C£. Iltin. russes, p
propres mains!. Elle entra aussi en possession du portrait de la Vierge peint par l’évangéliste Luc. D’après la tradition l’impératrice Eudoxie, femme de Théodose IT (408-450), l'avait trouvé pendant son pelerinage à Jérusalem et l'avait envoyé, à Constantinople, à Pulchérie, la pieuse sœur de l’empereur. Celle-ci fonda l’église de la Vierge des Guides (rüv ‘O3nyüv}?, qui devint célèbre à cause de l’icone de la Vierge conductrice (Oônyares.). Le type primitif de la Vierge Hodegetria représentait la Mère de Dieu debout portant le Christ- Enfant surle bras gauche #{fig. 12). C'était une des icones les plus vénérées de la cité. Les empereurs l’emmenaient avec eux en campagne; elle rentrait avec eux en triomphe dans la capitale. Quand la ville était menacée, on la portait sur les murailles comme un palladium#.
L'église, qui contenait cette icone, faisait partie d’un monastère qui attirait un grand
à 3 : FiG. 12. — Sceau du nombre d’adorateurs et de pèlerins. « Il est TO RE vraiment merveilleux de voir, dit l’un d’eux, en nople (Inv. n° 167).
= ; Type de la Vierge quel nombre s’y rassemblent le peuple et les Hodegetria.
gens des autres villes ! » — « Qui l'approche
avec foi recouvre la santé », dit un autre. Pendant la persécution iconoclaste, l’on conserva l’image murée dans le couvent du Pantocrator; et l’on alluma devant elle une lampe, qui ne s’éteignit pas pendant soixante ans, raconte un troisième. L'image, d’après les pèlerins, était très grande et il fallait quatre hommes pour la porter, quand elle quittait l’église’. Clavijo, qui vit encore l'église ornée de mosaïques et la fameuse icone, dit de cette dernière qu'elle était
1. Cf. Du Cange, Constantinopolis christiana, Paris, 1680, lib. IV, p. 83.
2. Cf. Théodore le Lecteur, Eccles. Hist., 1, 5 (Migne, P. G.,t. 86, p. 168) ; cf. Nicéphore Calliste, Hist. eccl., XIV, 2 (Migne, P. G., t. 146, p. 1061). Un texte des Patria dit que l'église fut bâtie par Michel III (842-867), mais quil existait auparavant un oratoire avec une source miraculeuse (cf. Preger, Script. Orig. Const., t. Il, p. 223). Il s’agit d'un agrandissement et d’une restauration de l'église ancienne.
3. Sur cette image, v. Dobschütz, Christusbilder, t. III, Leipzig, 1899, p. 221 s., 269, 273 ; Kondakov, Jkonographija Bogomateri, t. I[, Pétrograd, 1915, p.152 s.; Lichatchev, Istoriteskoe Znaïtenie ilalo-greëeskoj ikonopisi Izobra?enija Bogomateri, Pétersbourg, 1911, p. 106 s. ; Lipsius, Die Apokryphen Aposlelgeschichten und Apostellegenden, t. II, 2, Braunschweig, 1884, p. 361; Lucius, Les Origines du culle des Saints, Paris, 1908, p. 632.
4. Cf. Du Cange, op. cit., lib. IV, p. 89-91 ; Ph. Meyer (Byzant. Zeitschrift, t. V, 1896, p. 84). |
5. Cf. Itin. russes, p. 99, 102. Antoine de Novgorod a vu l’image au Grand Palais. Étienne de Novgorod, vers 1350, l’a vue dans le couvent de la Sainte-Vierge (cf. Ibid., p. 119-120), de mème les autres pèlerins du x1v* et du xv* siècle. (Cf. Zbid., p. 137, 162, 201, 229).
peinte sur une planche carrée, posée sur deux pieds. La planche était recouverte d'argent ; on y voyait incrustés des saphirs, des émeraudes, des turquoises, des perles fines et beaucoup d’autres pierreries. Elle était placée dans une caisse en fer et-chaque mardi on célébrait en son honneur une grande fêtet. L'image fut vénérée jusqu’en 1453, époque à laquelle elle disparut?, de même que le monastère, qui était situé à l’est de Sainte-Sophie, à droite du chemin conduisant de la Grande Église à la mer?.
Aünsi les souvenirs de la Palestine, le berceau du christianisme, étaient nombreux à Constantinople. On y rencontrait des églises qui portaient le nom de Jérusalem et de Nouvelle-Jérusalem. La confrérie des Spoudaei, qui était installée près du saint Sépulcre, avait aussi à Constantinople un monastère#. Un couvent dont l’on attribuait la fondation à sainte Hélène avait reçu le nom de Bethléem ?. L'église des Saints-Carpus-et-Papylus, que l’on attribuait aussi à la mère de Constantin, avait été construite « sur le modèle du tombeau du Christ5 ». La Palestine n’avait pas seulement inspiré à Byzance des modèles pour ses sanctuaires, elle lui avait livré des trésors, des icones et surtout les reliques du Christ, de la Vierge et des Apôtres, si avidement recherchées par les souverains de Constantinople et par leurs sujets.
1. Cf. Ph. Bruun,. Constantinople, ses sanctuaires et ses reliques au commencement du xv° siècle. Fragment de l’Ilinéraire de Clavijo, Odessa, 1883, p. 18. — Le nom de l’Hodegetria est étrangement altéré en celui de Marie de la Dessetria.