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Epist. XXXIX, HARTEL, p

pre

126 LE quic NT ET reni.

défaut, et il s'est créé des cultes artificiels à l’ Rae desquels à l'Église a de bonne heure exprimé ses défiances !.

Rappelons, à propos d'une série de cas particuliers, les prohibitions du IIIe concile de Carthage:. Quae per somnia et. per inanes quasi revelationes quorumlibet hominum ubique — constituuntur altaria omnimode reprobantur?. S. Shenouti; ^ le grand moine égyptien, s'élevait énergiquement contre ceux qui disent : « Des martyrs nous sont apparus et nous ont dit NE . que leurs os sont enterrés en tel endroit». Les inventions

TES de reliques à la suite d'une apparition céleste étaient jugées suspectes. Outre qu'elles rappelaient des incidents assez fréquents dans l'histoire du paganisme, on comprenait à mer- 4 veille le danger de s'écarter de la tradition dans des matières — aussi délicates ?. = HA

La célébration de la fête à une époque relativement reculée — est une présomption en faveur de l'institution régulière. Plus — E. on se rapproche de l'éére dés persécutions, moins on a de i raisons de redouter les effets d'un zéle surexcité par une prati- Be que partout répandue et exposée à tóus les écarts d'une pieuse — .. émulation. C'est vers la fin du IVe siècle que l'on voit poindre x les premiers sÿmptômes inquiétants et surgir des cultes dépourvus d'attaches traditionnelles. Mais ce sont des cas isolés, et l'on aurait tort d'ériger l'exception en régle commune.

La pieuse Échéria (Silvia), en arrivant à Harran en Mésopotamie, y trouva assemblée la foule des moines du pays — Eu accourus pour honorer le martyr S. Helpidius: c'était pré- — PEE cisément la vigile de sa fête. Hoc autem nobis satis gratum — É evenit ut pridie martyrium die ibi veniremus id est sancti ipsius e MR Helpidii nono k. maias ^. Le martyr Helpidius n'est connu is que par ce texte. Le concours de peuple dans l'église in qua à a positum est corpus ipsius sancti martyris est. un précieux in- ; : "dice. Rien ne nous autorise à suspecter l'origine du culte —

m LAS t *

Mas d -

n EN E 1 Pour éviter tout malentendu, on voudra bien remarquer qu’en : FRE parlant de cultes créés artificiellement, nous ne prétendons pas que l’on se soit partout et toujours trompé sur leur objet. Que le danger d'erreur existe dans ce cas et qu'il y ait lieu d'établir ici une catégorie à part, l'histoire le prouve surabondamment.

? MANSI, Concilia, t. III, p. 971. Cf. HEFELE, Conciliengeschichte 2e Aufl. p. 84.

3 Sur tout ceci voir Les origines du culte des martyrs, p. 82-108.

* GEYER, Îtinera Hierosolymitana, p. 65. N i rai

+ E edu à s. "Helpidfus, Nous pouvons le tenir pour un martyr

at A authentique de Harran, honoré comme tel, dés le principe,

avec l'approbation de l'autorité ecclésiastique.

Toutes les réunions solennelles à l'occasion d'un anniversaire ne sont pas nécessairement des fétes dé saints. Cassien, visitant le monastére de l'abbé Paul, y trouva une multitude de moines venus pour commémorer la depositio de l'abbé précédent: in honorem solemnitatis | quae idem temporis agebatur infinita de aliis quoque coenobiis monachorum turba confluxerat: nam prioris abbatis qui eidem coenobio praefuerat

. anniversaria depositio sollemniter cürabatur *. 11 faudrait

connaître les détails de la cérémonie qui eut lieu ce jour-là pour décider si elle avait les allures d'une panégyrie plutót qu'un caractére purement funéraire. C'est plutót à la seconde explication que nous croyons devoir recourir. S'il s'agissait de solenniser la féte d'un saint, son nom aurait été cité. C'est la fonction que l'on entendait honorer plutót que la . personne. Il est probable que les chefs des grands monastéres donnaient un certain éclat à la commémoraison de leur prédécesseur, comme les papes le font encore aujourd’ hui.

