Cf. Acta sancl., février, t. IT, p
SAC Migne, PL /2t."182,/p- 1153%S.;1t. 183;.p: 2636. ; 184, p- 741 s., 769 s.
4. Sur le rôle des reliques dans la vie publique et privée des hommes du moyen âge occidental, v. A. Luchaire, Le culle des reliques (Revue de Paris, 1* juillet 190, p. 139 s.); E. Mâle, L'Art religieux du xin° siècle en France, Paris, 1902,
909 S. À : 5. V. la liste des reliques transportées d'Orient en Occident jusqu’au xn* siècle dans Ch. Kohler, Mélanges pour servir à l’histoire de l'Orient latin et des Croisades, LEA LE Paris, 1900, p. 197-199. Sur les reliques vrientales apportées en Italie durant le haut moyen âge, v. Ch. Diehl, Etudes sur l'administration bycantine dans l’exarchat de Raâvenne (568-751), Paris, 1888, p. 261 s. Sur les reliques orientales apportées en Gaule à l'époque mérovingienne, v. A. Marignan, Etudes sur la civilisation française, t. IL, Paris, 1899, p. 224 s.; C. A. Bernouilli, Die Heiligen der Merowinger, Tubingue,
La prise de Constantinople par les Croisés, en 1204, fut 11 cause d’un appauvrissement considérable de la capitale. Le pillage fut systématique. Le butin partagé entre les vainqueurs fut envoyé en Occident!. Les Latins trouvèrent à Constantinople la fleur des trésors religieux de l'Orient. Parmi ces trésors les reliques furent la partie du butin la plus recherchée. Le comte Riant, qui a réuni et publié les documents historiques nés du transport en Occident des trésors religieux enlevés par les Latins au treizième siècle, a montré toute l'importance que les Croisés attachaient à la possession des reliques de Byzance?. Les chevaliers revenaient avec leur part de butin, fruit du pillage en règle des églises byzantines, en 120%, et de la spoliation qui, par suite de la tolérance des empereurs latins, continua jusqu’au milieu du treizième siècle. La quatrième Croisade fut ainsi la cause d’un accroissement de richesses inouï, inespéré. L’Occident tout entier tressaillit d’allégresse. Les reliques, distribuées dans toutes les provinces, devinrent la possession des églises et des monastères. On accourait de tous côtés pour les recevoir et les vénérer.
Sans doute, comme on l’a vu, bien des objets religieux avaient quitté l'Orient pour l'Occident avant 1204. De même, après la fin de l’occupation latine et la rentrée des Grecs à Constantinople, en 1261, lPexportation des objets orientaux en Occident ne cessa point?. Au surplus, il est certain que Byzance, si avide qu’elle ait été, n’a pu dépouiller de leurs trésors toutes les provinces de l'Empire. Mais elle gardait dans ses murs le lot le plus considérable et le plus important. Dans la ville impériale les arts somptuaires avaient pris, en
1900, p. 159 s., 234 s. ; L. Bréhier, Les Colonies d'Orientaux en Occident au commencement du moyen âge, v°-viu° siècle (Byzant. Zeilschrift, t. XII, 1903, p. 35 s.). Sur les colonies de Syriens en Occident, v. aussi E. Le Blant, L'épigraphie chrétienne en Gaule et dans l'Afrique romaine, Paris, 1890, p. 43 ; L. Courajod, Leçons professées à l'École du Louvre, t. 1, Paris, 1899. p. 119, 326 s. On sait aussi que les Vénitiens s’emparèrent, avarit 1204, de plusieurs reliques conservées dans les églises d'Orient. En 1102 ils emportent les restes de saint Nicolas de Myra ; en 1110, ils enlèvent le corps de saint Etienne ; cf. J. Armingaud, Venise et le Bas Empire, Paris, 1868, p. 83-84; Riant, Des dépouilles religieuses enlevées à Constantinople au xt: siècle (Mémoires de la Société des Antliquaires de France, t. XXXVI, 1875, p. 57). En 1087, des marins de Bari avaient enlevé déjà dans la ville de Myra des reliques de saint Nicolas et les avaient rapportées à Bari (ef. E. Bertaux, L'Art dans l'Italie méridionale, Paris, 1904, p. 335). A Arles un inventaire de Saint-Trophime (xn: siècle) atteste la présence dans cette ville de reliques provenant du trésor des empereurs de Constantinople (cf. F. de Mély dans Bullelin de la Société archéologique du Midi de la France, Toulouse, 1902, p. 128-129).
1. Sur la manière dont le butin fut partagé, v. Riant, Dépouilles religieuses, p. 558.
2, Cf. Riant, Exuviæ, t. 1, p. XXXVIII s.; Dépouilles religieuses, p. 2 s.
3. V. une liste de reliques transportées d'Orient en Occident du xrv° au xvm° siècle dans Ch. Kobhler, Mélanges pour servir à l'histoire de l'Orient latin et des Croisades, t. I, Paris, 1900, p. 203 s.
outre, un développement prodigieux. Aussi 1 les Croisés, en 1204, fut-elle la ce d'œuvres grecques.
Cependant les Latins ne purent pas tout emporter. Ils respectèrent ou dédaignèrent certains reliquaires. D’autres leur échappèrent, qui avaient été soigneusement cachés par les Grecs!, Au quatorzième et au quinzième siècle, les voyageurs et les pèlerins venaient encore, on le verra, adorer à Constantinople un nombre fort respectable de reliques. Les Croisés ont pu aussi se tromper sur quaires qu’ils emportaient, où être induits en erreur par les clercs byzantins, qui avaient intérêt à dissimuler les reliques les plus précieuses. On a remarqué que homonyme d’un saint notable pour ce saint lui-même? et qu'une partie de 1 rée par les Croisés comme constituant Ja relique tout entière 3, Certes les récits des pèlerins et des voyageurs constituent une source d’information précieuse, mais ils ne doivent être consultés qu'avec réserve, Ils.ont été rédigés par des gens animés d'excellentes intentions, mais trop souvent crédules. Ces hommes pieux n'étaient pas suffisamment protégés contre les entreprises peu scientifiques des guides et des sacristains, trop souvent enclins à exagérer limportance des richesses que contenait la ville impériale du Bosphore,
Les textes des auteurs byzantins doivent être consultés en premier lieu, si l’on veut savoir l'importance des reliques Jjalousement conservées par les Byzantins. L'étude des anciens sanctuaires de la capitale à permis de connaitre, sinon toutes les reliques, du moins les plus importantes, et de les localiser dans le lieu de culte où elles étaient adorées de préférence. Les textes des auteurs occidentaux doivent être contrôlés par les sources byz
a prise de Byzance par ause d’une dispersion considérable
le contenu des reli-
a été pris a relique a été considé-
antines, en tenant compte du fait que la même relique a pu ne pas être conservée toujours dans le même sanctuaire 4. Les témoignages des voyageurs et des pèlerins postérieurs à la restauration des Paléologues constituent une source d'information précieuse, qui a été trop souvent négligée. Ils permet-