‹ Sanctuaires de ByzanceChapitre 88 sur 113 · Cf. Ph. Bruun, op. cit., p · texte numérisé non relu

Cf. Ph. Bruun, op. cit., p

le sang était frais comme si le mal qu’on avait fait au Christ avec ce fer était arrivé tout récemment. Ce fer avait la largeur de deux doigts et 1l était enchâssé dans cette planche, qui était couverte d’or. (a fer n'était pas de couleur claire, mais foncé, comme s’il avait été roulé. À cette planche était aussi attaché un morceau du roseau avec lequel on frappa Jésus-Christ Notre Dieu sur la tête lorsqu'il était devant Pilate. Ce roséau avait la longueur de deux paumes et demie, et il était rougeâtre ; sous le fer de la lance, ce roseau était attaché à la planche avec un morceau de l’éponge avec laquelle on donna à Jésus-Christ Notre Dieu le fiel et le vinaigre sur la croix. Dans la même cassette en argent d’où ils avaient tiré la planche se trouvaient les vêtements de Jésus-Christ Notre Dieu, vêtements que les soldats de Pilate tirèrent au sort. Ils étaient pliés et cachetés avec des sceaux. » Les vêtements étaient en étoffe rouge ; une des manches, qui sortait hors des parties pliées, était assez étroite et ouverte jusqu’au coude !

Ainsi, d’après ces témoignages, les reliques de la Passion, qui étaient conservées, jusqu’en 1204, dans l’église de la Vierge-du-Phare au Grand Palais, se trouvaient, au quatorzième siècle, dé l'église de Saint-Georges-des-Manganes, puis, dans la première moitié du quinzième siècle, dans l’église de Saint-Jean-de-Pétra. Les Byzantins montraient ces reliques aux pèlerins et aux voyageurs, qui n’émettaient aucun doute sur leur authenticité et consignaient dans leurs récits de voyage les affirmations qu’on retrouve non seulement dans les écrits de Jean Cantacuzène, mais aussi dans les œuvres de Joseph Bryennios?, à savoir que les reliques de la Passion restèrent à Constantinople après la conquête latine.

Pendant l'occupation latine, plusieurs reliquaires byzantins contenant des reliques de la Passion furent cependant envoyés en France. Un grand morceau de la vraie Croix fut cédé par Baudouin IT à saint Louis, qui le déposa à la Sainte-Chapelle. Il se trouvait dans un reliquaire byzantin qui a disparu, mais dont on possède un dessin publié à la fin du dix-huitième siècle par Morand. Ce reliquaire

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