. On sait que primitivement la célébration des commémoraisons des saints avait un caractère strictement local, et que la communication des fétes d'une église à l'autre marque un développement dans la pratique du culte. De là un moyen

certain de se renseigner sur les fétes: il suffit de consulter

les calendriers ou martyrologes des églises particuliéres. Et

c’est au martyrologe qu'ont recours, instinctivement, tous

ceux qui se livrent aux recherches de ce genre, sans sé deman-

der toujours dans qucd conditions elles peuvent aboutir

à un résultat satisfaisant.

On ne saurait trop redire qu'il y a (dex grandes classes - de martyrologes : les martyrologes locaux et les martyrologes généraux.

Les premiers donnent la liste des fétes d'une église déterminée ou d'un. groupement ecclésiastique restreint. Nous en avons des. exemples bien connus dans le férial romain du chro-

1 Conlat. XIX, 1, 1, PETSGHENIG, p. 534.

i98 ib ope. v os TM

nographe de 354 1, dans le calendrier gothique, dont un han ment s'est conservé avec les restes de la Bible d'Ulfilas ?,

dans le calendrier de Carthage publié par Mabillon *, dans T. calendrier de l'Église de Tours inséré par Grégoire dans son Historia Francorum *, dans le calendrier d'Oxyrhynque pour l'année 535-536 5.

Les martyrologes généraux résultent de la combinaison de plusieurs martyrologes locaux, sans compter d’autres éléments qui peuvent entrer dans leur composition. Le territoire qu'ils embrassent peut être plus ou moins étendu : une province, un pays, une moitié d'empire, le monde chrétien tout entier. Le martyrologe oriental que représente le Breviärium syriacum de Wright * et dont l'hiéronymien est tributaire, est un martyrologe général. L'hiéronymien est un martyrologe universel, ou peu s'en faut. Les grands martyrologes appelés historiques de Béde, d'Adon, d' Usuard p à la méme catégorie.

I] est de toute évidence que le fait de l'inscription d'un saint au férial officiel d'une église dispense de toute recherche. Mais combien rare est la bonne fortune qui nous met en mains un témoignage aussi direct! Les exemples que nous avons cités de martyrologes spéciaux épuisent la liste des documents:

de ce genre que l'antiquité chrétienne nous a légués, et encore

ne nous sont-ils pas parvenus dans un état de conservation . parfaite, loin. de là.

Il est vrai que des catalogues locaux doivent avoir été utilises dans les compilations qui sont les martyrologes généraux. Mais il faut savoir les reconnaître, et rien n'est moins aisé. On sait en effet qu'il ne nous est probablement parvenu aucun martyrologe composé exclusivement de calendriers spéciaux. Le plus important de tous, l'hiéronymien,

1 MOMMSEN, Chronica minora, t. I, p. 70-72. Aussi nis Act, SS., Nov. t. II, p. [xrvii]-[xrix]. Te 2 P.L. t. XVIII, p. 877. Voir H. AcHezis, Der älteste deutsche Kalender dans Zeitschrift für die neutestamentliche Wissenschaft,

t. 1 (1900), p. 308-350. Cf. Anal. Boll., t. X X, p. 214-15.

* Vetera Analecta, t. III (1682), p. 398. Aussi, Acta SS., Nov. t. IL p. [Lxx].

* Hist. Franc., 1. X, c. 31.

5 Anal. Boil., t. XLII, p. 83-99. e

$ Dans Act. SS., Nov. t. II, p. [L1r]-[zxv]. :

e porte la trace de multiples emprunts à des sources littéraires.

