Cf. Preger, Script. orig. Const., t. II, p
Toutes ces reliques constituaient, comme le dit un historien byzantin, le trésor inviolé de la capitale!. Dans la Colonne de porphyre et dans le petit oratoire étaient conservés les souvenirs les plus sacrés pour les Byzantins, qui avaient ainsi associé le nom du fondateur du christianisme au nom du fondateur de leur cité. Sur ce forum de Constantin, qui était une des places les plus fréquentées de la capitale, les empereurs allaient rendre grâce, après leur victoire, au pied de la statue, qui passait pour le gage de la conservation de leur Empire.
Les Byzantins, qui conservaient précieusement les souvenirs de leurs origines, élevèrent des sanctuaires non seulement en l'honneur de celui qui avait fondé leur ville, mais aussi en l’honneur des martyrs des premiers siècles, qui avaient arrosé de leur sang le sol de leur cité. Parmi ces derniers se trouvait saint Mocius (Moxtos).
D’après le récit du martyre de ce saint et d’après le panégyrique écrit par le moine Michel avant la fin du dixième siècle, Mocius était un presbytre de l’église d’Amphipolis, né d’une bonne famille. Sous le règne de Dioclétien il essaie de convertir ses compatriotes au christianisme, mais il est dénoncé aux autorités. Comme il refuse de prendre part aux sacrifices en l’honneur de Dionysos, le proconsul Laodicius lui fait subir différents supplices, la fournaise, la roue, les bêtes de l’amphithéâtre. Mais le saint sort victorieux de ces épreuves et y puise même de nouvelles forces. Enfin le proconsul le livre au préfet d'Héraclée, qui l'envoie à Byzance. C’est là qu’il est mis à mort par le glaive. Son corps fut déposé à un mille de la ville, et la mémoire de son martyre était célébrée le 11 mai?.
Le culte de ce saint est fort ancien. Sa sépulture, où s’opéraient le nombreuses guérisons, était située à un mille de Byzance, c’està-dire en dehors de l’ancienne enceinte de Constantin le Grand. Mais lorsque sous Théodose IT (408-450), la grande muraille terrestre, qui subsiste encore, fut élevée, la sépulture du martyr se trouva à l’intérieur de la nouvelle enceinte. Sa situation approximative est indiquée par la citerne de Saint-Mocius, qui subsiste, transformée en Techoukourbostan ou jardin creux, au nord de Hodja-Moustapha-Pacha-Djami et au nord-ouest du quartier dit Hexi-Marmara (Ati Mermer) ?.