‹ SanctusChapitre 34 sur 64 · ESS CE · texte numérisé non relu

ESS CE

MU d'une doctrine quil prolisge et qu on accuse, “1e À martyr n'ajoute aucune parole nouvelle à celles dites par le confesseur. Mais il ajoute le sacrifice de sa vie qui renforce singuliérement son affirmation et lui fait décerner à titre spes |

cial et exclusif, le nom de martyr.

Répondons d'abord que généralement. l'accusation n’est

pas portée sur le terrain des crimes de droit commun imputés aux chrétiens. C'est le fait d'appartenir à la religion proscrite . qui en fait l’objet, et le refus de sacrifier ou le simple mot :

« Je suis chrétien» est décisif. Dans des cas exceptionnels il est fait état des calomnies populaires, comme dans les procés - Ex

|.'des martyrs de Lyon, où nous entendons Blandine répondre : - ;

| Xpuotuamij eiui xai sap uiv oà0e» gabAor y(vevos*, C'est Surtout

dans les Passions artificielles écrites à grande distance des événements et où les interrogatoires sont surtout des développements apologétiques que le martyr fait des déclarations sur la doctrine et la vie chrétiennes.

Mais à supposer méme que la portée habituelle de la pro-. fession. de foi de l’accusé soit celle qu'on indique, il ne [faut

pas oublier que le fait dei'énoncer et de la maintenir devant le juge et le bourreau implique le sacrifice de sa vie. Logique-

ment — et il s'agit ici de l'enchatinement logique des idées — c'est à cet instant qu ‘il faudrait l'appeler martyr, puisque

c’est alors qu’il exprime son témoignage et affirme par son at- |

titude qu'il est prét à le sceller de son le sang. Et néanmoins, E tant que le glaive reste musponduss il n'est que confesseur..

Un ds textes les plus importants à étudier dans la matiére qui nous occupe, c'est le passage de la lettre des Églises de

— Vienne et de Lyon où l'on voit les glorieux confesseurs, deve-

nus par leurs souffrances les émules et les imitateurs du Chri Sb: refuser le titre de martyr. Ils le réservaient au Christ lui-

méme, rQ mot® xai GÀnÜwóà uápvvou, et à ceux que le Christ avait daignés recevoir dans la confession, aprés avoir 3

imprimé en eux, par la mort, le sceau du martyre ?,

Le document lyonnais n'est pas le plus ancien oir le. mar- -

tyr apparait comme l'imitateur du Christ. zoepontanpe aux

! BHG. 1573, n. 19.

* Plus haut, p. 82,

Hs LE SENS DU MOT MARTYR T1009

juifs, qui affectent de craindre que les chrétiens n'abandonnent : le Crucifié pour rendre les honneurs divins à Polycarpe,

l'Église de Smyrne proteste qu'elle adore le Sauveur comme

—.le Fils de Dieu, qu'elle aime les martyrs comme ses disciples

et ses imitateurs : vod ó2 wéprvoac óc pa0nvàc xal jurc vot

xvolov àyazóuev*. Et l'on sait que le rédacteur du récit était assez familiarisé avec cette pensée pour relever, quand l'oeca- sion s'en présentait, les traits de ressemblance de pulvere avec le Sauveur souffrant ?.

- Près d'un demi-siècle auparavant, nous entendons S.Ignace

exprimer en toute circonstance son désir du martyre, en disant son ardeur à devenir l'imitateur et le disciple du Christ dans sa

passion : émroépaté uot D eivar ztáÜovc Xouotoù vot Oeod uov?. La captivité n'est qu'un commencement dans cette voie de l'imitation : vóv yàg dox?» yo ro9 uaÜnvsóecÜat *, vOv

|. Goxopuat nabrris «&ivat*. Où xafóvi dédeuau.…. ij0n xeveAe(cpat 1) . pa8nvüc. eiu *. La mort seule peut faire de lui le disciple .

P parfait : vóte 0£ Écopat. uaOnvi)c àAn0)c "Iioo6 Xouroo, ove oùOË .