^. Voici un exemple frappant des conséquences qu'entraine ce mélange. Une des sources de l'hiéronymien, le martyrologe oriental, mentionnait au 18 novembre, & "Avrioyeía ‘Pœouavo®,

l'hiéronymien porte de méme: Zn Antiochia Romani. Qui -

nous dira si cette annonce provient du férial d'Antioche plutôt que du livre d'Eusébe, Les Martyrs de Palestine ?, que la compilation a certainement exploité? Dans le premier cas, le seul fait de l'inscription suffirait à établir l'existence du culte. Dans le second, le témoignage n'est pas distinct de celui d'Eusébe. On est alors ramené à discuter le texte de cet historien, comme il faut discuter les autres sources du martyrologe. Dans beaucoup.de cas on en tirera simplement la preuve du martyre. Celle du culte resterait à faire.

Autre exemple. Au 12 mars, l'hiéronymien annonce un Métrodore. Si l'on prouvait que ce nom provient d'un calendrier officiel, il faudrait dire que ce personnage était honoré

.dans l'Église de Smyrne. Mais il n'en est rien. Le compila-

teur a pris ce nom, à la volée, dans la Passio Pionii *. S'il l'avait lue attentivement, il se serait aperçu que Métrodore est un martyr Marcionite qui n’a certainement pas eté célébré dans les mêmes églises que Pionius.

Bien entendu, le témoignage des sources littéraires n’est pas nécessairement sans valeur. Le plus célèbre de nos anniver- - saires, celui de S. Polycarpe, au 23 février, est dans tous nos martyrologes, tributaire de la Passion du saint, et non d'un calendrier. La date, qui fait depuis longtemps partie intégrante du Martyrium Polycarpi, représente l'antique usage de l'Église de Smyrne?. L'emprunt direct au férial de cette église n'aurait point modifié le résultat. Mais il n'est pas indifférent d’être éclairé sur la nature et la portée du témoignage.

Le cas des solitaires de Syrie, dont la commémoraison est -

inscrite dans les synaxaires grecs — l'équivalent de nos martyrologes historiques — fera mieux comprendre la nécessité de se renseigner trés exactement sur les provenances. Ces

1 De mart. Palaest., II, 1.

2 Passio Pionii, 21, 4. | '3 Voir E. ScHWARTZ, Christliche und jüdische Ostertafeln, dans Abhandlungen der Kón. Gesellschaft der Wissenscha]ten zu Góttingen, N. F., t. VIII, 6 (1905), p. 129.

SANCTVS. — 9.

hp P

130 LE QUDTÉ 000000

grands ascétes dont Théodoret a raconté la vie extraordinaire, — |

ont été, pour la plupart, honorés comme saints dans leur pays. Quelques-uns des récits de l'historien l'attestent formellement, d'autres le donnent à entendre. Mais la date de la mort, et par conséquent de l'anniversaire n'est jamais indiquée. La lecture des synaxaires laisse d'abord l'impression que les compilateurs de ces livres disposaient de do-

cuments liturgiques permettant de suppléer au silence de - Théodoret. Car chacun de ces saints est mentionné à une date

déterminée, qui est sans doute celle de sa fête.

I] n'en est rien. En examinant la suite de ces commémoraisons, on voit qu'elles se succédent, à partir du 13 janvier jusqu'au 1 mars, dans l'ordre méme des chapitres de Théo-

doret. Une seule exception est faite, pour S. Syméon Stylite,

dont la date est le 1 septembre. Le procédé du synaxariste se laisse surprendre aisément. Il a transporté en bloc, dans

la compilation, tout le livre de Théodoret, sans déranger

l'ordre des notices. Il les a simplement distribuées entre les dates moins encombrées des mois de janvier et de février,

de maniére à obtenir un certain équilibre dans ]a composition des jours. Les dates ne sont donc nullement traditionnelles ?. C'est au caprice d'un compilateur et à un procédé simpliste que nous les devons ?. I] est facile de voir pourquoi S. Syméon Stylite, qui, d'aprés la méthode adoptée, aurait dü figurer au

25 ou au 26 février, a été exclu de la série. Son culte était

universellement répandu et son nom avait été rencontré déjà au 1 septembre, date de sa féte dans l'Eglise grecque *.

