‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 40 sur 113 · Cf. Theophan. Contin., V, 93, éd. Bonn, p · texte numérisé non relu

Cf. Theophan. Contin., V, 93, éd. Bonn, p

SAINTE-MARIÉ DE LA SOURCE. — SaAINTE-MaRIE-NOUVELLE-JÉRUSALEM. SAINTE-MaARIE-JÉRUSALEM ET SAINT-DIOMEÉDE.

. SAINTE-MartE-HODEGETRIA.

Sainte-Marie des Blachernes et Sainte-Marie des Chalcopratia n'étaient pas les seuls sanctuaires de la Vierge où la cour aimait à se rendre. Sainte-Marie de la Source (v2ès 1% Oeoréxou rs [lnyäs) était un lieu de pèlerinage très fréquenté par le peuple. Les empereurs s’y rendaient en procession au moins une fois par an, à la fête de PAscension |.

Ils arrivaient dans l’atrium (Ars), qui s’étendait devant l’église, et pénétraient dans le narthex, où ils attendaient l’arrivée du patriarche, qui devait présider la cérémonie religieuse?. Le patriarche et l'empereur faisaient ensuite leur entrée solennelle dans l’église ; ils contournaient l'ambon et arrivaient aux portes saintes, puis 1ls entraient successivement dans le sanctuaire, où ils accomplissaient les rites accoutumés. L'empereur, après avoir déposé ses largesses sur la table sainte, sortait du sanctuaire, passait par le côté droit de l’église et montait par un escalier en colimaçon (xx), dans les tribunes (xzrmyouuéua). Cet escalier se trouvait à l'extrémité méridio-

1. Cf. Cer., IL, 18, p.108 s.; IL, 52, p. 774-775. Le8 janvier avait lieu une Synaxis ; le 9 juillet on célébrait l'anniversaire de la dédicace (cf. Syn. ecel. Const., p. 880, S10).

2. Cf. Cer., I, 18, p. 109-111. Les portes du loutir sont mentionnées à deux reprises. C'est par la porte de droite que l'empereur entre dans l'église. C'est par la porte du milieu qu’il passe ensuite pour entrer dans le narthex, où il attend l’arrivée du patriarche. -

SHC CGer Jul ap li2-S ue patriarche montait par le mème escalier dans les tribunes, où il faisait communier l'empereur ; il redescendait ensuite par là pour aller achever le service liturgique. L'office terminé, il remontait dans les catichoumenia par le même escalier, pour prendre part au festin donné par l’em-

pereur.

nale du narthex!. Ces tribunes, où l'empereur assistait à l'office liturgique et où il communiait des mains du patriarche, étaient spacieuses. On y trouvait une petite salle (orevos rpixuvoc), où l’empereur célébrait un festin après la cérémonie religieuse, et une chambre (xoruv) réservée à l’empereur ?.

Pendant le repas les factions se tenaient en bas dans l’atrium et faisaient entendre les chants de circonstance. Les Bleus disaient : « Fleuve éternel, source sainte, nous Chrétiens t’avons trouvée, Mère toute sainte de Dieu; nous t’implorons sans cesse... nous te louons comme tu le mérites... » Les Verts répondaient : « Source de vie des Romains, Vierge, Mère de Dieu, dirige les souverains nés dans la pourpre, qui ont reçu de toi la couronne... Nous implorons ta protection. Entoure-nous de tes ailes tutélaires 4... »

Ici, comme aux Blachernes, se trouvait une source sainte. Ici s’élevait une église dont on sait par le livre des Cérémonies qu’elle était précédée d’un atrium et d’un narthex, et pourvue de tribunes. L'historien Nicéphore Calliste a donné, au quatorzième siècle, des renseignements complémentaires sur la structure de ce monument. Il s’élevait à environ un stade de la ville, dans un endroit charmant, planté de platanes et de cyprès, et entouré de prairies. L’empereur Léon Ier (457-474) y éleva une église à la Mère de Dieu sur Pemplacement même de la source, qui était abritée par la toiture de lédifice. Celui-ci avait la forme générale, d’un rectangle dont la longueur dépassait d’un tiers la largeur, dit Nicéphore Calliste. Les murs, qui s’enfonçaient en terre, n'étaient décorés qu’à partir du niveau du sol environnant. La construction était entourée de quatre portiques (oroxi). Ceux qui s’étendaient à l'est et à l’ouest, s’élevaient librement dans les airs. Les deux autres, au nord et au sud, étaient reliés aux murs voisins par leurs extrémités. Au-dessus des ares, l'édifice devenait circulaire et ses dimensions étaient moins grandes; 1l s’appuyait iei sur des portiques, disposés à intervalles réguliers. Des ouvertures laissaient pénétrer la lumière, qui se répandait abondamment sur la source et dans toute l’église. Au-dessus se dressait la coupole sphérique ; sa décoration la faisait ressembler à un ciel tout illuminé et à

1. Cf. Cer., I, 18, p. 109-110. L'empereur est entré dans le loutir par la porte de droite, c’est-à-dire méridionale. Il monte ensuite par le cochlias, puis redescend par le même escalier et sort par la porte du loutir pour aller à la rencontre du patriarche. On remarque dans le texte (Cer., 1, 18, p. 112) que l’empereur, en sortant du sanctuaire, passe par le côté droit, c'est-à-dire méridional, de l'église, et monte par le même escalier dans les catichoumenia.

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