‹ SanctusChapitre 39 sur 64 · SO CT ES CU ETE · texte numérisé non relu

SO CT ES CU ETE

L'évéque du lieu, quelque évéque voisin invité pour la .

circonstance ou un membre du clergé renommé pour son éloquence, prend la parole et prononce le panégyrique du saint. Dans certaines églises, on lit les Actes du martyr, plus tard ses miracles 1.

Il faudrait même ajouter qu'en certains pays, il fut un

temps où le repas, pris dans le voisinage des tombeaux des martyrs, passa pour une sorté de complément obligé des cérémonies. Pan

Enfin, les fidèles invoquent la protection du saint, et recourent, en cas de besoin, à son intercession ?.

Telle est la série des actes les plus importants par lesquels on honore les martyrs et les saints dans l'Église. Tous ne sont pas indispensables pour constituer le culte, et s'il fallait, à : propos de chaque saint, en constater l’ensemble par des arguments historiques, bien peu de saints de l'antiquité sortiraient de cette épreuve.

Le seul élément vraiment essentiel, c'est la célébration de l'anniversaire par la communauté, en d'autres termes, l'insti- . tution de la fête, quels qu'en soient d'ailleurs le programme et l'appareil. Ainsi, il serait aisé de citer des saints trés authentiques, dont les précieux restes, jetés aux quatre vents du ciel

1 Anal. Boll, t. XLIII, p. 17.

? Les Origines du culte des martyrs, pp. 52-59, 120-68. On ne

trouve guére dans les anciens textes le tableau complet des manifestations du culte. L'Oratio ad Sanctum Coetum, xir, décrit ainsi .les honneurs rendus aux martyrs : "Yuvot 07 uevà va$va xai vaithgia xai edpnular xal nodc rÓv mávrov énôntmr énawoc. Kai Touaëtr Tic edyaorotias Ovoia Toig àvôgdou ânoteleitar, Gyr uëv aîuatoc dyvn Oë ‘néons Diac, od08 ur Gouÿ Auávov émanobeirar o$ó8 HVOxaïd, xaÜüagàóv ó pc Écov &apxéca: voic eüyouévoic ngóc. &xAauyw, cœopooréotata óà noAÀÓv xal xà ovunéoia noôc Eleov xai àváxtnciw - TÜ» Ótouévov szoioóusva xal nos fow0siav T&y éxnccóvr ow. HEI- KEL, p. 171. Théodoret, Graec. aff. curatio, VIH, compare au culte des dieux celui que les chrétiens rendent aux martyrs. Les temples sont remplacés par les vóv uaovópov c5xot, et au lieu du dévergondage des fêtes pa'enaes, eópgorsc éoprá£ovrat vavmyóosuc, où ué0nv Éyovcat xal xàuor xal yélwra, àAM duvovc Oelovc xai ieodv Aoy(ov àxopóaciv xal noovevyÿv áfuenaívoitc xocuovuévg» Óaxoóo. RAEDER, p. 219. Une intéressante description de la féte de Ste Thécle, telle qu'elle se célébrait à Séleucie au Ve siècle nous a été conservée par S. Basile : de Séleucie, Miracula S. Theclae, XVI, P.G., t. LXXXV, p. 596. Cf. Anal. Boll, t. XLIII, p. 56-57.

n d rus "NNUS ER,

LÉ cULTE -— 135

par un persécuteur impitoyable, n'ont jamais reposé sous le toit d'une basilique si modeste qu'on la suppose ; des saints dont on ne cite point de panégyrique et dontles Actes n'ont

: pas été écrits par des contemporains. Mais ils avaient leur féte . » pieusement gardée par les fidèles. Supposez que la fête n'ait -

point existé, tous les autres indices de culte que l'on voudrait relever sont illusoires. ;

Il ya TEN maniéres d'établir l'existence du culte d'un saint. Ou bien on apportera des témoignages qui le constatent directement ; ou bien il faudra y arriver par voie de déduction et recourir à certains indices, qui sont, dans l'espéce, les diverses manifestations énumérées plus haut.

La preuve directe manque le plus souvent ; elle ne manque pas toujours. Aprés la mort de S. Polycarpe, l'Église de Smyrne annonce elle-méme son intention de solenniser le jour du

martyre de son évêque: émiwreAeiv Ty vo6 uaotvoiov aètoÿ -

ju£ga» ysvé0Awv*. De même, l'attestation de S. Cyprien au sujet des martyrs Célérina, Laurentius et Egnatius ne peut laisser place à aucun doute ?. On voit par ce dernier exemple que la cértitude en ces matiéres n'est pas nécessairement corrélative à-la célébrité du culte à travers les âges et que la mémoire de plus d'un glorieux martyr a été hine ment négligée.

Il est indispensable de ne pas perdre de vue que la liste des saints des premiers siècles comprend deux grandes catégories : ceux dont le culte a été pratiqué par la génération contemporaine et ceux que l'on a commencé à honorer lorsque les premiers témoins avaient disparu.

La distinction est capitale. Dans le premier cas, les seuls juges qualifiés se sont prononcés, et pour nous leur jugement

est sans appel. Dés qu'il est constant qu'une église a offi-

ciellement inscrit dans ses fastes un homme illustre dont elle

‘a pu apprécier les mérites, nous devons conclure qu'il avait .

- un droit fondé à cet honneur. Ceux que la procédure régulière

a gratifiés du titre de saint, possédent ce titre au sens strict.

— Dans d'autres circonstances le jugement normal a fait {

.* Martyrium Polycarpi, 18.

Page 1