‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 43 sur 113 · Cf. Itin. russes, p · texte numérisé non relu

Cf. Itin. russes, p

La tradition s’est perpétuée jusqu’à nos jours. Après avoir franchi la porte de la Source, qui s’ouvre dans la grande muraille terrestre (aujourd’hui Silivri Kapou)!, on gagne un monastère grec, deconstruction moderne, qui contient dans son enceinte la fameuse source?. Les hauts cyprès et les arbres dont parlent les chroniqueurs. byzantins évoquent encore le souvenir du sanctuaire, qui fut un des plus célèbres de l’ancienne Byzance. Aux portes de la grande ville, il était un lieu de repos pour les habitants, qui venaient y chercher le rafraichissement des eaux, l’atténuation de leurs maux et la guérison de leurs maladies.

Dans ces parages s'élevait autrefois un sanctuaire où les empereurs se rendaient aux processions triomphales. Lorsque Nicéphore Phocas fit son entrée à Constantinople, en 963, pour être couronné, il s’arrêta au monastère des Abraanites, surnommé la Vierge Acheiïropoiètos, avant d'entrer dans la ville par la Porte Dorée?. Basile Ier, lors de son triomphe, après ses campagnes de 831 et de 837, avait fait aussi une station dans l’église de la Vierge des Abramites;*pour y prier et y allumer des cierges, avant de passer sous l’are triomphal de la Porte Dorée #.

Ce monastère, que l’on appelait tantôt Sainte-Marie-Acheiropoiètos, tantôt monastère des Abramites, était attribué à Constantin, qui l’aurait fondé pour le moine Abramios ©. Il était célèbre à cause d’une image de la Vierge non faite de main d'homme, qui représentait la Mère de Dieu portant le Christ-Enfant sur le bras droit6. Ce monastère, dans l’enceinte duquel s’élevait une église consacrée à la Vierge, était situé près de la Porte Dorée, mais en dehors des murs. Ce

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2. V. une vue de ce monastère de Baloukli dans G. Schlumbherger, Un empereur grec au x° siècle, Nicéphore Phocas, Paris, 1890, p. 151.

3. Cf. Cer., I, 96, p. 438; G. Schlumberger, op. cit., p. 302.

4. Cf. Cer., App. ad. lib. I, p. 499, 501 ; cf. J. Ebersolt, Le Grand Palais de Constantinople, Paris, 1910, p. 8-9.

5. Cf. Preger, Script. orig. Const., t&. IT, p. 260. On connait plusieurs tessères de la Panagia Acheiropoiètos ; cf. J. Ebersolt, Sceaux byzantins du Musée de Constantinople (Extr. de la Revue Numismalique, 1914, p. 5).

6. CE. Dobschütz, Chrislusbilder, t. I, Leipzig, 1899, p. 83; t. Il, p. 148-149; G. Schlumberger, Sigillographie de l'Empire byzantin, Paris, 1884, p. 38 ; Kondakov, Ikonographija Bogomateri, &. IT, Pétrograd, 1915, p. 275 s.; Lichatchev, /storiceskoe Znaëenie ilalo-greteskoj ikonopisi Izobraïeniju Bogomateri, Pétersbourg, 1911, p. 130. Sur un sceau de la collection Dethier au type de la Panagia Acheiropoiètos, la Vierge est représentée debout portant l'Enfant sur le bras droit. Cf. G. Schlumberger (Bullelin de Correspondance hellénique, t. VII, p. 177).

sanctuaire de la Vierge était appelé aussi Vouvelle-Jérusutem. Une procession ecclésiastique s’y rendait le 16 août !.

A l’intérieur de la Porte Dorée, se trouvait une autre église de la Vierge, appelée Jérusalem? Cette église, qui était à l’intérieur des murs, doit être distinguée de la précédente, qui se trouvait en dehors de l’enceinte. Dans l’église de la Vierge, surnommée Jérusalem, se trouvait un martyrion dédié à saint Diomède. L'empereur se rendait dans ce dernier sanctuaire le 15 août au soir, et le clergé y célébrait le lendemain la mémoire du martyrt. Aussi cette église de la Vierge-Jérusalem est-elle identifiée par les auteurs byzantins avec Saint-Diomèdes. L'église de Saint-Diomède était done une dépendance de l’église de la Vierge-Jérusalem et était située dans l’enceinte d’un monastère qui se trouvait à l’intérieur de la Porte Dorée. Quand le futur Basile Ie", ayant quitté la Macédoine, arriva à Constantinople où il devait faire une si brillante fortune, il pénétra dans la capitale par la Porte Dorée. Après avoir franchi cette dernière, fatigué par le voyage, il alla se coucher devant la porte de Saint-Diomède, qui était toute proche. Pendant la nuit saint Diomède apparut à l’higoumène du monastère et lui ordonna d'aller à la porte, d’introduire celui qui s’y trouvait, de le soigner, car cet homme, disait-il, serait un jour empereur6. Lorsqu'il fut monté sur le trône impérial,

1. Cf. Dmitrievskij, Opisanie, t. 1, p. 106, 107. D'après le texte du typicon, l'église de la Vierge, surnommée Nouvelle-Jérusalem, se trouvait près de la Porte Dorée, mais en dehors de celle-ci.

2. C£. Depssitio vestis Deiparae in Blachernis (F. Combefis, Auctarium novissimum, t. IT, Paris, 1648, p. 774; Loparev dans Vizant. Vremennik, t. II, 1895, p. 594).

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