‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 83 sur 113 · Cf. Manuel Philès, op. cit., t. {, p · texte numérisé non relu

Cf. Manuel Philès, op. cit., t. {, p

7. Cf. E. Molinier, Histoire générale des arts appliqués à l'industrie, t. IV. L'orfévrerie, Paris, p. 37 s., fig. p. 39.

tyrs !. À la fin du cinquième siècle, l’empereur Zénon avait consenti à donner des reliques à saint Laurent, évêque de Siponto ?.

Les richesses de Byzance, connues par les récits des pèlerins et des voyageurs qui avaient visité les sanctuaires de la capitale, étaient convoitées par le monde entier. Les reliques de la Passion étaient plus spécialement l’objet de cette convoitise. Saint Bernard, qui, au douzième siècle, avait prêché avec son éloquence pathétique la seconde Croisade, invitait ses auditeurs à se plonger dans la contemplation des souffrances du Christ et à se représenter les scènes de la Passion dans tous leurs détails. Dans son Livre, son Sermon et sa Méditation sur la Passion, il s’appliquait à rendre présents à l’esprit les instruments du martyre. Dans sa Lamentation sur la Passion il évoque les souffrances du Christ, comme si l’image du Crucifié était devant ses yeux : « Qui me consolera, Seigneur Jésus- Christ, moi qui t'ai vu suspendu à la croix, avec ton corps meurtri, ton visage pàle ? Regardez. La couronne a blessé sa tête d’une si rare beauté de mille piqüres ; ses mains innocentes sont couvertes de sang ; son flanc est ensanglanté par le coup de lance cruel; ses pieds immaculés sont transpercés par les deux clous. Regardez?. » Ce mysticisme, allié à la force suggestive d’une nature vibrante, exerça une influence incontestable sur les foules du douzième siècle. Les reliques les plus recherchées et les plus précieuses furent pour les Croisés celles de la Passion.

Mais le culte enthousiaste des reliques avait des racines encore plus profondes dans le passé. Déjà au début du moyen âge, l'Occident avait acquis soit par don, soit par l’intermédiaire des colons syriens établis en Occident, par les marchands, les pèlerins et les voyageurs, un certain nombre de reliques orientales. C’est ainsi que dans l’Église latine le culte des saints orientaux s’introduisit en même temps que leurs reliques”.

1. Cf. Grégoire de Tours, Hist. Franc., IX, 40 (Migne, P. L., t. 71, p. 518); E. Molinier, op. cil., p. 39-40, fig.

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