CIL. V
a Bullettino, t. c., p. 109.
MARTYR ET CONFESSEUR - x COD
d 1 MARCI DIACONI, Vita Pponbhprit Gazensis (Lens, 1895), p. 18.
. du pape Pontien, récemment découverte, l'appelle éníaxo-. rs
et ramené ensuite à Rome, porte cette formule dédicatoire :
92 TM MARTYR ur CONFESSEUR
à des personnages qui n'ont point iss leur sang. L'épitaphes
voc uáovvo. Pontien fut exilé en Sardaigne sous Maximin, en ; 235. Séparé de son église, il abdiqua et mourut l'année sui-
^ vante. Comme lui, Corneille mourut en exil, et. son TRUE SES
porte : . ;
GORNELIVS MARTYR EPISCOPYS !
Une inscription placée par Damase sur le tombeau du pape Eusébe, mort. durant son exil de Sicile :
LITORE TRINACRIO MSP VE VITAMQVE RELIQVIT 2, :
DAMASVS EPISCOPVS FECIT 1 : EVSEBIO EPISCOPO ET MARTYRI a
C'est la mort sur la terre d'exil qui valut à ces pontifes d'être assimilés aux martyrs. L’ assimilation n'était que logique du moment qu'on l'acceptait pour les confesseurs morts en prison.
Nous la voyons appliquée à un autre Eusébe, l'évéque de A Verceil, qui fut exilé par Constance, mais revint, lui, mourir EL
dans son diocèse. Son épitaphe métrique de Tigecmd vers - suit les lettres de l'acrostiche :
EVSEBIVS EPISCOPVS ET MARTYR?
Une autre victime des persécutions ariennes, Maxime, évêque de Naples, semble avoir un droit plus strict à étte — appelé martyr, et c'est bien le titre que lui donnent les prêtres : Faustin et Marcellin dans leur supplique aux empereurs : Maximus quoque de Neapoli Campaniae... ductus est in exilium atque illic martyr in domini pace. quievit 4, Pourtant, son épi- RO taphe ne lui donne que le titre de confesseur : "e 3 L3
MAXIMVS EPISCOPYS QVI ET CONFESSOR 5 A >
1 P. FRANCHI DE CAVALIERI, Note agiografiche, "dap, 6. (Roma, 1920), p. 204-205.,
? Inu, Damasi rame 1e rd CT ATI + an 5 CIL. N, 6723. Cf. Bnuzza, Iscrizioni zanttohe Vercellesi, and 292- à
. * GUENTHER, Epistulae imperatorum told de quon p. i | CI." p. 23. *
5 DE Rossi, Bullettino, 1883, p. 96; cf. p. 92.
Deporte en JM Paulin de Trèves ne revit pas son dion° - cése: pro fide martyr in exilio animam dedit*. Il en est de .. méme de S. Denys de Milan, exilé en Cappadoce. Pour
AR Ambroise, il a conquis une gloire voisine du martyre: in est locis. propiori martyribus titulo vitam exhalavit ?. iss . Mais dans l’ épitaphe d'Aurelius, Denys est appelé confesseur
PONTIFEX SANCTVS CONFESSORQVE DIONYSIVS 5
x: Nestor, qui mourut à Maiuma à la suite des mauvais traite- ments que lui avaient infligés les païens de Gaza, est qualifié d'óuoAoygrác par Sozoméne*. - à;
De même que S. Apollinaire, classé officiellement par l'É- | glise de Ravenne parmi les confesseurs, est parvenu, gráce à .. S. Pierre Chrysologue à un rang plus élevé 5, S. Félix de Nole .
a pris place parmi les martyrs, duoiqu ‘il n'ait. pomi peni de mort ' violente.
Caelestem | nactus sine sanguine : maärlyr honorem, nam confessor obit, poenas non sponte lucratus, . acceptante Deo fidem pro sanguine menter.
