Voir plus haut, p
8. Cf. Preger, Script. orig. Const., t. IT, p. 263. On sait que Nicéphore Phocas rapporta de son expédition de Syrie, en 968, une bouele des cheveux de Jean-Baptiste (v. plus haut, p. 23). Jean Tzimiscès avait rapporté aussi de sa campagne de 975 la chevelure du Précurseur (v. plus haut, p. 20).
Ge n’est pas tout. Dans la même église de la Sainte-Châsse se trouvait encore, du côté gauche, un oratoire où les souverains allaient aussi prier !. Le livre des Cérémonies ne donne pas le nom de cet oratoire. Mais on sait par ailleurs qu'il existait « à l’intérieur de l'église de la Vierge des Chalcopratia » un oratoire consacré à l'apôtre Jacques, frère du Seigneur?. L’érection de cet oratoire de Saint-Jacques est attribué à l’empereur Justin IL, qui y aurait dépo les reliques des saints Innocents, de saint Syméon, de Zacharie, le père de saint Jean-Baptiste et de Jacques, le frère du Seigneur.
Ainsi les noms de Jacques, de Zacharie et de Syméon furent réunis par la tradition grecque 4. Dans les Vies des Prophètes Syméon le Théodochos, ainsi appelé parce qu'il reçut dans ses bras le Christ, lorsque ses parents l’apportèrent au Temple (Luc, 11, 25), Zacharie, le père de Jean-Baptiste, et le Précurseur lui-même figurent parmi les prophètes de l’ancienne Alliance et viennent immédiatement après eux, parce qu'ils ont annoncé la venue du Christ5. Les saints Innocents que les Grecs appellent les saints Enfants (Nérwt), étaient aussi associés aux grands souvenirs de l'enfance du Christ. On montrait leur tombeau à Bethléem, et Constantinople ne manqua pas d'y prélever une partie au moins de leurs restes 6.
ICE NCer. NT, Lip. 3154; 80 ,p.4166,
2. Cf. Dmitrievskij, Opisanie, t. I, p. 15, 142; Syn. eccl. Const., p. 155, 157, 201, 348, 439-440, 658.
3. Cf. Preger, op. cil., p. 263. Ces reliques ont été vues parles pèlerins, mais en d’autres endroits. Jacques, frère du Seigneur, est signalé à Constantinople, vers 1120 (cf. Riant, Eruviæ, &. [l, p. 211).«11 est mentionné dans la chapelle impériale du Palais, en 1157, avec Syméon, qui porta le Christ à l'autel, avec Zacharie, le père de Jean-Baptiste (cf. 1bid., p. 215). Vers 1190, Jacques, frère du Seigneur, est signalé au même endroit (cf. 1bid., p. 217). Les tètes de Jacques le Mineur, de Syméon le Juste, de Zacharie sont mentionnées, avec le corps de deux d'entre eux (cf. Zbid., p. 217). Antoine de Novgorod, en 1200, place dans l'église de Saint-Michel au Palais, le tombeau de Syméon le Juste, de Jacques, frère du Seigneur, de saint Zacharie, la moitié des restes des Innocents, tandis que l'autre moitié était à Jérusalem (cf. {lin. russes, p. 99). II a vu la tête de Jacques, frère du Seigneur, aux Saints- Apôtres (cf. Zbid., p. 101; on doit lire ici Jacques et non Jean; cf. Riant, Exuviæ, t. II, p. 225). Les reliques des Innocents sont mentionnées à Sainte-Sophie par l'Anonyme (1421-1453) (cf. Itin. russes, p. 226). Elles avaient été signalées au palais antérieurement (cf. Riant, Exuviæ, t. [1, p. 209, 217). Le corps de Syméon le Juste a été mentionné, on l’a vu, au palais, ainsi que sa têle (/bid., p.212, 217). Un os de Sa main a été vu, en 1200, par Antoine de Novgorod au monastère de Saint-Basile (cf. Itin. russes, p.106). En 1393, le pèlerin Alexandre a vu une partie des reliques de Syméon le Juste dans le monastère de la Péribleptos (cf. Zbid., p. 163. Les reliques de Zacharie, le père de Jean-Baptiste, ont été signalées aussi au Palais. Sa tête et sa main droite sont mentionnées, vers 1150, dans l’église de Saint-Jean (cf. Riant, Exuviæ, t. Il. p. 212). D'après une autre tradition, les reliques de saint Zacharie avaient été déposées à Sainte-Sophie lors de la dédicace en 415 (v. plus haut, p. 6).
4, Cf. R. A. Lipsius, Die Apokryphen Apostelgeschichten und Apostellegenden, t. I, 2, Braunschweig, 1884, p. 249. à
5. Cf. E. Nestle, Marginalien und Materialen, Tubingue, 1893, p. 43-35.
6. Cf. H. Delehaye, Les Origines du culte des Martyrs, Bruxelles, 1912, p. 215-216.
La petite église de la Sainte-Châsse était donc très riche en reliques. Mais les textes ne disent rien sur sa structure architecturale, On est mieux renseigné sur l’église proprement dite. On sait que cette dernière était précédée d’un narthex et pourvue aussi de tribunes, où l’on avait accès par un escalier en bois, qui se trouvait dans le bas côté gauchet, On sait aussi qu’elle avait la forme allongée qui caractérise les basiliques?. Au neuvième siècle Basile Ier (867-886), jugeant que l'édifice n’avait pas assez d’élévation et était mal éclairé, suréleva la toiture et perça les murs latéraux d’arcs qui laissèrent pénétrer abondamment la lumière à l’intérieur ?.
Avant cette restauration, l’église était une basilique recouverte d’un toit en charpente et pourvue de larges tribunes. Elle présentait. l’aspect général de la basilique des Blachernes. Et il est probable que, comme aux Blachernes, la petite église de la Sainte-Châsse était, un édifice circulaire, construit pour abriter une des reliques les plus. précieuses dont Byzance s’enorgueillissait, la ceinture de la Mère de: Dieu.
Antoine de Novgorod, en 1200, signale seulement la moitié des restes des Innocents à Constantinople ; l’autre se trouvait encore en Palestine (cf. Itin. russes, p. 9). Le pèlerin Daniel, qui visita Bethléem en 1106-1107, avait vu sous l’église une grotte où étaient ensevelies les reliques des saints Innocents, qui, d’après lui, ont été transportées à Constantinople {cf. Itin. russes, p. 40). 11 semble bien cependant qu'une partie des reliques soit restée à Bethléem. Le pèlerin Basile (1465-- 1466) les signale encore dans l'église de la Nativité (cf. Ztin. russes, p. 251).
1. Cf. Cer., I, 30, p. 166-167. L'empereur, qui se trouvait dans l’oratoire de l’église de la châsse, en sort et monte par l’escalier de bois dans les catichoumenia, pour assister à l'office liturgique et pour communier. La cérémonie terminée, l'empereur descendait par l'escalier de bois du gynécée, du côté gauche, et quittait l’église. Ce même escalier est signalé dans un autre texte (cf. Cer., I, 35, p. 185).
2. Elle est désignée sous le nom de vaos dgourxds ; cf. Constant. Porphyrog.. De Administrando Imperio, 29, éd. Bonn, p. 139.