Voir plus haut, p
5. Cf. W. M. Ramsay, The Historical Geography of Asia Minor, Londres, 1890, p. 315, 329 n. é 6. Cf. Syn. eccl. Const., p. 935, 986 ; Dmitrievskij, Opisanie t. I, p. 221.
7. Cf. Syn. eccl. Const., p. 600, 12 avril. Cette date est celle de l'arrivée de la relique à Constantinople; la date du 31 août est ceile de la déposition dans l’église.
venance de la ceinture et de sa venue dans la capitale de l'Empire. La relique proviendrait de Jérusalem ; elle aurait été rapportée à Constantinople par l’empereur Arcadius (395-408), qui la plaça dans un reliquaire précieux, appelé sainte châsse (&y'av sog6v)l, Cette dernière tradition a l'avantage de concorder avec celle qui attribue l’église à Pulchérie. En 450 la sœur de Théodose IT aurait élevé l'église des Chalcopratia pour y déposer la châsse contenant la relique, qui était arrivée à Constantinople. une cinquantaine d’années auparavant.
Si les auteurs byzantins ne s’entendent ni sur la date de la construction de l’église, ni sur la provenance de la relique, ils sont, par contre, unanimes à célébrer les vertus de cette ceinture, qui opérait une foule de miracles.
Un jour, Léon VI le Sage (886-911) fit ouvrir la châsse sur la prière de sa femme, Fi1G. 10. — Manuscrit de la bibliothèque du l’impératrice Zoé. Celle-ci,
Sérail (n° 13, fol. 279). Type de la Vierge des , Ne ; ne 8 : étant malade, était persuadée
: qu’elle guérirait si on lui imposait « la divine ceinture ». La relique fut retirée de sa chàâsse, où elle fut trouvée comme neuve; elle était munie d’un sceau d’or etaccompagnée d’un diplôme, qui mentionnait son arrivée à Constantinople. Léon VI baisa la relique et, avec l’aide du patriarche, déploya la ceinture au-aessus de l’impératrice, qui fut délivrée de son esprit impur. Puis les assistants, louant Dieu, replacèrent la précieuse relique dans sa châsse?.
Cette ceinture a été-glori'iée dans les hymnes et dans les sermons. L’un d’eux, attribué au patriarche de Constantinople, Germain Ie (715-730), a été composé à propos de l’anniversaire de la dédicace (äyxalua) de l’église. On y implore l « auguste ceinture », qui passait pour être un des remparts les plus sûrs de la ville, pour sa meilleure sauvegarde contre les incursions.-des Barbares. Elle don-
1. Cf. Syn. eccl. Const., p. 935, 31 août: syn. sel; Menolog. Basil. (Migne, LP. G., t. 117. p. 613).
2. Cf. Ibid. On constate encore ici une contradiction au sujet de l’arrivée de la relique à Byzance. La ceinture se trouvait là, sous le règne de Léon VI le Sage ; elle n’a pu donc arriver en 942, comme l'affirme une autre tradition.
nai aussi à ceux qui venaient l’adorer, la vigueur, la santé et des grâces spirituelles !. An neuvième siècle, Joseph l’'Hymnographe célèbre aussi dans un de ses canons la déposition de ia ceinture, qui demeure incorruptible, qui sanctifie et guérit. La chàsse qui la renferme est comme un trône brillant dans le sanctuuire?. Elle est, comme le dit un autre orateur, le reliquaire de tous les biens invisibles ?,
Ce sanctuaire était aussi vénéré à cause des images célèbres qu’il renfermait. On y montrait une icone parlante du Christ (Antiphonète) t, mais surtout une icone de la Vierge appelée Hagiosoritissa, du nom de la sainte châsse ». Sur certains plombs la Vierge Hagiosoritissa apparait debout ou en buste tournée à droite ou à gauche et élevant les bras, dans l’attitude de l’oraison?. Elle est figurée aussi dans cette attitude sur une mosaïque de Saint-Démétrius à Saloniquef, et sur une miniature de la Bibliothèque du Sérail à Constantinople? (fig. 10).
Cette église a été visitée souvent par les pèlerins et par la cour impériale, qui s’y rendait en procession plusieurs fois par an pour adorer la célèbre relique. Celle-ci était conservéé au dixième siècle dans l’église où elle avait été déposée; mais elle dut être transportée ailleurs plus tard, d’abord au Grand Palais, ensuite dans l’église des Blachernes, où elle est signalée avec le vêtement de la Vierges.
1. Cf. S. Germani patriarchæ 1n S. Mariæ Zonam (Migne, P. G., t. 98, p. 3728. 377, 381).
2. Cf. S. Josephi Hymnographi /n S. Mariæ Zonam (Migne, P. G. t. 105, p. 1012, 1013, 1016, 1017).
3. Cf. Encomium in depositionem zonæ S. Mariæ (F. Combelis, Auclarium novissimum, t. 11, Paris, 1648, p. 790 s., 798).
4. Cf. F. Combefis, op. cit., t. II, p. 612 s. D'après la pseudo-lettre du pape Grégoire IL à l’empereur Léon II, cette image du Christ Antiphonète des Chalcopratia aurait été brisée par le spatharocandidat Jovinus sur l’ordre de Léon II. De pieuses femmes auraient fait tomber de l'échelle le spatharocandidat qui se tua. L’empereurfitmettre à mort les pieuses icorophiles (cf. Mansi, Sacr. conc. nova et ampl. Collectio, t. XII, p. 959, 970). Les mêmes faits sont rapportés à propos de l'icone du Christ à la Chalcé du palais ; voir plus haut, p. 19.
