Cf. Léon Diac., Hist., X, 4, éd. Bonn, p
d'Arménie Achot III Bagratouni, texte conservé dans la Chronique de Mathieu d’Édesse, le basileus faisait part à son allié de cette découverte en ces termes : « Nous avons trouvé à Gabala les saintes sandales du Christ, avec lesquelles il a marché lorsqu'il parut sur la terre, ainsi que l’image du Sauveur qui, dans la suite des temps, avait été transpercée par les Juifs et d’où coulèrent à l'instant même du sang et de l’eau; mais nous n'y avons pas aperçu le coup de lance. Nous trouvämes aussi dans cette ville la précieuse chevelure de saint Jean-Baptiste, le Précurseur. Ayant recueilli ces reliques, nous les avons emportées pour les conserver dans notre ville que Dieu protège. »
Ainsi, c’est à Gabala, port situé sur la côte de Syrie, au nord de Béryte, que le récit impérial place la découverte de toutes ces reliques, les sandales, du Christ, la chevelure de Jean-Baptiste, qui d’après Léon Diacre provenaient de Membedi, et l'icone de la Crucifixion, qui, d’après le même auteur, aurait été trouvée à Beyrouth. A son retour Jean Tzimiscès déposa les saintes sandales et l’icone dans des reliquaires en forme de ciborium, dorés et ornés de pierres précieuses, et les plaça dans l’église du Sauveur à la Chalcé?. L’icone miraculeuse, qui fut toujours désignée par les Byzantins sous le nom de Crucifixion de Béryte, occupa à partir de cette découverte une place importante dans la piété populaire. On racontait sur cette image un prodige qui était bien fait pour frapper l'imagination.
Le récit rappelle celui qui circulait sur l’image miraculeuse du Puits sacré à Sainte-Sophie?. Il s'agit aussi d’un Juif qui transperce une image sainte. Accusé par ses coréligionnaires d’être un sectateur du Christ, parce qu’il possédait une: image représentant le Cruafement, l’Israélite, pour se disculper, consent à frapper de sa lance l'effigie. À peine l’a-t-il touchée que de l’eau et du sang mélangés s’écoulent en abondance de la plaie. Le bruit de ce prodige s'étant répandu, les chrétiens accourent chez l’Hébreu, prennent l’image ensanglantée et la placent dans un lieu saint, où elle devient l’objet d’une grande dévotion. Depuis son arrivée à Constantinople, en 975, et sa déposition dans le vestibule du grand palais, cette icone a hanté
1. Voir le texte de cette lettre et le récit de ces événements dans G. Schlumberger, l’Épopée byzantine à la fin du x° siècle, Paris, 1896, p. 282 s.
2. Cf. Preger, Script. orig. Const., t. II, p. 282-283. D'après Léon Diacre, loc. cit., les sandales furent déposées dans l’église de la Mère-de-Dieu au palais, la chevelure du Baptiste et l'icone de Béryte dans l’église du Sauveur. Sur le sanctuaire de la Vierge du Phare, voir plus loin.