! La premiére notice de Théodoret est celle de S. Jacques de Nisibe. Le synaxariste l'a résumée au 13 janvier. Nous nous sommes demandé si cette date-là n'aurait pas été fournie par la tradition ; les autres auraient suivi en vertu du procédé. Mais il n'en est pas ainsi. Les calendriers orientaux mentionnent Jacques de Nisibe au 5 et au 10 avril, au 13 et au 14 mai, au 15 juillet, au 14 et au 28

aoüt, jamais en janvier. Voir les textes publiés par F. Nav, dans -

Patrologia Orientalis, t. X, p. 1. Mon collègue le P. P. Peeters me fait remarquer que le mois de janvier est exclu par le fait que S. Jacques mourut durant le siége de Nisibe par les Perses, donc, durant l'été, suivant la coutume de ces peuples.

? Nous avons traité cette question dans Anal. BolL, ic XIV,

. ? Sur la date véritable de la mort du saint, voir nos Saints Stylites, s

p. x-xv.

Il peut être intéressant de faire remarquer que la plupart

des saints personnages dont S. Grégoire a raconté l'histoire dans ses Dialogues sont entrés dans le Martyrologe Romain exactement de la même manière que les ascètes de Théodoret, par la grâce des rédacteurs qui en ont enrichi le texte d'Usuard.

Nous venons de citer les synaxaires grecs. Aucun genre de

compilation ne fait mieux comprendre la portée des éléments divers que l'on peut discerner dans un martyrologe. Ouvrons le Synaxaire de Constantinople, à n'importe quelle date, par exemple au 9 janvier. Voici comment ce jour est composé.

1. Mémoire de S. Polyeucte. Résumé de la Passion de ce martyr, se terminant par cette phrase: TeAeirat Ôè fj a$vo0 cóva£i à» và dywováro avo uapvvpsio.

2. Mémoire de S. Marcien, prétre et économe de la Grande Église. Résumé de sa vie, avec la conclusion : Teleïrau Ó£ ?j aë-

voU cóva£ig év v noopnrel® vot dylov roogrov xpodoouov

xal Bantiuoroô "Icávvov, tQ Óvvi Anctor tíjc xwotéovns Mowxnclac à» voig AavujA.-

3. Mémoire du grand temblement de terre qui eut lieu au commencement du régne de l'empereur Basile.

4. Mémoire du prophéte Achias. Notice empruntée aux Vies des prophètes attribuées à S. Épiphane. eet

5. Mémoire de S. Eustrate le thaumaturge. Résumé de la Vie du saint?. .

Il faut remarquer ici les deux catégories de notices : celles qui sont accompagnées de la formule: Teleita ó8 1j adtToÿ oévaëuc et celles qui en sont dépourvues. Cet énoncé, toujours d'une remarquable précision, est certainement emprunté au calendrier local de Constantinople: c'est une attestation

de culte aussi formelle qu'on peut la désirer. Peu importe

Ja source du résumé historique qui précéde. On sait, à n'en pouvoir douter, que la féte du saint se célébrait, à la date indiquée, dans une église de la ville impériale.

Il suit de là que les articles dépourvus de ce complément ne représentent que de simples commémoraisons. Cela est évident pour les mentions de temblements de terre et d'autres événements qui reviennent à certaines dates. Cela n'est pas

1 Synax. Eccl. CP., p. 379-82.

132 Fe LE CULTE.

moins vrai pour les personuabes que le martyrologe spécial de Constantinople ne mentionnait pas, et dont les compilateurs ont cru pouvoir enrichir le recueil. Les notices historiques de ces saints qui n'étaient pas honorés à Byzance sont empruntées le plus souvent à des ménologes, mais parfois aussi à d'autres sources. Ces mêmes saints avaient peut-être leur féte gardée dans quelque coin de l'Empire. Mais la preuve reste à faire, et la simple inscription au synaxaire ne suffit pas.

Dans nos martyrologes latins nous ne sommes pas avertis par le formulaire de la valeur inégale des annonces. Le discernement des simples commémoraisons qui n’entraînent point le culte, d'avec les fétes véritables, lorsqu'il ne se fait point par l'usage, doit étre opéré scientifiquement.

