‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 37 sur 113 · SAINTE-MARIE DES CHALCOPRATIA · texte numérisé non relu

SAINTE-MARIE DES CHALCOPRATIA

Suivant une tradition, le quartier où s'élevait cette église aurait été habité dès l’époque de Constantin le Grand par des Juifs, qui s’y adonnaient …au commerce des objets en cuivre; d'où le nom de Xaïxonçareis donné à ce sanctuaire, Théodose II (408-450), après avoir chassé les marchands de ce lieu, y aurait construit l’église de la Mère de Dieu!. D’après une tradition un peu différente, attestée par Théodore le Lecteur, qui occupa cette fonction à Sainte-Sophie dans la première moitié du sixième siècle, et par plusieurs chroniqueurs, l’église remonterait à la dernière année du règne de Théodose IT (450) et aurait été élevée sur l'emplacement d’une synagogue par Pulchérie, la sœur de cet empereur. Elle aurait érigé non seulement l'église proprement dite, mais un édifice plus petit, où elle avait déposé dans une châsse (5%) la ceinture (ww) de la Vierge?. Ces deux traditions concordent dans l’ensemble pour faire remonter l'édifice au règne de Théodose II. Elles s’opposent à d’autres témoignages suivant lesquels l’église a été construite par Justin II (565-578). Mais il est probable que cet empereur ne fit que restaurer l’église à la suite d’un tremblement de terreÿ.

1. Cf. Preger, Script. orig. Const., t. IT, p. 227-228. Celte tradition est reproduite par Joel, Chron., éd. Bonn, p. 40, qui prétend que l'église aurait été construite sur l'emplacement d'une synagogue.

2. Cf. Théodore Lecteur, Eccles. hist., I, 5 (Migne, P. G., t. 86, p. 168); Theophanes, Chron., éd. de Boor, p. 102 ; Cedrenus, éd. Bonn, t. I, p. 602 ; Léon Grammairien, Chron., éd. Bonn, p. 112; Nicéphore Calliste, Eccl. Hist., XIV, 2, 49; XV, 14 (Migne, P. G.,t. 146, p. 1061, 1233 ; t. 147, p. 41).

3. Cf. Theophanes, op. cil., p. 248; Preger, Script. orig. Const., t. Il, p. 227-228. On constate que le témoignage de Théophane est contradictoire, puisqu'il attribue dans un autre passage l'église au règne de Théodose II. Du Cange, Constantinopolis christiania, Paris, 1680, lib. IV, p. 86, a remarqué justement que le passage de l'Anonyme mentionne un tremblement de terre, à la suite duquel Justin IF dut reslaurer l'édifice. Dans un autre passage de l'Anonyme il est dit, en effet, que

LES ANCIENS SANCTUAIRES DE CONSTANTINOPLE bb)

On a attribué aussi l’église à Vérine, femme de l’empereur Léon Ier (457-474). Une Novelle de Justinien dit que « la maison vénérable de la sainte et glorieuse Vierge et Mère de Dieu, Marie, qui est située dans le voisinage de la très sainte et grande église (Sainte-Sophie) a été bâtie par F pieuse Vérine ! ». L’ le est située par les textes non loin de Sainte-Sophie?. On l’a placée avec raison entre la Grande Église et le forum de Constantin, à droite de la rue centrale (Mésè), quand on se rendait de la place de l'Augustéon au forum de Constantin*. Sans doute l’église de la Vierge des Chalcopratia se trouvait dans le voisinage de Sainte-Sophie; mais les termes de la Novelle sont vagues et ne la désignent pas expressément. On est, il est vrai, en présence d’un texte de caractère officiel datant du sixième siècle. Cependant Théodore le Lecteur, qui vivait à la même époque à l'ombre de la grande coupole de Sainte- -Sophie, attribue l’église de la Vierge des LPS non pas à Vérine, mais à Pulchenes.

Au sujet de la relique qui était conservée dans ce sanctuaire, la ceinture de la Vierge, les témoignages sont aussi discordants. D’après une tradition la ceinture a été apportée sous Justinien de l’évêché de Zéla, au sud d’Amasia, dans l’ancien thème des Arméniaques, aujourd'hui Zileh5. L’anniversaire de la déposition de la relique était célébré le 31 août5. Suivant une autre tradition, la ceinture provenait bien de l’évêché de Zéla ; mais elle serait arrivée à Constantinople en 942, sous le règne de Constantin PU Porphyrogénète et de Romain Ie Lécapène?.

Enfin d’autres textes diffèrent des précédents au sujet de la pro-

Justin [[ et sa femme Sophie reconstruisirent l'église et édifièrent la Sainte-Châsse (cf. Preger, op. cit., t. II, p. 263). Dans ce dernier texte, le petit édifice où est conservée la châsse est seul attribué à Justin IT.

1. Cf. Novell., IIT, 1, éd. Schoell, p. 20 ; cf. M. Jugie (Échos d'Orient, t. XVI, 1913, p- 308-309).

2. Cf. Syn. eccl. Const., p. 29, 291; Dmitrievskij, Opisanie, t. I, p. 15.

3. Cf. Bjeljaev, Byzantina, II, Pétersbourg, 1906, p. 99, 104 s.; Bjeljaev (Ljétopis istoriko philologièeskajo ObStestva pri imperatorskom Novorossijskhom Universileljé, I, Vizant. otd. 1, Odessa, 1892, p. 92 s.); N. Krasnoselcev (Jbid., IV, Vizant. otd. 2, Odessa, 1894, p. 310 s.). Mordtmann, Esquisse topographique de Constantinople, Lille, 1892, p. 4, 64 et M. Jugie (loc. cit., p. 308) ont placé l'église à la mosquée actuelle de Zeïneb-Sullane. La situation exacte ne sera connue que par des fouilles. On a trouvé dans la cour de la mosquée de Zeïneb-Sultane un grand baptistère de forme quadrilobée. Il servait de fontaine et a élé transporté au Musée, en 1886 ; cf. G. Mendel, Calaloyue des Sculptures yrecques, romaines el byzantines, t. III, Constantinople, 1914, p. 420 s.

Page 1