Cf. Preger, Script. Orig. Const., t. I, p
6. Cf. Nicolaus Thingeyrensis (Riant, Exuviæ, t. II, p. 214).
7. Cf. Itin. russes, p. 88. Le pèlerin russe a vu cette croix de la taille qu'avait le. Christ sur la terre « hors des portes du diaconicon ».
8. Cf. Syn. eccl. Const., p. 67 : syn. sel. Antoine de Novgorod signale la tête de: Quadrat dans l'autel de Sainte-Sophie (cf. Jtin. russes, p. 88). La relique avait été transportée, en 1200, du Skevophylakion dans l’église même.
cieuse que l’on porta en procession à travers la ville avec d’autres reliques du Christ, lors d’une longue sécheresse, sous Michel IV le Paphlagonien (1034-1041)! Les empereurs semblent bien avoir laissé cotte relique dans la Grande Église. Ils n’en firent pas autant, on le verra, pour les autres reliques du Christ, pour celles de la Passion, notamment, qu'ils transportèrent dans un des sanctuaires du Grand Palais.
Tout près de Sainte-Sophie, l’église de Sainte-Irène dresse sa masse imposante?; construite par Constantin le Grand, rebâtie, après l’incendie de 532 par Justinien [+ dans sa forme actuelle, la Vieille Eglise de Sainte-[rène, comme on l’appelait, était aussi un des plus anciens sanctuaires de la cité. La cour s’y rendait en procession à la fête de l’Union de l’église et y assistait à l'office. Quand la sainte Lance fut conservée au Grand Palais, elle était transportée à Sainte-[rène pour y être adorée. Le patriarche venait lui-même encenser et baiser la relique, qui était déposée sur la sainte table; puis elle était ramenée en procession dans la demeure impériale #. Cette église avait été consacrée à la Paix divine, comme la Grande Église avait été placée sous l’invocation de la Sainte-Sagesse. Mais il existait plusieurs autres sanctuaires, qui portaient le nom d’Irène et qui ont tous disparu.
Le patriarche Nicéphore raconte que Pertinax, qui fut évêque de Byzance au second siècle, construisit au bord de la mer « aux Figuiers » (èv Euxaï), en face de la ville, une église qu’il appela Sainte- Irène. Cette église, qui était située au moderne Galata, fut reconstruite entièrement par Justinien Ier. Procope rapporte, en effet, que Justinien construisit à cet endroit une église magnifique dédiée à la martyre Irène. En fouillant le sol, les ouvriers trouvèrent en ce lieu un coffre portant une inscription indiquant le contenu. Il renfermait les restes des quarante soldats romains de la légion de Mélitène. Jus-
1. Cf. Cedrenus, éd. Bonn, t. II, p. 516. Antoine de Novgorod signale, en 1200, les Langes du Christ dans l’autel de Sainte-Sophie (cf. Jtin. russes, p. 88). Nicolas d'Otrante les place au palais, avec les reliques de la Passion (cf. Riant, Eruviæ, t.1I, p. 233). Comme on:le verra plus loin, les Langes ne figurent point parmi les reliques, signalées par les auteurs byzantins dans la demeure impériale.
2. Sur cette église, voir J. Ebersolt et A. Thiers, les Eglses de Constantinople, Paris, 1913, p. 55 s.; album, pl. XII-XVIIL.
3. Cf. Cer., I, 36, p. 186; J. Ebersolt, le Grand Palais de Constantinople et le livre des Cérémonies, Paris, 1910, p. 195. ,
4. Cf. Dmitrievskij, Drevnjeicie patriartie tipikoni, Kiev, 1907, p. 137-138.
5. Cf. Nicéphore, Xpovoypzetmoy oivrouoy, éd. de Roor, p: 113, cf: p. 40.
tinien, qui était alors souffrant, ayant entendu parler de cette découverte, se fit appliquer ces reliques sur son genou malade et fut guéri!. L'empereur assista en personne à la cérémonie de la dédicace de ce sanctuaire, en 552. Les reliques y furent transportées solennellement de Sainte-Sophie. Les deux patriarches, Ménas de Constantinople et Apollinaire d'Alexandrie, avaient pris place sur le char impérial et portaient sur leurs genoux les reliques. La procession traversa la Corne d’Or et le basileus alla à sa rencontre?. Si, comme on l’a supposé, cette scène de translation est réellement représentéc sur l’ivoire du trésor de Trèves #, l’église construite par Justinien serait une basilique, pourvue de bas côtés moins élevés que la nef centrale, et terminée par une abside demi-circulaire (fig. 3).
Ainsi, au milieu du sixième siècle, il existait à Galata une église tellement belle que l'historien Procope a renoncé à la décrire. Cette église était dédiée à la jeune martyre Irène, dont on célébrait la mémoire le 5 mai. D’après le récit de sa Passion, qui remonte à l’époque des Sassanides, la patrie de la sainte était Magedon, ou Mygdonia, en Mésopotamie. Comme elle était très belle et fille unique, son père Licinius l’enferma dans une tour élevée jusqu’à son mariage. Un ange lui apparut une nuit et lui annonca la venue de Timothée, le disciple de Paul, qui la baptisa et changea son nom de Pénélope en celui d’Irène. Son père étant venu la trouver pour lui proposer un mariage, elle discute avec lui et finit par lui avouer qu’elle est chrétienne. Furieux, Licinius la livre pour être piétinée par un cheval sauvage; mais elle ne subit aucun dommage. Son père étant mort à la suite d’un accident, elle le rappelle à la vie et réussit à le convertir. Mais elle est saisie de nouveau et contrainte de sacrifier aux idoles. Comme elle refuse, on lui fait subir différents supplices dans plusieurs villes et elle meurt enfin, après avoir opéré une foule de miracles #.
Cette légende d’un caractère si oriental donna naissance à un culte nouveau, qui paraît avoir été assez répandu à Constantinople. Il existait en effet une troisième église de Sainte-Irène. Elle était
1, Cf. Procope, De Aedif., I, 7, éd. Bonn, p. 195-196.