coupole centrale?. Un autre exemplaire du même type est celui du trésor d’Aix-la-Chapelle. Il est en argent niellé, avec une abside percée de fenêtres, avec une coupole côtelée et un tambour décoré d’arcatures ? (fig. 22). Des reliquaires de ce genre importés en Occident donnèrent naissance à ces châsses à coupoles dont on trouve des échantillons sur les bords du Rhin. Le reliquaire à coupole de l’ancienne Collection Soltykoff, aujourd’hui au South-Kensington-Museum, a la forme d’une église byzantine, au centre de laquelle s'élève une coupole côtelée avec un tambour qui se dresse à l'intersection de deux nefs, à branches égales (fig. 23). Cette œuvre est un travail rhénan #. De la même provenance et de la même facture est le reliquaire à coupole du trésor de Vienne ?. La tradition de ces reliquaires à coupoles s’est perpétuée jusqu’au seizième siècle au Mont Athos, mais bien avant cette époque l'Occident connaissait cette forme par les reliquaires importés.
Les reliquaires byzantins avaient souvent la forme des parties du corps du saint qu'ils renfermaient : tête, main, bras 6. Cette tradition s’est conservée en Orient. À Salonique, le reliquaire de saint Eustathe, qui date du dix-huitième siècle, a la forme d’un crâne, en argent, orné d’émaux, de pierres précieuses et de filigrarie 7. On connait en Occident la floraison de ces reliquaires, qui affectent la forme des objets qu'ils renferment, comme les bustes, les bras, les
1. L'inscription grecque de 1515 désigne ce reliquaire par le mot Agpyaë. Cf. N. P. Kondakov, Pamjalniki christianskago iskusslvu na Afonjé, Pétersbourg, 1902, p. 214, fig. 85 ; G. Millet, J. Pargoire et L. Petit, Recueil des inscriptions chrétiennes du Mont Athos, Paris, 1904, p. 161-162, n° 465.
2. Cf. A. Pasini, Il tesoro di San Marco in Venezia, Venise, 1886, p. 25-26; Album, pl. XXIV, n° 27; E. Molinier, Le trésor de la basilique de Saint-Marc à Venise, Venise, 1888, n° 27 ; du même, L'Orfévrerie, p. 63; Ch. Diehl, Manuel d'art byzantin, Paris, 1910, p. 640; O. M. Dalton, Byzantine art and archaeology, Oxford, J911, p. 554.
3. Cf. E. Molinier, L'Orfésrerie, p. 62 ; du même, Le trésor de la basilique de Saint- Marc à Venise, p. 61, 84-85; Aus’m Weerth, op. cit., t. II, Leipzig, 1860, p. 96 s:, pl. XXXIV,5; Fr. Bock, Karls des Grossen Pfalz:kapelle und ihre Kunstschätze, Aix, 1866, p. 92 s.; G. Schlumberger (Extr. des Monuments Piot, &. XII, 1905, p. 3 s., pl. XIV); Ch. Diehl, op. cil., p.640, fig..325; O. M. Dalton, op. cit., p. 554, n. 3.
4. Cf. Didron, Annales afcholagigues, t. XIX, 1859, p. 13 s.; Ovon Falke et H. Frauberger, op. cit., p. 127, pl. 40.
5..0..von Falke et H. Frauberger, op. cil., p. 127, pl.,86-89.