Dans les martyrologes anciens les commémoraisons d’é-

véques méritent une attention spéciale. Certaines églises y fi- -

gurent avec des listes épiscopales considérables? et l'on est

- étonné de voir un si grand nombre de prélats, dont la plupart -

n'ont pas laissé un renom spécial de sainteté, côtoyer les martyrs et les saints les plus illustres. On devine aussitót que ce mélange s'explique par les éléments hétérogénes qui sont entrés dans la composition des martyrologes généraux.

Les anniversaires célébrés dans les églises particuliéres étaient principalement de deux sortes : ceux des martyrs et ceux des évêques. Sozomène le constate à propos de la réunion, par Julien, des deux villes de Gaza et de Maiuma. Politiquement unies, les deux cités voisines continuérent à étre séparées au point de vue ecclésiastique. Chacune avait son évéque et son clergé, et célébrait entre les fétes de ses martyrs les commémoraisons de ses pasteurs: xai marmydoeis uaprópov — xal

uvelas vóv map abóroig ysvouévow ispéov ?, A Rome, ces

deux groupes d'anniversaires étaient répartis en deux calendriers distincts : la Deposilio martyrum, la Depositio episcoporum.

Cette séparation souligne la différence que met Sozoméne

entre la fête du martyr, zav/jyvoic, et la mémoire uvela de l'évé--

que. Aux martyrs sont réservés tous les honneurs du culte ;

! Voir par exemple Act. SS., Nov. t. Ii, pb. [xtr-xru], [rxx]. ? His. EccL, V, 3.

hj

2 ^ * CRT UIROS:

à Fe"

sur leur tombeau s'élève une basilique, les fidèles se rassemblent en foule pour fêter le jour de leur entrée dans la gloire. Dans la commémoraison liturgique, ils ont une place à part en compagnie des patriarches, des prophètes et des apôtres. . De tous ceux-là les fidèles imploraient l’intercession pour que Dieu recüt favorablement leurs prières. Au second rang venaient, avec les saints pères, les évêques et en général les défunts, et pour eux on'offrait des prières qui devaient être profitables à leurs âmes. Ainsi parle S. Cyrille de Jérusalem *. Les marques spéciales de vénération toujours prodiguées aux martyrs furent parfois étendues à des évéques dans des cas exceptionnels, lorsqu'ils s'étaient particuliérement illustrés dans leurs luttes pour la foi orthodoxe. Mais elles n'étaient point accordées à tous, alors que tous néanmoins en régle générale, étaient inscrits sur les fastes de leur Église. Car il fallait pour en être exclu,étre.renié par la communauté ; pour y étre admis, il suffisait de n'avoir pas gravement démérité. . * | Cet ensemble de circonstances et ce fait que les évéques martyrs ne figuraient pas dans la Depositio episcoporum romaine nous autorise à penser qu'il y avait une différence de rite entre les deux genres d'anniversaires, que la Depositio martyrum et la Depositio episcoporum comporte une distinction analogue à celle que nous mettons de nos jours entre

le martyrologe et l'obituaire. Les évêques défunts prenaient

place dans le calendrier au méme titre que dans l'Ordo divini officii de nos cathédrales. Impossible pour nous de confondre, - avec les saints dont on fait l'office, les évêques ou autres dignitaires dont l'obit est marqué au calendrier du diocése. De méme, dans l'antiquité, chaque église se retrouvait sans peine dans son martyrologe. A Carthage, où la double Depositio était fondue en une seule, peut-étre dés le principe, on n'hési-

1 Catech. XXIII, .9 : Eíva pynuovetouer xal vOv ngoxexoutuévov, zo ov macguagy v, apog15tóv, àzoaróAov, nagtógov * üncogc ó Oeùc taïc edyais aüvóv xal noeobelas nooodéEnrar uv v)v Óégocu. Eira xal née T@v nooxexoummuévor dyíov azatéígov xoi ÉMOXOÔTEY

| xal mávrov ánzAóc vóv àv uiv npoxexotumuévov * ueylotnv ovnouv motedorrec éceoôar vais yuyatc, ónàp Ówv 7) ÓÉmoic dvapéçoetau, Ts dylac xal pguxoócorátgc ngoxeuuérnc Ovolas. P. G., t. XXXI II, !p.oii16,7 —- |

LE tte | 133 |

134 LE CULTE Sad

tait point sans doute, sur. le degré is solennité des diverses |

commémoraisons. La pratique quotidienne DER à l'in- ^

suffisance de la rédaction.