"C'est le texte de S. Paulin, qui ailleurs lui donne le nom de -
— confesseur : fanto confessori"*, titre que lui donnent aussi S. Augustin? et Uranius ?. Mais il est à remarquer que S. Au- gustin ne refuse pas le titre de martyr à ceux qui sont morts .. pour la foi en prison. Ainsi, il dit d'un autre Félix : Noveritis. autem fratres, non eum passum morlem quam alii martyres . passi sunt. Confessus est enim, dilatus est ad lormenta, alio | die inventum HE corpus eius. inanime 19,
] OdsNIER: ACC p. 58.
2 Epist; LXAIIE 70, P.L, t: XVI, p. 1208.
. $ CIL. V, p. 620, n. 7 ; Acta SS., Nov. t. IV: 129. "CEDE 4 . SozoMENE, Hist. Eccl., V, 9. :
MUN. ps LANZONI, Le fonti della. leggenda di Sant Apollinare di Ra
venna (Bologna, 1915), p. 8-9. | .$ PAULIN DE NOLE, Natalic. SERT, 5.
E I Epist. XVII 3, HARTEL, p. 127. i 7. 8 De cura gerenda pro mortuis, XVI, 19, P. L, t. XL, p. 606.
.9 Epist. IL, P.L., t. LIII, p. 860.
10 Enarr. in Psalm, CXXVII, 6, P.L., t. XXXVI, p. 1680. Ce S. Félix est identifié arbitrairement par Adon avec le Félix de . Toniza du. martyrologe hiéronymien au 8 novembre. ct. Act, SS., # alo t. HI, PI P
gái cs | MARTYR ET CONFESSEUR | EATER
On le voit : :
vement aux saints qui n'ont pas souffert le martyre. Sidoine
Apollinaire donne à S. Martin, comme nous le faisons encore, -
le titre de pontife et confesseur : basilicam sancti pontificis confessorisque Martini :, et Grégoire de Tours, dans ses livres
In gloria martyrum, 2 gloria confessorum, a mis en évidence les deux grandes catégories dans dv désormais tous
les saints seront rangés.
Nous ne pouvons pas: oublier que RISE et méme
óuoAoyrvüc commencent à paraître dans d'autres contextes $ E Une inscription. de | Dinak (Nova Isaura), que la paléographie ne permet pas de.
et à prendre de nouvelles. acceptions.
faire remonter plus haut que le Ve siècle, est TOR comme suit : + Aápvoc fuere éxócunaev Socio TÔv éfeAgér ^, LA Cette épitaphe date d'une époque qui exclut l'hypothèse
d un survivant des persécutions. Il n'est donc pas impossible que nous rencontrions ici, et aussi dans l'inscription de Mérida, Eolalii clerici confessoris *, un représentant du dernier degré
de la hiérarchie cléricale, qui figure dans les oraisons solennelles
du vendredi-saint entre les portiers et les vierges et dont il. est parlé dans les canons du premier concile de Tolède. Il ne.
serait autre que le psalmista *. Ce sens trés spécial ne révèle
pas de lien sensible avec le confesseur de la foi, et jusqu'à -
preuve du contraire, nous regarderons. comme : fortuite Ü identité des noms. — PRES
Yes
Le grec connait le mot E désignant une femme qui a souffert pour Ja foi *. En latin, dans la langue courante,
1 Epist. IV, 18.
tum, 336.
4 Du CANGE, CRT i. v. Confessor.
5 * ÉPIPHANE,, Haeres. 68, 5, P.G., t. XLII, n 192.
du moment où l'on se POP dé la rigueur. Ses TT termes, il règne quelque arbitraire dans la distribution des titres d'honneur. Mais le nom de confessor — il n'en est pas — de méme, du grec ópoAoyrtíác; — tend à être réservé exclusi- — .
