Cf. Syn. eccl, Const., p. 34, 10 septembre
4. Au x1v° siècle, la fête était célébrée avec moins d'apparat. On dressait dans le friclinium une estrade en bois, sur laquelle le patriarche montait pour procéder au rite de l'élévation; ef. Codinus, De Officüs, XIV, éd. Bonn, p. 78.
5. Cf. Dmitrievskij, Opisanie liturgiceskich rukopisej, t..1, Kiev, 1895, p. 5, 196-197; Syn. ecel. Const., p. 43-45; De Cerimoniis aulæ by:antinæ, éd. Bonn, I, 22, p. 124-127.
Cet ouvrage sera cité plus loin par l’abréviation Ger. 6. Cf. IL Menologio di Basilio IL, t. I, Turin, 1907, pl. 35.
LES ANCIENS SANCTUAIRES DE CONSTANTINOPLE hs
Le basileus, inclinant la tête, déposait un baiser sur la sainte Croix, puis tous les personnages de sa suite venaient accomplir successivement le même rite. Le lendemain, vendredi, l'impératrice et les dames de la cour venaient à leur tour adorer la relique. Enfin, le samedi saint, le patriarche et les membres de son clergé venaient donner un pieux baiser au «bois » vénérable. Puis le reliquaire était.
F1G. 1. — Élévation de la Croix. Miniature du Ménologe de Basile IT.
fermé et remis dans son armoire!. Ainsi, à cette époque la relique était toujours conservée dans la Grande Église, là où elle avait été déposée lorsqu'elle arriva de Jérusalem. Mais elle n’y resta pas toujours. Les empereurs de Constantinople, voulant avoir tout près d’eux la relique, ou pensant peut-être qu’elle était plus en sécurité dans leur propre demeure que dans une église ouverte à tout venant, la firent transporter plus tard dans un des sanctuaires de leur palais ?.
Il en fut de même pour d’autres reliques de la Passion. La Chronique pascale apprend que lors de la prise de Jérusalem par Îles Perses, en 614, la sainte Lance (à rw Xéyyn) ne prit pas le chemin de la Perse, comme la sainte Croix. Elle avait été donnée au patrice:
1. Cf. Adamnani De locis sanctis libri tres (op. cit., p. 286-287). 2, V. plus loin.
Nicétas et fut apportée à Constantinople le 28 octobre de la même année, dans la nuit du samedi au dimanche. Le lendemain, dimanche, elle fut déposée dans la Grande Église, puis le mardi et le mercredi elle fut adorée par les hommes, le jeudi et le vendredi suivants par les femmes!. Suivant le même récit, le patrice Nicétas avait réussi à sauver du désastre une autre relique, la sainte Éponge (6 riwoc sxéyyoe). Il l'avait envoyée de Jérusalem quelques semaines auparavant. Le 14 septembre 614, à la fête de l'Élévation qui était célébrée à Sainte-Sophie, au moment où la sainte Croix allait être élevée pour la troisième fois, la sainte Éponge fut, en effet, attachée à la sainte Croix et élevée en même temps?.
Ainsi Constantinople possédait la sainte Lance et la sainte Éponge dès 614, au moment où la sainte Croix était encore en Perse.
Sainte-Sophie, de même que les autres grandes églises de Constantinople, était entourée d’annexes, de petits sanctuaires, qui s’élevaient à l'ombre de sa grande coupole et qui ont disparu pour la plupart. Derrière l’autel se trouvait l’église de Saint-Nicolas, où l’on vénérait encore, dans la première moitié du quinzième siècle, fameuse image du Christ qu’un Juif avait transpercée, et qui se trouvait auparavant au Puits sacré. Elle continuait, d’après le récit du pèlerin russe, à guérir beaucoup de monde et à faire des miraclesà.
Dans l’église de Saint-Pierre, qui était située à l’angle nord-est de Sainte-Sophie, on adorait le 16 janvier les chaînes de lapôtre Pierre, celles qu’il portait dans sa prison lorsqu'il fut délivré par l'ange 5. On rapportait que des hommes pieux les avaient trouvées et les avaient gardées avec soin, en se les transmettant de père en fils, jusqu’au jour où « les pieux basileis » les apportèrent à Constantinople et lés déposèrent à Saint-Pierre, près de Sainte-Sophief. Le