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fication de mercenaire, que le mot « solde » évoque nécessairement ? Alors, pourquoi les mots wdotvs, paovvoeir, doivent-
“ils, dans le langage spécial de l'Église chrétienne, continuer - à éveiller les idées qu'ils exprimaient dans la langue du droit?
Nous constatons qu'au début, comme on pouvait s'y-attendre, le vocabulaire chrétien s'est approprié le terme de pgáorvc
en le modifiant par une simple nuance, qui d'abord n'a pas
entièrement fait oublier le sens originel. Mais qui nous dit
qu'à la seconde étape on y pensait encore? Et à la troisième?
"Nous entendons dire qu'il est inadmissible qu'un mot s'em- - ploie dans un sens entiérement nouveau, tout en continuant à être en usage avec son acception première. Voilà pourtant un cas extrémement fréquent. Nombre de mots ont dans le
langage courant des sens très divers, que les circonstances per- “ ,
mettent de distinguer le plus aisément du monde. Un financier
' et un chirurgien parleront d'opérations. Le même mot, selon — . la bouche qui le prononce, ne fait-il pas naître des concepts FE absolument différents? Annoncez que vous allez prendre la —
plume: personne ne songera à n'importe quel oiseau. On met
ses papiers en règle sans se soucier de la plante dont ier souvenir
| pourrait être suggéré par l'étymologie.
Les derniéres recherches, dont le titre de UE a fait l'objet, voudraient saisir le moment où udprvc est parvenu à sa. dernière étape et montrer le lien qui unit le concept
primitif de témoin à celui de l'homme qui meurt pour le. Christ. Autant vaudrait essayer de fixer le sillage du navire
dans les eaux. Oserait-on soutenir, qu'au moment de "prenoe sa place définitive dans le vocabulaire chrétien, uáprvc ne fût pas déjà dépouillé de son sens premier et réduit à l'état de terme décoloré vs Cela n'est pas opens possible, mais
4 on nous saura gré de che ici une intéressante note de notre collègue le P. P. Peeters. Elle éclaire le sujet mieux que de
longues discussions. « Au cours de l'été 1917, la nouvelle.se répandit -
que larmée britannique venait de mettre en œuvre un engin de - guerre appelé tank, dont les effets étaient d'une puissance inattendue. X Tank veut dire « réservoir », et plusieurs langues européennes, dont “lex néerlandais et l'allemand, lavaient emprunté à l'anglais avec
bd M E ut Le terme était donc pis qu'inexpliqué, puisque
fil CR
histoire n'est pas vraie, elle montre, en sus de tout le reste, quen
ce nom de {ank avait le don d'impatienter un brillant général fran- A =
. vie des mots n'obéit pas mieux à l'autorité qu’à la raison. En tout 2m cas, il reste démontré qu'un terme usuel peut, en un temps trés-'- -
LORS "ESBEUR ^ 00
vraisemblable, car telle est la loi ordinaire du développement ' linguistique. N'espérons done pas qu'un document aussi in- : stable et aussi capricieux que le langage nous apprenne si. .le martyr est censé être un témoin, et de quelle manière il — - e justifie ce titre. C'est l’histoire qui nous le dira et non pas — l'étymologie !, t
son acception nouvelle ne s'accordait nullement avec son sens fonda- 2 rud mental. Quelques sceptiques, qui he croyaient pas à la nouvelle e invention, la démentirent, nom et chose, de par l'étymologie. Mais. . la masse du public n'y regarda pas de si prés, et, en quelques jours, . on pourrait dire en quelques heures, fank était entré dans le langage courant des cinq parties du monde. Des millions de gens l'ont depuis . # lors employé sans même songer à établir un lien entre l'idée de ré- — — servoir et l'engin qu'on leur avait décrit. Je crois me rappeler. ^ qu'en 1919 l’un des inventeurs de ces redoutables machines donna E. la clef de cette énigme lexicographique. Pour tenir secrète la desti- 74 nation de ces « chars d’assaut », on aurait fait ou laissé croire qu'ils à: étaient destinés à servir de citernes mobiles à l'armée de Palestine, Leur noni, qui serait donc aussi une ruse de guerre, avait passé de l'argot des arsenaux à celui des camps d'instruction, pour rebondir * de là, d'un seul élan, dans la langue littéraire universelle. Si cette AX
1919, ce mot vieux de deux ans, était déjà si dégagé de ses origines, - E. qu'on en pouvait donner gravement des explications fausses. Et pour que rien ne manque à la moralité de l'exemple, on raconte que .