? W. M. RAMSAY, dans Journal of Hellenic Sludies, i: XXV (1905), ” 2p. 172; E * HüBNER, Inscriptionum Hispaniae christianarum supplemen-
- eonfessor ne s'emploie qu'au inoseulin. En Espagne, il est parfois donné à des saintes, notamment à sainte Léocadie.
. Ce n'est pas seulement dans un calendrier mozarabe de l'an- -
née 1072 que nous lisons, au 9 décembre: sancte Leocadie | | virginis el conjessoris Christi. Les conciles de Tolède de 633 et de 636, l'office antique et plusieurs manuscrits. liturgiques . mozarabes parlent de même *. Les calendriers de 1067 et celui - de 1072, au 24 juillet, annoncent sancte Seguline confessoris . Chrisli ? et c'est dans un manuscrit mozarabe que se lit la . vie dé cette sainte avec le titre: Vita vel transitus sanctae . Segülinae confessoris Christi ?. 3, On a pensé que sainte Léocadie est appelée « confesseur » parce qu'elle mourut dans la prison.
La méme raison ne vaut pas pour sainte Sigoléne. Dans une
» messe de sainte Eulalie de Barcelone, le titre de martyre lui . est donné dés les premières lignes. Plus loin on lit cette phrase :
Era enim eam ultra aetatem facis. esse victricem, quam nullis
rodent meritis iam olim feceras tui nominis . confessorem *. La distinction classique est rigoureusement observée.
À 2. Le sens du mot MAPTYZ.
À la suite des textes qui viennent d’être rappelés, il ressort que, dans le langage chrétien, en tenant compte des inévitables hésitations du début, le mot udpvec a passé Ke les étapes suivantes.
; B rontóton du Christ : les apótres. Le Seigneur lui-méme est . appelé le témoin fidèle. Lorsque les apótres et les contem-
.." porains du Sauveur ont disparu, le titre passe à ceux qui
— — attestent la vérité du christianisme en donnant, dans des Cire . eonstances périlleuses, des preuves d'un attachement iné- -
- branlable à leur croyance. En un temps où ce témoignage .. entraîne fréquemment la mort, l'appellation finit par être — réservée à ceux qui scellent de leur sang la confession de la E foi. Pour See celui dont la confession n'a pas la mort pour
Tx à FÉnoTIN, Le liber ordinum, p. 190- 491.
^ 3 Le liber ordinum, p. 473.
à # Catal. codd. hag. lat. Paris., t. HL, p.488. .
(4 FÉROTIN, Le liber r mozarabicus sacramentorum, p. 186:
It désigne d’abord les témoins attitrés de ja vie et dela
conséquente, c'est éuoloynrés, ópoAoyeiv qui prend la place - S
de udotvs, uaovvosir. Telle est l'acception propre des mots.
On ne.s'en écarte guére qu'accidentellement, et sans que Pul d
sage courant soit pour cela modifié.
L'évolution parait toute simple et le point de départ bien
fixé. Il est naturel que, du moment qu'il existe des degrés dans le mérite, on les marque par des titres distinctifs, et
dans l'occurrence, le choix de ces titres n ‘offre rien de bien
. surprenant.
A la réflexion, il se pose des questions comme celles-ci : avant d'entrer dans le vocabulaire chrétien, uaorvoetr, Óp0À0ysiv, appartiennent à la langue du droit, et évoquent l'idée
de procédure. L'accusé nie ou avoue. Un autre homme témoigne en sa faveur ou contre lui. Dans les procès pour. cause de religion, toute l'attention se concentre sur un seul personnage. .
