Voir plus haut, p
5. E. von Dobschütz, Christusbilder, L. I, Leipzig, 1899, p. 40, 47, 59 s.; t, IIT,
Siècle après siècle, avec ténacité, Byzance cherche à se procurer des reliques. Son zèle ne se ralentit jamais. Au onzième siècle elle faisait encore venir d'Occident les restes de sainte Agathe, à la suite de la conquête de la Sicile par Georges Maniacès ; elle avait admis la sainte sicilienne dans son calendrier et elle lui avait élevé un sanctuaire !. Grâce à cette continuité dans l'effort, la capitale réussit à accumuler dans ses églises une quantité considérable d'objets précieux. Ceux-ci lui venaient de partout, d'Occident aussi bien que d'Orient. Mais ce sont les provinces asiatiques de l'Empire qui furent dépouillées le plus méthodiquement de leurs trésors. C’est là, en effet, que se trouvaient les reliques les plus vénérables, celles du Christ, celles de la Vierge et celles des saints de la Nouvelle et de PAncienne Alliance. Constantinople avait pu réussir à mettre la main non seulement sur les reliques du Christ et de la Vierge, mais sur celles des autres personnages du Nouveau-Testiment. Elle possédait le pied de Paul de Tarse?, la main de saint Onésime, Le diseiple de saint Paul*, les restes de saint Lazare, qui arrivèrent de Chypre sous Léon VI le Sage (886-911) dans une châsse en argent, Sous le règne du même empereur les reliques de Marie-Madeleine avaient été aussi amenées de Béthanie d’après une tradition 5, d'Éphèse suivant un autre chroniqueur 6. Le corps et l’omophorion de sainte Anne, la mère de la Vierge, avaient été transportés à Constantinople sous le règne de Justinien IT (685-695; 705-711)7. Les souvenirs des pieuses femmes, qui avaient été associées de près ou de loin à la vie du Christ, étaient conservés et honorés au même titré que ceux des grands saints.
Les personnages de l’Ancienne Alliance, les Prophètes, avaient pris rang à côté des saints de la Nouvelle Alliance et furent recherchés comme autant de protecteurs et d’intercesseurs. On était allé chercher jusqu'à Babylone les reliques des trois jeunes Hébreux, Ananias, Azarias et Misaël, qui arrivèrent sous le règne de Léon Ie (457- 474)$. Des reliques du prophète Daniel, qui fut enseveli, d’après la tradition, à Babylone”, se trouvaient avec celles de plusieurs autres
1. Cf. Acta Sanct., février, t. I, p. 635 ; Syn. eccl. Const., p. 445, 905 : syn. sel.
2. Cf. Manuel Philès, Carmina, éd. E. Miller, t. I, Paris, 1855, p. 85.
3, Cf. Syn. eccl. Const., p. 465 : syn. sel.
4. CF. Jbid., p. 146-148; Preger, Script. orig. Const., t. II, p. 288; Cedrenus, éd. Bonn, t. II, p. 260. ;