Cf. Cédrénus, loc! cit
3. Cf. Bibliotheca hagiographica græca, Bruxelles, 1909, p. 195 ; Acta Sanct., juin, t. I, p. 62 s., 16 février.
4 Cf. Synaxarium ecclesiæ Constantinopolilanæ, éd. H. Delehaye, Bruxelles, 1902, p. 467 : syn. sel. D'après ce texte les corps de ces martyrs élaient conservés dans le x5xktov. On désignait par là un passage voüté en berceau, qui était situé sous les stalles des prêtres et sous l'autel; cf. J. Ebersolt, Sainte-Sophie de Constantinople, Paris, 1910, p.12, n. 3. Le pèlerin russe Antoine de
Cette église primitive, qui était une basilique, fut incendiée en 404 par les partisans de Jean Chrysostome, puis reconstruite et dédiée sous Théodose II, en 415. Pour cette nouvelle dédicace on avait fait venir d’autres reliques : celles de Joseph, fils de Jacob, et celles de Zacharie, le père de Jean-Baptiste. Klles étaient arrivées. par l'échelle de Chalcédoine et furent portées dans deux coffres par Atticus, le patriarche de Constantinople, et par Moïse, évêque d'Antarados en Phénicie ; l’'éparque de la ville, Ursus, et tout le Sénat avaient pris la tête du cortège.
On sait que l’église fut de nouveau incendiée pendant la sédition de Nica, en 532, et que Justinien entreprit aussitôt de la reconstruire. La nouvelle église, telle qu’elle subsiste aujourd’hui, transformée en mosquée, fut inaugurée le 27 décembre 537?. Elle s'enrichit très vite de nouvelles reliques. On fit venir de Samarie la margelle du puits, auprès duquel Jésus s’entretint avec la Samaritaine, et on la plaça d’abord dans le portique méridional de l’église vers l’est3, ensuite dans l’autel4. Près de ce Puits sacré, on conservait aussi les quatre trompettes en airain de la prise de Jéricho5. Cette margelle avait beaucoup frappé l'imagination du peuple de Constantinople ; à cause d’un miracle qui s’y était accompli, on l’appelait le « puits merveilleux »; en souvenir du gracieux récit évangélique (Jean 1v, 6), on l’avait surnommé la « source de la Sagesse ». Le récit, qui circulait dans le peuple, était étrange. Un Juif, étant entré dans l’église de Sainte-Sophie, aperçoit au Puits sacré une icone du Christ. Il tire son poignard, vise l’image et la transperce. Un flot de sang jaillit, qui tache les vêtements de l’Israélite. Épouvanté, il prend l’image, la jette dans un puits et s'enfuit. Un chrétien le rencontre et l’arrête à cause de son costume maculé de sang. Le Juif
Novgorod dil aussi que lorsqu'on bâtit Sainte-Sophie, « on enferma de saintes reliques dans les murailles de l’autel ». Cf. Jinéraires russes en Orient, trad. par Mme B. de Khitrowo, Genève, 1889, p. 101.
1. Cf. Marcellinus Comes, Chronicon, ëd. Mommsen (Mon. Germ. Hist., t. XI, 2, P- 72}; Chronicon paschale, éd. Bonn, p. 572-573. . j
2. Cf. Antoniadis, op. cit., p. 8 8.; Ch. Diehl, Manuel d'art byzantin, Paris, 1910, p. 142-144.
3. Cf. Preger, Scriptores originum Constantinopolilanarum, t. 1, Leipzig, 1901, p. 98. Sur le rôle de cette relique dans le cérémonial et sur le portique du Puits sacré, v. J. Ebersolt, op. cit., p. 23 s.
4. Antoine de Novgorod (en 1200) signale la margelle. du'puits de Samarie dans la chapelle, derrière le grand autel (Cf. Itin. russes, p. 96). Les pèlerins slaves du xiv° el du xv° siècle ont vu la relique dans l’autel, et à droite de l'autel (Cf. Zin. russes, p. 161, 201, 226). La relique est aussi signalée à Constantinople en 1157 ; cf. Riant, Eœnviæ sacræ Constantinopolitanæ, t. I, Genève, 1878, p. 215.
5. C& Preger, loc. cit. Antoine de Novgorod signale la trompette en cuivre de Jéricho dans la chapelle, derrière le grand autel. Il en signale une autre au palais, dans l'église de Saint-Michel (Cf. Itin. russes, p. 96, 98).
avoue; il indique le puits où il a jeté l’icone ; on retire cette dernière. Elle portait encore le poignard, qui venait d'y être planté, et était toute ruisselante du sang divin !.
Sainte-Sophie reçut une relique encore plus vénérable, le bois de la vraie Croix. Dès le quatrième siècle la sainte Croix à pris une place très importante parmi les reliques du Christ. Si la question de la date de l'invention est encore entourée d’obscurité?, la fête de l’Exaltation est née, d’après la tradition grecque, à Jérusalem, au quatrième siècle. Célébrée le 14 septembre, elle était destinée à commémorer à la fois l'invention par Hélène, mère de Constantin, et l’anniversaire du jour où le « bois sacré » fut élevé pour la première fois aux regards de la foule pour être adoré?. Hélène conserva à Jérusalem dans une boite en argent la partie la plus considérable du « bois divin ». Mais elle en envoya une partie à son fils Constantin, ainsi que les clous qui avaient transpercé le corps du Christ. Constantin fit avec ces derniers un mors pour son cheval et un casque pour lui-même #.
Constantinople, qui voulait entrer en possession des dépouilles vénérables du monde entier, chercha bien vite à acquérir d’autres fragments de la vraie Croix. En 574, sous l’empereur Justin IT, elle ajoute à son morceau un fragment provenant d’Apamée en Syrieÿ. Mais la partie la plus considérable était restée à Jérusalem. En 614, la ville ayant été prise par les Perses, elle fut emmenée à Ctésiphon avec le patriarche Zacharie 6; puis, la paix ayant été conclue avec la Perse, elle fut restituée. Héraclius l’envoya, en 628, à Constantinople7. L'année suivante, l’empereur, jugeant sans doute qu’elle était. mieux à sa place dans la cité sainte que dans la capitale des basileis, la renvoya à Jérusalem$. Mais elle y resta peu de temps. Désespérant de pouvoir sauver la Syrie envahie par les Arabes, Héraclius rapporta les « saints bois » à Constantinople en 6359. Le patriarche
1. V. le texte grec publié par Dobschütz, Christusbilder, t. III, Leipzig, J899, p. 216.
2. V. sur cette question E. Lucius, les Origines du culte des Saints, Paris, 1908, p- 223 s., 681 8.; P. Bernardakis (Échos d'Orient, 1902, p. 197); E. Nestle (Byzant. Zeitschrift, &t. IV, 1895; p. 319 s., 337 8.).