Cf. Ph. Bruun, op. cit., p
6. Cf. Buondelmonti, Description des îles de l'Archipel, éd. Legrand, Paris, 1897,
< 7. Cf. Ilin. russes, p. 205.
Ghillebert de Lannoy, au cours des deux voyages qu'il fit à Constantinople dans le premier quart du quinzième siècle, a vu beaucoup de « saintes reliques », « le saint fer de la lance et autres très dignes », qui lui furent montrées par l’empereur Manuel Il Paléologue lui-même !,
Vers la même époque Nestor Iskander confirme la présence à Constantinople de l’ensemble des instruments de la Passion?. Aucun des voyageurs du temps de Clavijo ne donne autant de détails que l’ambassadeur castillan sur ces reliques et les reliquaires conservés à cette époque à Saint-Jean-de-Pétra 5.
Elles étaient conservées dans une « arche rouge », scellée avec deux cachets de cire blanche, appliqués sur deux fermoirs d'argent, et fermée avec deux serrures. On en fit sortir un sac cacheté avec un sceau de cire. Les moines le décachetèrent et en tirérent une petite cassette ronde, en or, dans laquelle était « le pain que Notre-Seigneur Jésus-Christ donna le jeudi de la Cène à Judas ». Cette cassette était couverte d’une étoffe rouge, cachetée avec deux sceaux de cire vermeille ; le pain avait à peu près la largeur de trois doigts de la main‘. Les moines tirèrent ensuite du sac une autre cassette en or, plus petite que la première dans laquelle était enchâssé un flacon en cristal contenant « du sang sorti de la côte de Notre-Seigneur Jésus-Christ », puis un petit flacon de cristal, muni d’un tampon avec une chaine en or; dans ce flacon se trouvaient, enveloppés dans un petit morceau d’étoffe rouge, « les cheveux de la barbe de Notre-Seigneur Jésus-Christ que les Juifs lui arrachèrent lorsqu'ils le crucifièrent ». Les moines ôtèrent ensuite de la caisse une boîte carrée en argent doré, longue de deux paumes et demie ; elle était cachetée de six sceaux appliqués sur six paires de fermoirs ronds en argent ; elle avait aussi une serrure à laquelle était suspendue une clef en argent.
Ils ouvrirent cette boite et en tirèrent une planche toute couverte d’or sur laquelle se trouvait « le fer de la lance avec laquelle Longin blessa Notre-Seigneur Jésus-Christ ». « Ce fer, poursuit Clavi]o, était mince comme la pointe d’un javelot ou le fer d’un carquois ; il était troué à l’endroit où il a dû être emmanché dans le bois et avait une longueur d’une paume et deux doigts; à l’extrémité de la pointe
1. Cf. Ch. Potvin, OŒuvres de Ghillebert de Lannoy, Louvain, 1878, p'Al1/260:
2. Cf. Nestor-Iskander, Povjest o tsargradjé (Pamjatniki drevnej pismennosti, Pétersbourg, 1886, p. 5).
3. Le témoignage de Clavijo concorde avec celui de Buondelmonti et de Zosime. Bertrandon de La Broquière, qui était à Constantinople à la même époque, a eu raison de mettre en doute le fait que les reliques de la Passion étaient conservées alors dans l'église de Sainte-Sophie ; cf. Le voyage d'outre-mer de Bertrandor de La Broquière, éd. Ch. Schefer, Paris, 1892, p. 154.