Cf. Cer., I, 8, p
un feu ardent. Elle était, en effet, décorée de mosaïques d’or. Les murs de l’église étaient recouverts de marbres brillants. La source occupait à peu près le milieu de l'édifice ; elle était entourée d’une construction carrée en marbre; on descendait à la phiale par deux escaliers latéraux. Une vasque peu profonde recevait l'eau de la source; elle était percée de trous, par lesquels s'échappait le tropplein. Nicéphore Calliste décrit encore une construction surmontée d’une coupole basse, qui séparait le sanctuaire de la source sainte, ainsi que deux escaliers en marbre, qui donnaient un accès facile à la phiale !.
De cette description il ressort que l’église de la Vierge était un édifice très original par sa structure. La forme générale est celle d’un rectangle, précédé à l’ouest par un narthex et terminé à Pest par une abside. A l’est et à l’ouest une série de colonnes , reliées par des arcs, s'ouvrent d’un côté sur le sanctuaire, de l’autre sur le vestibule. Deux séries de colonnes séparent aussi les bas côtés de la nef centrale, qui présente la forme d’un carré.
Les quatre portiques du rez-de-chaussée soutiennent des tribunes, bordées elles aussi du côté de la nef par des colonnes. Cette colonnade circulaire soutient la coupole centrale, et ménage la transition du plan carré du rez-de-chaussée au cercle du dôme, qui recouvrait toute la nef. Vers le milieu de cette nef s'ouvre profondément dans le sol une excavabion, avec quatre murs droits, formant un carré. On Y descend par deux escaliers qui conduisent à la phiale. Cette excavation, au fond de laquelle coulait l’eau miraculeuse, semble avoir été recouverte elle-même par une coupole plus basse, naturellement, que la grande coupole centrale.
Nicéphore Calliste donne à Léon [er la priorité dans la construction de l'église. Mais il ajoute que Justinien Ie' édifia plus tard le très beau et très grand naos?. Procope et les autres chroniqueurs at- ‘ tribuent l’église de la Vierge uniquement à Justinien #. Cette contradiction peut s’expliquer par le fait que l’église comprenait deux édifices distincts. La source proprement dite, entourée de murs et recouverte par une coupole, formait à elle seule un petit édifice, qui aurait été construit, dans la seconde moitié du cinquième siècle, par
1. Cf. Nicéphore Calliste, Hist. ecel., XV, 26, (Migne, P. G., t. 147, p. 72-78).
2. Cf. Nicéphore Calliste, loc. cil., p. 78, 77, et l'Acolouthia du même auteur dans P. Lambecius, Commentariorum de Auguslissima Bibliotheca Cæsarea Vindobonensi, lib. VIIT, Vienne, 2° éd. p. 120, 121. k
: 8. Cf. Procope, de Aedif. I, 3, éd. Bonn, p. 184-185 ; Theophan. Contin , VI, 15, éd. Bonn, p. 406 ; Zonaras, Epit. hist., XIV, 7, éd. Dindorf, t. III, p. 275; Preger, Script. Orig. Const. t. II, p. 259-260 ; Cedrenus, éd. Bonn, t. I, p. 678.
Léon [er pour abriter les eaux sacrées. Au sixième siècle, Justinien élève au-dessus de la source un édifice imposant. Le plan général de son église lui est donné par le carré, au fond duquel se trouve la fontaine. Il l'entoure de portiques et de murs, et édifie une église avec grande coupole, qui recouvre à la fois la nef et le petit monument abritant la source sacrée.
Cette hypothèse est d’ailleurs confirmée par un texte de l’Anonyme, qui rapporte la tradition suivante. Un jour que Justinien [+ était allé chasser en Thrace, il aperçut dans la campagne une foule de gens, qui sortaient d’un petit oratoire. L'empereur s’informe. Un personnage de sa suite lui répond: « C’est là qu’est la source des guérisons. » Le basileus donna aussitôt des ordres pour la construction qui fut faite avec le reste des matériaux employés pour la construction de Sainte-Sophie!,
L'église fut restaurée à plusieurs reprises, une première fois à la fin du huitième siècle par Irène et son fils Constantin VI, après un tremblement de terre?; une seconde fois, au neuvième siècle, par Basile 1%, et plus tard encore par Léon VI le Sage, La décoration du monument était très riche. Suivant Nicéphore Calliste les murs étaient tapissés de marbre et la coupole resplendissait de l'éclat vif des mosaïques. Une épigramme de l’Anthologie mentionne des images de la Vierge et du Christ, et des scènes du cycle évangélique : l’Annonciation, la Présentation du Christ au Temple, la Guérison de l’aveugle-né, la Transfiguration, le Cruciliement; enfin, dans la coupole, l'Ascension”.
Mais c’est la source elle-même qui constituait le grand attrait de cette église. Au quatorzième siècle, Manuel Philès célèbre à plusieurs reprises dans ces poëmes « l’Icone de la Source ». « Je vois en toi, Vierge, la source de vie; tu apaises l’ardeur du danger; tu me ranimes par tes prodiges, toi qui portes dans ton sein la source de l’immortalité6., » La Vierge, Source de vie (Zwoè670: Iny4), est un type iconographique, né du rapprochement de deux cultes : celui de la Vierge et celui des eaux miraculeuses. La Vierge ayant sur son sein le Christ-Enfant est représentée dans une phiale (fig. 11). Cette repré-
des tribunes et une
1'ACIAPresen oc cu
2 C1: Tbide
3. Cf. Theophan. Contin.,-V, 80, éd. Bonn, p. 323; Cedrenus, éd. Bonn, t. I, p. 236.
4. Cf. Epigrammalum Anthotogia palatlina, éd. Dübner, t. I, Paris, 1864, p. 13: P. Lambecius, op. cit., p. 121; cf. S. Bénay (Échos d'Orient, t. III, 1900, p. 226 5.)