- çais, qui fut l’un des créateurs de l'arme nouvelle : preuve quela .-
court, prendre dans le monde entier une signification entièrement MEX neuve, sans rapport connu avec son'sens premier. Il suffit que l'on . : sache nettement à quel objet il se rapporte. L'étymologie est encore plus étrangère à la propagation d'un mot comme « martyp, dont l'élément originel est une notion de l'ordre moral, susceptible d'interprétations variables.» Anal. BolL, t. XXXIX, p.52. im * Nous ne nous occuperons pas de certains composés de KorDE. T 12
qui sont, chez les Grecs du moyen áge, d'un usage fréquent : ueyaAo- ^ ^. “dors (voir une inscription CIG. 8642), grand martyr, martyr cé — E lébre, ieooudovvc prêtre ou évêque martyr, óotopuáprvc, par op- "ss position au terme précédent, martyr qui n'est point honoré du | - E
caractére sacerdotal. Le style des Ménées observe ces distinctions, | que l'antiquité ne connaissait point.
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$ 3. Du martyr au confesseur.
Les textes que nous avons rassemblés permettent dé constater que le.nom de martyr a été donné non seulement aux chrétiens qui meurent pour la foi dans les supplices, mais également à ceux qui meurent en prison, à céux qui meurent
en exil, parfois méme à des exilés revenus dans leur patrie.
IL y.a dans cette succession une sorte de dégradation insensible du concept du martyre, qui marque une premiére étape dans le développement de la pensée chrétienne. Une nouvelle.
étape sera celle qui établit, non pas l'égalité.— car l'effusion
du sang confère une dignité incomparable — mais une certaine assimilation. entre le martyr et l'homme vertueux à aia occasion de souffrir pour la foi a manque, et sont le titre NPA séra désormais celui de confesseur.
Pour aspirer à l'honneur de donner sa vie pour le Christ, ED faut vivre dans une de ces. périodes troublées oü les fi- . déles voient le glaive suspendu sur leur tête. Mais, s'il est vrai que le chrétien ne sera jamais complétement à àlabri - des entreprises des méchants, il est. vrai àussi que: le régime de la. persécution n'est pas la vie normale de | Église. On a donc réfléchi que, si le royaume des cieux souffre violence, la contrainte extérieure n’est pas indispensable, et qu'il doit
. y avoir d'autres moyens d'aller à Dieu de toute son âme que
l'effusion du sang. De là les considérations, dont beaucoup d'écrivains ecclésiastiques se font l'écho, pour prouver que devant Dieu l' exercice de la vertu peut suppléer au martyre. .
“À ceux qui, menacés d’être emportés par la peste, se déso- - lent de voir leur échapper la couronne du martyre qu'ils nent. S. Cyprien répond qu'aux yeux de Dieu le désir du martyre mérite la couronne: aliud est martyrio animum deesse, aliud animo defuisse martyrium *. Et son biographe ex- Phe la méme pensée, en l'élargissant encore : licet semper Deo mancipata devotio dicatis hominibus pro maríyrio depute- -fur ?. Pour Clément d'Alexandrie aussi, l'observation des com- - - mandements est un Euivalent du martyre: Ei oívwv fj noûs ev es uaotvola àcví, nüco 1, xabagbs molirevoauérn -
a De RER 17. :
