Actes
6. Cf. Dmitrievskij, Opisanie, t. I, p.43, 211 ; Syn. eccl. Const., p.895. Le Synaxaire
Ménologe de Basile IT a conservé le souvenir de cette scène de Padoration du 16 janvier à Saint-Pierre. Cette église possédait un autel surmonté d’un céborium, derrière lequel se dressaient des stalles concentriques, À gauche le miniaturiste a représenté un autel portatif, sur lequel figure la reliquet (fig. 2).
Ainsi Byzance prétend ut posséder les chaines de l’apôtre Pierre. Elle voulut se rendre indépendante de l’ancienne Rome et ne se contenta plus de la limaille de fer raclée aux chaînes, conservées dans Ta
Fic. 2. — Adoration des chaines de saint Pierre. Miniature du Ménologe de Basile IL.
basilique romaine de Saint-Pierre-ès-Liens. Au sixième siècle Justinien avait demandé au pape Hormisdas des reliques des apôtres Pierre et Paul et, si possible, quelque chose des chaines des apôtres. Le pape lui avait envoyé des sancluarta, mais non pas les reliques réelles 2. La tradition relative aux chaines de Pierre, conservées à Constantinople, est postérieure à cet événement. On ne conçoit pas, en effet, que Byzance ait demandé à Rome de la limaille des chaînes
mentionne seulement une partie des chaînes. Le Ménologe de Basile 11 signale deux chaînes (ef. Migne, P. G., t. 117, p. 269-261), Dans certains calendriers la fête du 16 janvier est appelée adoration des chaînes et non pas de la chaine ; cf. Morcelli, Kolendurium ecclesie Constantinopolitanz, t. 1, Rome, 1788, p. 43.
1. Cf. N Menologio di Basilio I, t. T1, Turin, 1997, pl. 324. À
2, Cf, Mansi, Sacror, cone, nova et ampl. Collectio, t. VIII, col. 482, 485.
de l’apôtre, si elle possédait à cette époque ces dernières, comme elle le prétendit plus tard!. Constantinople dut justifier l’authenticité de sa relique. Et elle le fit. D’après une tradition grecque, les reliques de Pierre et de Paul auraient été enlevées à Rome et apportées à Constantinople. Elles auraient été ensuite restituées au pape; mais la chaine que Pierre avait portée à Jérusalem serait restée à Byzance. Ces événements auraient eu lieu sous les règnes de Tibère et de Maurice, à la fin du sixième siècle?
Ainsi la relique de saint Pierre n’est apparue à Constantinople qu’à la fin du sixième siècle. En 1200, Antoine de Novgorod vit dans l’église consacrée à l’apôtre, près de Sainte-Sophie, les chaines en fer ; le jour de la fête des chaines de Pierre, ajoute-t-1l, tout le monde venait les baiserÿ.
Enfin dans le Skevophylakion, que l’on peut identifier avec le petit édifice circulaire qui subsiste à l’angle nord-est de l’église, on ne conservait pas seulement les vases et les objets sacrés servant au culte, mais encore plusieurs reliques“. C'était d’abord une croix dorée, ornée d'argent et de pierres précieuses, qui opérait des guérisons et chassait les démons. D’après la tradition elle avait la grandeur du corps du Christ, que des hommes pieux avaient pris soin de mesurer à Jérusalem 5. Cette croix a été signalée dans le Catalogue des reliques de Constantinople, en 11576, et par Antoine de Novgorod, en 1200, qui l’a vue à Sainte-Sophie?. On célébrait aussi dans cet édifice, le 22 septembre, la mémoire du martyr Quadrat, dont la tête était conservée précisément dans cette annexe$.
Ainsi les petits sanctuaires, attenant à la Grande liglise, étaient. tous pourvus de reliques; mais l'autel principal contenait les plus importantes. Dans le grand autel reposaient les reliques des martyrs déposées lors des deux inaugurations et une relique de l’enfance du Christ, les saints Langes (+% &yix oméoyava). C'était une relique pré-
1. Sur les chaînes de Pierre conservées à Rome, voir E. Lucius, les Origines du culte des Saints, Paris, 1908, p. 259-260 ; Cabrol et Leclercq, Dicl. d'arch. chrét. el de lit., t. LIT, p. 3 s.; R. A. Lipsius, Die apokryphen Apostelgeschichlen und Apostellegenden, t. I, 1, Braunschweig, 1887, p. 409 s.
2. Cf. Lipsius, op. cit., Ergänzungsheft, Braunschweig, 1890, p. 100, 103-104. Ce récit sur l'apôtre Pierre est contenu dans le Codex Vatic. gr. 1190, sæc. XV-XVI.