Voir plus haut, p
4. Cf. Mansi, Sacrorum concil. nova et amplissima Colleclio, &. IX, p. 1175; cf. E. Lucius, les Origines du culle des Saints, Paris, 1908, p. 255 ; H. Delehaye, les Origines -du culle des Martyrs, Bruxelles, 1912, p. 61 s.
5. Voir plus haut, p. 45. Sur cette question, voir E. Le Blant, le Vol des reliques, Paris, 1887, p. 25. *
le fondateur de l’église arménienne, et les martyres Rhipsimé et Gaïanè !,
Le culte des reliques était si ardent, qu'il fallait donner continuellement des éléments nouveaux à la piété. Il semble même qu'il y eut des saints à la mode, d’autres qui, on ne sait pourquoi, tombaient dans l'oubli. Basile Ier affectionnait tout particulièrement le prophète Elie?. Constantin VII admirait le génie de Jean Chrysostome?. Il en était de même pour les reliques. Certaines étaient recherchées avec avidité, puis on laissait tomber dans l'oubli ces restes auxquels on avait attaché durant quelque temps le plus haut prix. C’est ainsi que la tête de Jean-Baptiste, que Théodose le Grand avait transférée lui-même à Constantinople dans son manteau de pourpre à la fin du quatrième siècle, sortit complètement de la mémoire du peuple, si bien que, au milieu du cinquième siècle, on put découvrir un autre chef du Précurseur‘. Il en fut de même pour les images. L'image du Christ non faite de main d'homme, qui fut amenée dans la seconde moitié du sixième siècle de Camouliana, en Cappadoce, à Constantinople, y opérait des miracles jusqu'au septième siècle. Plus tard elle disparait.
Bien qu’on ne doive pas conelure du silence des auteurs à la disparition d’une image ou d’une relique, on peut constater que les Byzantins, toujours avides de nouveautés, furent parfois inconstants dans leurs faveurs. Mais toutes ces reliques étaient pour eux plus précieuses que l'or et les pierreries, tant ils étaient certains qu’elles faisaient descendre sur la « ville-reine » la protection divine. Byzance se confiait plus dans leurs saints dépôts que dans la hauteur de ses murs ou dans la bravoure de ses défenseurs. Une vie religieuse singulièrement intense remplissait de ses manifestations les sanctuaires de la capitale, C’est là que se rassemblent les malades accourus pour implorer le secours des saints. Ils y attendent que les saints leur envoient la guérison, leur révèlent en un songe comment ils pourront recouvrer la santé. Un miracle opéré dans un sanctuaire, uue exposition ou une translation de reliques étaient des événements fort importants, qui mettaient en émoi toutes les couches de la population.
1. Cf. Syn. eccl. Const., p. 89; voir J. Laurent, l'Arménie entre Byzance et l'Islam .depuis la conquête arabe jusqu'en 886, Paris, 1919, p. 264, n. +.