Entre les mains d'un étranger, une idus aussi essen-

tielle devenait difficile à constater, surtout lorsque les formules . NM.

étaient réduites à leur plus simple expression, comme dans les

martyrologes antiques, dans la double Depositio romaine

notamment, où la date est suivie du nom et du lieu de la déposition : VI kal. ianuarias Dionisi in Callisti pour les évéques, XII kal.feb. Agnetis in Nomentana pour les martyrs. Le temps aussi effaca les marques distinctives, etla confusion de l'« obituaire » et du « martyrologe» devint presque iné-

vitable. Une fois mélangés dans les martyrologes généraux avecles martyrs et les saints qui leur étaient assimilés, les”

noms des évêques devenaient des noms de saints.

Ce qui se passa pour la liste des premiers évêques de plus.

d'une église se renouvela pour d'autres mentions du méme ordre, et l'on peut dire que tels personnages pieux, qui eurent la bonne fortune d'avoir leur anniversaire marqué au calendrier de leur église, furent redevables au voisinage des

martyrs ‘d’une canonisation sommaire. La mention des empereurs et des membres de la famille impériale que l’on relève

dans les synaxaires grecs n'a pas d'autre portée! et c'est sans doute grâce à la confusion del'obituaire et du martyrologe que le nombre des saints irlandais dépasse si notablement les limites ordinaires. I] ne sera pas inopportun d'attirer

l'attention sur les inconvénients du système suivi dans cer-

tains martyrologes ou ménologes d'ordres religieux et contre lequel Bollandus, dès le principe, protesta vivement. Il constatait que les auteurs de ces compilations mettaient sur le méme pied les bienheureux dont le culte était autorisé par

l'Église, et ceux qui simplement étaient morts en odeur de

sainteté. I] était d'avis que ces derniers ne gagnaient rien

à cette promiscuité alors que les saints perdaient à étre placés au méme niveau qu'eux *. Nous ne voulons pas contester la justesse de ce point de vue. Mais, si l’on essayait de préciser, d'aprés des statistiques — ce que ne pouvait faire Bollandus

1 Synaæ. eccl. CP., p. Lxxv.

A ACERSS., Ian?t. T , praefatio generalis, p. Lir ; Febr. & E praefatio, p. xxr-xximn.

UA ut m

D ? ES LE QULTE ; 135 | pour des publications alors récentes — les résultats de cette sorte de nivellement, on arriverait peut-étre à conclure que les saints n'y ont rien perdu et que leurs voisins y ont souvent

gagné. Il est à peine besoin de faire remarquer que le program-

me des compilations qui promettent une ou plusieurs notices pour chaque jour de l'année incline les auteurs à se montrer .accueillants et plus discrets qu'il ne faudrait dans-la vérification des titres. Il est toujours prudent de les contrôler. .

Parmi les formes de la dévotion aux martyrs dont l'anti- quité nous a légué le souvenir, il en est une qui cadre bien mal

avec nos sentiments et nos habitudes, et qui d'ailleurs n'eut.

qu’une vogue éphémère. Les graffiti désormais fameux ré-

-cemment découverts au troisième mille de la voie Appienne .

'ont à nouveau attiré l'attention sur la pratique du refrigerium auprés de la tombe des martyrs. Ces inscriptions sont considérées par tout le monde comme des monuments d'un culte trés intense rendu, ad Catacumbas, aux princes des apôtres |. .En voici quelques échantillons.

- PETRO ET PAVLO TOMIVS COELIVS REFRIGERIVM FECI

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