4 Tia Cupriant PE 2041, 19, 2.
puy?) uev? Eatyráaeoc roÿ ; 9106, j vaíc "bycoAaic dimaxmxovia, págvoc &cvi xai Blo xal Aóyo, Unc movi oo oóuaroc ünaAAdT- . verat, ofov afua viv níorw àvà vOv fiov änavra, mens 8: gal. T : ov &£oÓov npoyéovoaa 1. ; RE D'après S. Méthode, les vierges subissent un à martyre qu - dure toute leur vie : épagróguoo» yàp où xavá TL uógtov oo TE &y Boayet xagreghoaoar concor äxOnédvas, áAAà Óià mavvóg ———— &rAgcav vo9 Blov ur node hdoaoa vóv äy@va vóv "OÀvumiaxOov — j àAg0Gc ÓwÜAfZca: Tics yvt(ac ?. RODEO connaissait. de — martyre non sanglant : za PW d ES
Multa sunt martyria quae sunt sine sanguine fuso*. 3
Si S. Antoine ne réussit pas à à partager le sort dos Hem es. . dont il était venu soutenir le courage durant la persécution, d o il trouvait tous les jours dans sa cellule le moyen de livrer les combats qu'il avait vainement cherchés au tribunal du juge : * xal sáAai elg TÔ uovaotijouov áveydipeu nai Tv éxei «ab Qu£pny. uapgtvopQv Tjj. ovvELÔMoEL xai don OHEPOS Toig Th tía vec 3 ; z d0Aoig * xai yàp âoxpoer noAAj xal ovvTovaTéoq. ÉKÉGONTO - «Devenez martyrs par la volonté, disait S. Basile, ens E persécution, sans feu, sans fouets, et avec les mêmes mérites | que les martyrs*. » Paulin de Nole lui aussi vante le m E sans effusion de sang, que son patron S. Félix a souffert :
Martyrium sine caede placet, st prompta ferendi mensque fidesque Deo caleant; passura voluntas. sufficit et summa est meriti testatio voti s.
Et il décrit longuement le martyre | de l'évêque Maxime | qui, lui non plus, n’a pas succombé aux tourments : : A
Maximus interea solis in montibus. aeger contentus fugisse manus feraliaque ora
carnificum, diversa at non leviore ferebat martyrium cruce quam si ferro colla dedisset X eH membraque tormentis aut ignibus... *. — GOLD RR
PE atedie
Stromala, IV, 4, 15, STAHLIN, p. 255.
Symposion, VII, 3, BONWETSCH, p. 74.
Instr. II, 7, 14, Dowsanr, p. 69.
Vita S. Antonii, c. 47, P.G., t. XXVI, p. 912. In XL martyres, P.G., t. XXXI, p. 508. A Carmen XIV, 10-12 ; cf. 21-24, HARTEL, p. 46. Carmen XV, 198-202, HARTEL, p. 60.
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d e s i v. ETE ? DU MARTYR AU CONFESSEUR | un TT
T9. rome écrit à . Eustochium : Mater tua longo martyrio «coronata. est, Non solum effusio sanguinis in confessione repu- . tatur, sed devotae quoque mentis servitus cotidianum . marlg- .. rium est *, « Ce n'est pas seulement la mort qui fait le martyr, — dit S. Jean Chrysostome, mais aussi la volonté ?. » Et parlant . du sacrifice qui est le martyre: « Vous pouvez vous aussi, — dit-il, si vous le voulez, en offrir un semblable. Faut-il pour cela vous jeter au feu? Il y a un autre feu que vous pouvez — affronter : celui de la pauvreté volontaire, celui de l'austérité. —Mortitic et crucifiez votre corps, et vous aussi vous recevrez a la couronne du martyre ?. » Ailleurs il propose quelques exemds — ples concrets. Ainsi, une mère voit son enfant malade et refuse de lui appliquer des remédes superstitieux. Elle mérite . la couronne du martyre, parce a 'elle a sacrifié son fils par la pensée *. A E -Développant le Viene de l'équivalent du martyre, S. Au- —. gustin choisit un exemple analogue, celui du malade qui refuse 257 de recourir à des sortilèges pour se procurer quelque soülage- A uod Fit martyr in lecto, coronante illo qui pro illo pependit- . in ligno . Et il venait d'affirmer qu'il y a beaucoup de martyrs qui ne quittent pas leur lit : Multi ergo ducünt martyrium in - lecto, prorsus multi 5. I1 met en parallèle le martyr qui meurt pour avoir refusé le sacrifice et le chrétien qui meurt en reboue ceux qui lui offrent la guérison moyennant des pra- tiques de magie *. -Et comparant S. Pierre qui a souffert le ne CIE à $S- Jean qui est mort de mort naturelle, mais a
Wo d PR CNVItI:31, Hnsere, Ii, p. 346. | vi . .? Laudatio S. Eustathii, P.G., t. L, p. 601: éinoÿ nolléxic noóc | cue jusvépav áyánmv, ci VALE BEAT: ó OÜávaroc soiei uóvov àAAd - - wal 5j ngó0scic. - —« -.8 Jn epist. ad Hebr., Hii XI, PGA LXIII, p.-93: Adva- 5 cai xal 95, &£àv 0éAmc, rosadtyv Üvcíav óvayaysiv. Tl ydg, éàv u) Eo ave xadons T0 oua; àAM évépo zv pl Óóvacat * otov T& Tic | nevlac. Tic éxovolov, T@ tfjg Ollyeuc.
