‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 16 sur 113 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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4. Cf. Bibl. hagiogr. græca, Bruxelles, 1909, p. 110 s.; Dobschütz, Christusbilder, +. I, p. 174; Schlumberger, op. cit., p. 2988.

l'imagination du peuple. Au début du quinzième siècle on montrait encore au diacre Zosime dans le couvent du Prodrome « le sang sorti de l’image que les Juifs percèrent dans la ville de Béryte! ». On ne montrait pas seulement à Constantinople des icones transpercées et sanglantes représentant le Christ, mais aussi des icones miraculeuses représentant la Vierge. L’une au monastère de la Péribleptos avait été transpercée par un Juif et du sang en était sorti que l’on voit jusqu'à présent, disait, en 1393, le scribe Alexandre?. Ainsi l’on montrait non seulement des images parlantes, comme on l’a vu, mais des images sanglantes, et aussi des images pleurantes. À Sainte-Sophie deux pèlerins russes ont signalé une icone de la Vierge, qui avait versé des larmes #.

Le palais de Daphné et le vestibule de la Chalcé n'étaient pas les seuls endroits où l’on conservait des reliques. Au sixième siècle d’autres édifices surgirent de terre. Justin II construisit une nouvelle salle d’apparat, le Chrysotriclinos, autour duquel se groupèrent de nombreuses dépendances. Parmi celles-ci se trouvait l’oratoire de Saint-Théodore, où était déposée une quantité d’objets de prix. Parmi ceux-ci se trouvait la verge de Moïse ( +65 Muséus 54600). Les Byzantins, se rappelant les souvenirs de la grande époque, qui est à l’origine des deux civilisations d'Orient et d'Occident, recherchaient aussi les reliques de l’ancienne Alliance. Ils croyaient fermement posséder la verge avec laquelle Moïse fit sortir l’eau vive du rocher, et la portaient pendant les grandes processions impériales avec la croix de Constantiné. D’après une tradition, la verge de Moïse avait été apportée à Constantinople sous Constantin le Grand. L'empereur était allé attendre la relique à l’oratoire de Saint-Émilien, près de la porte du même nom, et l'avait déposée en cet endroit. Il avait élevé à cet effet dans le voisinage une église de la Vierge qui prit le nom de Rhabdos. Par la suite il fit transporter « la sainte verge » au Palais7.

. Cf. Itin. russes, p. 205.

. Ibid., p. 163.

. Voir plus haut, p. 19.

. Cf. Ilin. russes, p. 89, 226.

. Cf. J. Ebersolt, op. cit., p. 77 s.

Ci-Cen, 0 LD 07e

7. Cf. Preger, Script. orig. Const., t. II, p. 247 ; Du Cange, Constantinopolis chrisliana, Paris, 1680, lib. IV, p. 96. Cet oratoire de Saint-Émilien, qui était situé près ‘le l’église de la Vierge, fut restauré par Basile I*. (Cf. Theophan. Contin., V, 81, éd. Bonn, p. 321) La porte de Saint-Émilien a été identifiée avec Daoud-Pacha-

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Ainsi, on n'avait pas hésité à rehausser par l’éclat d'un patronage illustre l’origine d'un sanctuaire de la cité et à mettre en parallèle le nom du grand législateur de l’ancienne Alliance et celui du fondateur de Constantinople que l’Église grecque honorait comme un saint.

Cette verge de Moïse « ornée de pierres précieuses » à été vue au palais par Antoine de Novgorod, en 1200, non pas à l’oratoire de Saint-Théodore, mais dans la grande église de Saint-Michel!, où elle fut transportée par la suite.

Au milieu du huitième siècle, Constantin V Copronyme (741-775) construisit à proximité du Chrysotriclinos l’église de la Vierge-du- Phare?, qui devint peu à peu le sanctuaire le plus riche et le plus vénéré du grand palais.

Au dixième siècle elle renfermait des reliques d’un prix inestimable. Les princes de la maison de Macédoine y déposèrent celles qu’ils avaient conquises. Romain Lécapène arracha, en 94%, l'image du Christ non faite de main d'homme à la ville d'Édesse, qui possédait depuis longtemps ce joyau célèbre dans toute la chrétienté par son pouvoir miraculeux et plus encore par son origine même. Ce morceau de toile, sur lequel était imprimé le visage du Christ, avait été apporté en grande pompe à Constantinople et déposé à l’église du Phare ?.

De sa dernière expédition en Syrie, en 968, Nicéphore Phocas rapportait avec une boucle des cheveux de Jean-Baptiste coagulés de sang, une brique sur laquelle était empreinte une image du Christ non faite de main d'homme. Il avait rapporté cette brique à Cons-

Kapou, porte du mur maritime près de Vlanga-Bostan; cf. Mordtmann, Esquisse topographique de Constantinople, Lille, 1892, p. 70; A. van Millingen, Byzantine Constantinople, Londres, 1899, p. 264.

1. Cf. Itin. russes, p. 98. Elle est signalée aussi au palais dans le Catalogue des reliques de 1157 (cf. Riant, Eæuviae, t. I, p. 214). Sur l'église de Saint-Michel, voir plus loin.

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