5. Cf. Schlumberger, Sigillographie de l'Empire byzantin, Paris, 1884, p. 38; B. A. Pantchenko, Kalalog Molivdovulov, Leipzig, 1908, p. 18, n. 28, p. 79, n. 223, pl. IT, fig. 9, pl. IX, fig. 4; N.P. Lichatchev, Istorièeskoe Znatenie italo-greteskoj ikonnpisi I:obraëenija Bogomateri, Pétersbourg, 1911, p. 56 s.; N. P. Kondakov, Zkonographija Bogomaleri, t. IT, Pétrograd, 1915, p. 294 s.
6. Cf. Ch. Diehl, Le Tourneau et Saladin, les Monuments chréliens de Salonique, Paris, 1918, pl. XXXI, fig. 2, p. 105-106.
7. Ms. grec du Sérail, n° 13, fol. 279 v°; cf. J. Ebersolt, Mission archéologique de Constantinople, Paris, 1921, chap. V.
8. Vers 1150 la ceinture est signalée au palais (cf. Riant, Exœuviæ, t. 11, p. 212).
Elle y apparaît en 1157 (/bid., p. 214) et en 1200 (Jin. russes, p. 98). Antoine de Nov-
Les empereurs se rendaient aux Chalcopratia aux fètes de la Vierge, à l’Annonciation, le 25 mars !, et à la Nativité, le 8 septembre?, ainsi qu'à l'anniversaire de la dédicace du sanctuaire le 18 décembre*. Du cérémonial tel qu'il était. pratiqué dans ces occasions solennelles, il ressort que l’église de la Vierge était pourvue d’un narthex, par où les souverains pénétraient dans l’église. Après avoir transversé la nef, ils franchissaient ensuite les saintes portes et pénétraient dans l’autel, pour y déposer leurs largesses ?. Ils sortaient ensuite par le côté gauche du sanctuaire, passaient par le gynécée de l’église, c’est-à-dire par le bas-côté nord, puis, après avoir passé sous un are soutenu par deux colonnes, ils entraient dans la sainte châsse (äyiav sopiv). Là ils allumaient des cierges devant les saintes portes et entraient dans lautel, pour l’encenser et déposer leurs largesses6. Ainsi, du bas côté septentrional de l’église on avait accès de plain-pied à la sainte châsse, qui était une véritable petite église avec iconostase et autel. Ce sanctuaire avait été construit pour abriter la châsse contenant la ceinture 7. Le reliquaire se trouvait probablement dans l’autel. On conservait aussi dans cette : seconde église, à gauche, la chevelure de saint Jean-Baptiste, à droite, les corps des saintes Femnies, des myrophores. D’après une tradition ces reliques avaient été déposées en cet endroit par l’empereur Justin IT (565-578)$.
gorod, qui vient de la signaler dans l'église de la Vierge-du-Phare, la mentionne encore avec la tunique dans l’église de Saint-Michel au palais, c'est-à-dire à la Nouvelle-Église (Jbid., p. 99). La ceinture est signalée au xrv° siècle et dans la première moitié du xv*° siècle à l'église de la Vierge-des-Blachernes (V. plus haut, pen. 1);
1 Cf Ger., "1,39, p. 165:s:; I, 35, pe 485: L:37,1p. 191% 4II, 52, p- 7625 Syn. eccl. Const., p. 557 :.syn. sel.;, Theophan. Contin., éd. Bonn, p. 676, 829; Dmitrievskij, Opisanie, t. I, p. 56; du même, Drevnjeitie patriartie tipikoni, Kiev, 1907, p. 308.
2.4Cf Gers I, 1; p-180!s.: 1037: p.190: 11,52; p7815 Synveccl Const; \p. 25/50 Dmitrievskij, Drevnjeitie patriartie tipikoni, p. 303 $.
3. Cf. Syn. eccl. Const, p. 324; Dmitrievskij, Opisanie, t. I, p. 31.
4. Cf. Cer., I, 1, p. 30, I, 30; p. 165-166. Les souverains s'asseyent dans le narthex en attendant l’arrivée du patriarche. Ce narthex communiquait avec la nef par plusieurs portes; la porte de droite des portes royales est signalée.
5. Cf. Cer., 1, 30, p. 166; [, 1, p. 31; Dmitrievskij, Drevnjeitie palriartie tipikoni, p- 303-304.
6. Cf. Cer., I, 1, p. 31 ; I, 30, p. 166; Dmitrievskij, op. cit., p. 804, 308. Sur le sens du mot yuvaxirrs, désignant le bas-côté de l’église, voir J. Ebersolt, Sainte-Sophie de Constantinople, Paris, 1910, p. 81 n. 1. La tort de la sainte châsse est mentionnée dans un autre texte (cf. Cer., 1, 30, p. 169). On désignait par là un arc soutenu par deux colonnes ; cf. J. Ebersolt, le Grand Palais de Constantinople, Paris, 1910, p. 72, 94-95, 112.