4 In epist. ad Coloss., Hom. MIB D.C EXT p. 357: dv — volvur é&yéyxg vàc àAymóóvac Tic xal e yapioT jog, uaotvolov avépavoy - | Bayer Tè maiólov vécer xal edyagiotet v Oeb, voro acf] oTÉ- |qavoc.. máAw ECO oùx énoígos neolanta, Nage aj - Aoyltexa: * xaríüvae yàg vOv. vióv 1j yvóump. |
5 Sermo 286, P.L., t. XXXVIII, p. 1300-1301.
6 Sermo 2i 3, P.L. SE XXXVII, Pe 1439- 40.
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112 MARTYR ET | CONFESSEUR v
cases la continence, il reconnait à tous les der un | mérite DE égal 1.
Les hagiographes Eprpuvent souvent le besoin de faire 4 remarquer que le confesseur dont ils écrivent la vie n'est pas inférieur aux martyrs. S, Athanase le disait déjà à propos de S. Antoine ?. L'idée est longuement développée dans Sulpice Sévére. L'occasion seule a fait défaut à S. Martin, jk et les souffrances qu dl a endurées sont véritablement un 4 martyre non sanglant: sine cruore martyrium. Cette gloire xy ne peut lui être contestée, car il a désiré le martyre, et il : Y n'est pas de supplice qu’il n'eüt enduré avec joie s’il avait vécu sous Néron ou sous Déce. Sed quanquam ista non pertu- — lerit, implevit tamen sine cruore. martgrium. Nam quas ille — pro spe aeternitatis humanorum dolorum non pertulit passiones, fame, vigiliis, nuditate, opprobriis invidorum, inseclalionibus improborum, ieiuniis, cura. pro infirmantibus, sollicitu- |
dine pro periclitantibus ? Quo enim ille dolente non doluit? quo scandalizante non ustus est? quo pereunte non gemuit ? praeler illa cotidiana illius adversum vim humanae spirita- | lisque nequitiae diversa certamina, dum in eo variis. lemp- — tationibus adpetito semper exsuperat fortitudo duri palientia exspectandi, aequanimitas sustinendi 3, :
Dans son éloge métrique de S. Abraham, Sidoine Apollimaire ne peut s'empécher d'évoquer l'image du martyre: .—
Abraham. sanctis merito sociande patronis, Quos libi collegas dicere non trepidem : - «y mE
Nam sic praecedunt ut mox tamen ipse sequare. re Dat partem un DATEI martyrii *.
C'est certainement sous l'influence de ces idées que ái introduisit, à la suite des martyrs, le culte des illustres personnages à qui la gloire du martyre n'était point échue. Les confesseurs . — dela foi ont probablement ouvert la voie ; les ascétes ont Suivi 8 et peu à peu se sont ajoutés ceux que l'éclat des services désignait spécialement à la reconnaissance de I Église. rum |
1 De bono coniugali, 21, POLLO XL-D. 391. ) 5 quara d ? Plus haut, p. 110. As
? Epist, ad Aurelium, 9-13, HALM, p. 143-44.
Epist. VII, 17. LUETJOHANN, M. G., Auct; antiq., st: VIL, p. d ^
ééux qui furent les premiers à participer aux honneurs primitivement rendus aux seuls martyrs, ‘quelques-uns avaient sans doute plus d'un titre à les obtenir. Mais nous sommes trop peu renseignés sur les circonstances, et la raison décisive
qui les fit admettre au rang des héros de la foi nous échappe.