Il entre aussitôt en aveux : ópoAoyet. On le menace : il persiste; on le tue: uaovvoet, il est martyr. Pourtant il n'est sorti de sa bouche aucune parole qui compléte celles qui lui avaient valu le titre de confesseur ou leur donne une portée nouvelle. Le nom d' éuoioynrhc convient bien à celui qui reconnaît ce qu'on lui impute. Mais uágrvc, témoin, alors qu'il
est de l'essence du témoin d'attester ce qu'il a vu ou entendu.
et non pas simplement ce qu'il croit ou ce qu'il professe ? | La terminologie adoptée ne s'explique donc pas aussi sim-
plement qu'il paraît à première vue, et l'on peut chercher -
à préciser les faits ou les idées qui l'ont imposée. C'est dans ME - cet esprit que les dernières controverses sur le mot páovog .— ont été conduites. Parmi les solutions proposées, nous indi- … querons celles-là seulement qui ont recueilli des adhésions. |
notables ou méritent de retenir l'attention.
Quelques- uns se sont laissés séduire par la nouveauté et
l'apparente simplicité de l'opinion. de M. Geffcken, qui dé-.
couvre au concept de martyr une origine philosophique ?. C'est chez Épictète qu'il le rencontre pour la première fois.
Les mots págroc, uaptugetr reviennent souvent dans les en
i Die christlichen Mortyrien, dans ra t XLV (4910), p pd 481-505. Voir aussi REITZENSTEIN, Historia monachorum und CE iv
ria Lausiaca (ROME 1519. p. 85-88.
. Entretiens, et M. Geffciton ne veut pas que l'on cherche ail-
OE « den Ursprung des Begriffes, das Urbild von des Mär-
tyrers Wesen!». N'était la faveur que rencontre dans le
camp des philologues tout ce qui a l'air de rattacher à l'hellé- nisme une conception chrétienne quelconque, nous ne croirions . -.. pas devoir nous arrêter à ce paradoxe, qui, fût-il solidement appuyé, ne pourrait que reculer la difficulté. Il suffira pour
en faire justice, de relire dans leur contexte, les phrases du philosophe qui semblent se prêter à cette étrange explication.
Épictéte s'adresse au sage, qui est également prêt à accep=
ter les honneurs et à embrasser la pauvreté: « Dans quel
róle te présentes-tu donc maintenant? — Comme un témoin |
appelé par Dieu méme: óc udorvc ónó voó Oeod «exAnuévoc. Viens, m'a-t-il dit, et dépose en ma faveur ; car tu es digne que
je te présente en témoignage : £pxov où xai pagvópnaór ot *
où yàg d£toc ei nooay0ÿrou Baorve: oz ëuo®. — Mais toi, quel
. témoignage rends-tu à Dieu? Téva uagvvolav ó(0oc và Oc;
. Maitre, dis-tu, je suis dans une position critique ; je suis dans le malheur. Personne ne s'intéresse à moi ; personne ne me xx
donne rien, tout le monde me blàme, m'injurie.:— Est-ce
ainsi que tu dois déposer? vaóva uéAAew uagvvosiv ; Dois-tu déshonorer celui qui t'a appelé, parce qu jl t'a assez estimé
.peur cela et qu'il t'a cru digne d' étre ainsi prose comme . témoin, xai d£tov fyhoato moocayayEtr eic uapvegíav Tmlxabvny T».
Voici les paroles qu'il met dans la bouche de son sage. « Ce
dont les autres dissertent pompeusement dans les écoles, et ce qu'ils regardent comme des paradoxes, moi je l'accomplis
aujourd'hui. Ce sont mes vertus qu'ils analysent sur leurs
bancs ; c'est moi qu "ils discutent ; c'est moi dont ils font l'éloge. 36 upiter a voulu que je tirasse de moi-même la preuve que tou-
tes ces vertus sont possibles. Il a voulu, pour ce qui le regarde,
“Voir par moi s’il pouvait avoir un soldat tel qu'il le faut, un citoyen tel qu'il le faut; et pour les autres hommes, il a - voulu me présenter à eux comme un témoin, qui leur dit, à E propos des ee qui ne dépendent. pas de leur libre arbitre
4 Hermes, dre A 496. S E 2 Dissert. I, 29, 44-49. Nous donnoïs, eh la retouchant he
+ He traduction de V. Courdaveaux.
7 SANCTVS, — 7