10 ou uov ó xócuoc Oyerav?. Il compte sur les prières des

ax Éphésiens pour arriver au terme de ses vœux: émivTuyelr &v -*Póun tapionartion, tva Óià Toù paovvglov - óvvn0d paye

Sex

slvat roO ónip Mur éavróv dveveyuóvvoc Oc mpooqogà» «ai

Bis 8

bi

Cette insistance à rappeler que le vrai modèle du ee E est le Christ, impose un Tapprocnemenb que l'auteur de la — Passion des martyrs de Lyon n'a pas manqué de faire, c'est celui du texte de l'Apocalypse oü Jésus est appelé | Ô mquoTóGc

- xal àAnwoc Lors, celui aussi de l'épitre à Timothée:

’Incoë Xo100û Toÿ uagrvorjaavvoc ri ITovriov ITeuldrov Tv xa- Adv éuoloylar*. N'est-on pas autorisé à inférer de cet en-

- semble que, dans la pensée primitive, le Christ était considéré

comme le martyr par. excellence, et que, par conséquent, E € 'est l'imitation parfaite du Christ qui faisait le martyr? .

On ADAE trouvé arrété devant cette. conclusion par la diffi-

Passio Polgearpt. XVII, 2, 3. :

Les Passions des martyrs, p. 17. j Rom. 6, 3. ÉD 5 Rom. 5, 8.

Trall. 5,27 * Rom. 4, 2.

Eph. 1,2. ^ *I Tim. 6, 18.

TODO du.

bui quelque maniére sensible, ou plutót le représenter. Máp-

l'Apocalypse,. rappelé par le rédacteur, les y invitait. Cela

x cette supposition que pido vus, aboutissant à signifier |’ homme

formations que peut subir le sens d’un mot, les nuances se.

culté ordinaire. Où retrouver A cette conception, ment primordial, le. pn II ne se présente à l'esprit qu'un seul moyen de I introduire, c'est de dire qu'imiter le Christ n'est autre chose que le rendre -

.Tvc serait de la sorte l’ équivalent d'image. Le martyr repro- d ? duirait en lui-même ce dont il est: appelé à rendre témoignage. | T.

L'auteur de cette solution ayant lui-même constaté l'impossibilité d'établir l'équation páozec — eixóv, il nous sera bien permis d'hésiter comme lui à compliquer la question par . de pareilles subtilités?. Maisily a d'autres objections à faire. —

Il est bien vrai que les martyrs de Lyon'«aimaient à donner- FA le titre de martyr au Christ», et que peut-être le texte de

suffit-il pour dire que de leur temps tout le monde faisait de c méme et qu'en cela on se conformait à l'usage primitif de ré-- e a server ce titre glorieux au Sauveur ? L'expression dont se sert —. -

l'hagiographe est loin de l'insinuer, et là se trouve. la diffi- S. 3 culté principale qui nous empécherait d'admettre une expli- | e$ D.

cation assurément séduisante en elle-même et Rbpusce Sur un ensemble imposant de textes? , L'impossibilité de la concilier avec le che de "témoignage, que l'on s'obstine à à regarder comme inséparable du mot udpvvc, n'est pas ce qui pourrait nous arrêter. Toutes les | recherches de ces derniers temps nous semblent viciées par

qui donne sa vie pour la foi chrétienne, n'a pas cessé, au cours de son évolution, d'avoir le sens générique de témoin. On semble admettre implicitement que la vie des mots est réglée. par la logique, et qu'on arrive, par déduction, à suivre le cours des diverses acceptions d un terme en se. due sur l'éty moologies .

C'est se faire ronde tet Dans la série des trans-.

superposent . rapidement et effacent souvent sans en laisser de trace, l'idée primitive que le vocable exprimait, et lorsque COM . le sens se fixe, I' étymologie disparaît. S'il fallait tenir compte m

‘de la dérivation, on aurait qeeique pere, à EDEquet FORD :8

+ KATTENBUSGH, t, c., p. 125-38,

xt

le mot « soldat » est arrivé à dise celui qui exerce le noble

- métier des armes. Dira-t-on quil implique toujours la signi-

Page 1