Nous savons fort peu de chose sur la vie de S. Philogone évéque d'Antioche (T 323-24), dont S. Jean Chrysostome nous a laissé un panégyrique. Il est probable qu'il fut inquiété durant les derniéres persécutions. S. Eustathe et S. Méléce (T 381) ses successeurs, durent certainement leur auréole à Ja sentence d'exil dont ils furent frappés. Il faut en dire autant de Paulin de Trèves (1 358), de Denys de Milan (1 359), d'Eusébe de Verceil (f 370), d'Athanase lui-même (f 373). Paul de Constantinople (f 350), qui périt de mort violente, prend plutôt place parmi les martyrs. - ;
Les ascétes dont le culte remonte le plus haut sont S. Hila- rion (T v. 372) et avant lui, semble-t-il, les solitaires de Pa-
-lestine Aurélius d'Anthédon, Alexion de Bethagathon, Alaphion d'Asalea?. Et cette série s'allonge d'une facon ininter-
rompue par les moines de Syrie dont Théodoret a écrit lhis- .
toire, y compris Syméon Stylite (f 459). Les moines de Thecua, massacrés par les Sarrasins furent honorés comme des martyrs ?. |
C'est évidemment par erreur que Grégoire le thaumaturge
(t v. 270) est appelé martyr dans le titre que Rufin transcrit ainsi: Gregorii martyris et episcopi Neocesariensis fides *.
— Rien n'indique qu'il ait été confesseur de la foi et honoré .
"comme tel; il est certainement parmi les simples évéques le plus ancien qui ait été l'objet d'un culte, bien que nous
ignorions comment et à quel moment précis ce culte a com- .
mencé. D'autres grands évéques ont été honorés publiquement à la fin du IVe siècle et au commencement du siècle suivant, notamment $. Basile (T 379), S. Pierre de Sébaste (39055. Ambroise (+ 397), S. Martin (T 397), S.. Delphin de Bordeaux (f vers 404); ces trois derniers sont nommés parmi les saints célébres par Paulin de Nole et mis sur le
1 SozoMENE, Hist. eccl., III, 14, 28.
3 CassiEN, Conlat. VI, 1, PETSCHENIG, p. 153. ? MOMMSEN, p. 955, ;
' SaANCTVS, — 8. .
méme pied que l'illustre martyr Vincent 1. La -plupárs d' entre eux s'étaient fait un nom illustre parmi les ascétes. C' est
sans doute leur vie austère plus encore que la renommée de leurs écrits qui a désigné S. Ephrem (Tf v. 373) et S. Jéróme (1 420) à la vénération des fidèles.
Que les honneurs rendus aux confesseurs ne soient qu'un
prolongement du culte des martyrs, toute l’allure de ces manifestations le montre avec la derniére clarté. De leur
vivant déjà, nous le savons?, les martyrs étaient entourés
de la pieuse vénération des fidéles. Aprés la persécution, les confesseurs, portant encore les glorieuses marques des souffrances endurées pour la foi, furent accablés de témoignages de respect. Les grands ascétes ne pouvaient échapper à de pareilles démonstrations, et ce fut une de leurs épreuves d'étre sans cesse troublés dans leur recueillement par l'indiscrétion de la foule, habile à découvrir les retraites les moins accessibles. S. Antoine essaya en vain de dépister cette pieuse curiosité en s'enfoncant de plus en plus profondément dans le désert*. S. Hilarion s'enfuit dans l'ile de Chypre *. Les solitaires du désert de Syrie se faisaient emmurer ou gagnaient la montagne 5, Ce fut pour échapper aux importunités de ses admirateurs que Syméon Stylite imagina un genre de vie bien fait pour les multiplier et l'on vit bientót accourir au pied de sa colonne des pélerins de tous les pays voisins et du lointain Occident *. L'enthousiasme provoqué par ces virtuoses de la pénitence atteignit parfois, en Syrie surtout, des pro-
* portions incroyables, et on alla jusqu'à leur bâtir des E
de leur vivant.
Le culte normal qui s'établit aprés ]a mort des dee con-
fesseurs consiste, comme lorsqu'il s'agit des martyrs, dans
la célébration de l'anniversaire, l'honneur rendu aux reli-
ques, souvent la construction d'une basilique. Nous avons des attestations trés anciennes pour les fétes.
Si nous interprétons bien le texte hodieque sanctam Pauli .
1 Carmen. XIX, 154, HARTEL, p. 123.
? Voir-nos Origines du culte des martyrs, Dé 13-17.
8 Vita Antonii, 62, 82. .d * S. JÉRÔME, Vita Hilarionis, 34. SM TE 5 THÉOoDonET, Philotheos hist., cc. X1irt, xvtrt, "ics * THÉODORET, Philotheos hist., XXVI.
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