PETE PRO PARENTES TVOS
ET PETE PRO CELSINIANV COIVGEM # EXVPERANTIA IN PACE PETAS PRO NOBIS FELIX 5
GENTIANVS FIDELIS IN PACE QVI VIXIT ANNIS XXI MENSIBVS VII DIEBVS XVI ET IN ORATIONIS TVIS ROGES PRO NOBIS ^ QVIA SCIMVS TE IN CHRISTO 5 i ‘Poun évôdde xeivav* airion ‘Poun née vóv víxvow cov
xai roO 40006 ?
Grégoire de Nazianze invoque son père et sa mère Nonna 5. S. Jérôme écrit, en parlant de Blésilla, qui vient de mourir : Pro te dominum rogat, mihique, ut de eius mente securus sum, veniam impetrat peccatorum ?. I] se recommande aux priéres de Paula : Vale, Paula, et cultoris tui ultimam senectutem orationibus iuva ®. Damase termine par ces mots l'inscription qu'il fit placer sur le tombeau de sa sœur Irène :
NVNG VENIENTE DEO NOSTRI REMINISCERE VIRGO VT TVA PER DOMINVM PRAESTET MIHI FACVLA LVMEN
Il faut donc, avant de se décider sur la portée d'une prière, reconnaitre la voix qui la prononce. Cela n'est pas toujours difficile, et l'on n'hésitera pas lorsque les invocations sont
.i Cf. Les origines du culte des martyrs, p. 123. Per ? Dx Rossi, Bullettino, 1892, p. 114. Cf. J. P.Krnsca, Die Meo 2 mationen und Gebete der altchristlichen Grabschriften, p. 95-61.
3 PERRET, Catacombes, t. V, pl. xxxrir, 8.
^ Q. ManvuccHr,, 1 monumenti del museo cristiano Pio- Lateranense, tlavirim2d- | : )
5 Bosro, Roma sotteranea, p. 214. NIA -
S MARUGGHISUTG AVI eo
7 WILPERT, Beiirdge zur christlichen ATchon Dore, IV, dans Romische Quartalschrift, X. XX (1906), p. 26.
8 Oratio funebris in patrem, 4, P.G., t. XXXV, p. 989 ; Epitaphia, LXXXLD PG. t XXX WVLDDIp59:
? Epist. XXXIX, PI XXII, p' 4720
19 Epist. CVIII, 33, HizBERG, t. II, p. 350,
multipliées. Dans celles qui, par centaines, couvrent les murs du sanctuaire apostolique ad Catacumbas personne ne s'avisera de voir autre chose que l’expression d’un culte public rendu aux apôtres Pierre et Paul !, ;
Les inscriptions volives ne sont pas nécessairement l'expression d'un culte public. Elles peuvent étre un témoignage de la reconnaissance d'un fidéle qui se croit redevable à l'intercession d'un défunt d'une grâce importante. Il n'est pas
certain que I inscription d Aurélius n'appartient pas à cette catégorie :
DEPOSVIT CORPVS TVMVLO SED LAVDE PERENNIS - AVRELIVS PENETRANS REGNA BEATA POLI QVI 'MORTEM VICIT MERITIS MVNDVMQVE . RELINQVENS IMMENSVM CHRISTI POSSIDET IMPERIVM CVIVS VT AGNOSCAS SANCTAE.PRAECONIA VITAE CONSORTIS LECTOR RESPICE FATA VIRI AMBO PARI LVCIS CLAVSERVNT TEMPORE METAM MEMBRAQVE DIONYSIO IVNXIT AMICA PAPAE PROMPTA SACERDOTIS LACRYMAS MENS IVVIT ORANTIS HANC IDEO TABVLAM OBTVLIT EVSEBIA AVRELIVS CIVITATIS RIDITIONIS EPISCOPVS | HAG DIE POSITVS QVO ETIAM PONTIFEX SANCTVS CONFESSORQVE DIONYSIVS POST CONSOL(ATVM) DOMNI N(OSTRI) DIVI LEONIS IVNIORIS? —
On le voit, ce n'est pas ]à un texte officiel. Nous avons affaire à un acte de dévotion privée. Il est trés possible que . lex-voto d'Eusébie, qui est en méme temps l'épitaphe de l'évêque, ait été le premier. d'une série, que d'autres fidéles aient partagé la confiance de la pieuse femme et que peu à . peu le culte publie d' Aurélius se soit ainsi établi. Une chose est certaine : lorsque l'on songea à écrire la Vie du saint, on n'avait pas d'autre document que l'inscription, et on avait cessé de la comprendre *. 8
L'invocation d'un saint dans les litanies est-il un acte de cube public? Évidemment s'il s'agit d'une prière liturgique,
1 p. Srvcer, Il monumento apostolico della Via Appia p. 58-82, 2 CIL. V. 61833 ; Act. SS., Nov. t. IV, p. 129, 3 Act. SS., Nov. t. IV, p. 128-42.
et le travail du critique consistera à démontrer que le texte SA
appartient à cette catégorie. Dans son édition des vieilles LS
litanies irlandaises, M. Ch. Plummer n'est pas éloigné de penser que celles-ci sont toutes le produit de la dévotion privée. Aucune indication, dit-il, ne donne à croire qu'elles aient servi au culte public ou qu'elles aient eu cette destination !, et il note que dans huit sur.treize de ces piéces, les demandes sont formulées à la première personne du singulier. Il est vrai, comme il l'indique lui-même, que ce dernier argument n'est
pas tout à fait décisif. Le bréviaire mozarabe contient une
litanie formulée au singulier : Domine exaudi et salva et libera me ?, et on pourrait citer bien d'autres textes liturgiques oü le
peuple prie au singulier. Le grand critère sera donc ici la
provenance ; lecaractére public ou privé des litanies sera déterminé par celui du livre d'oü elles sont extraites.
Le panéqyrique d'un saint, prononcé le jour de sa fête, nous ramène à l'argument tiré de la féteelle-méme, en tenant compte des indices que fournit la personnalité de l'orateur. Les homélies de S. Jean Chrysostome en l'honneur des martyrs constituent une attestation capitale pour la reconstitution du calendrier d'Antioche à la fin du IVe siècle, et l'œuvre
oratoire de plus d'un père de l'Église renferme des males E
riaux dela méme qualité. 1 Toutefois, il ne faut point se hâter de couvrir de l'autorité
du panégyriste, quelque illustre qu'il soit, tout ce qu'avec
plus ou moins de discernement il aura emprunté à ses sources.
L'étrange morceau d'éloquence où S. Grégoire de Nazianze mêle à l’histoire du grand Cyprien de Carthage les fables -
qui dés lors avaient cours sur un homonyme d'Antioche, ne
ww !
1 Jrish Litanies, dans Henry Bradshaw Society, t. LXII (1924),
p. xv. Voir aussi E. Bisnop, Liturgica historica (Oxford, 1918), p. 137-64. A noter un curieux texte de Morawvs, Indiculus sanctorum Belgii (Lovanii, 1573), p. 35, à propos de S. Gerlac : « Com-
memoratio eius fit in vigilia Epiphaniae Domini, sed quia non est-canonizatus, missae sacrificium est de Aeterna Sapientia: et dum.
Litaniae canuntur, quando ad eum venitur, submissa voce dicitur : Sancte Gerlace ora pro nobis.» Voir encore SERARIUS, Litaneutici
seu de litaniis libri duo, dans Opuscula theologica, t. III LORS
C PXLGCLXXXWVI, p; 59:
pde Cyprien le Mage 1.
. Maisil est un autre écueil de la littérature des panégyriques - contre lequel il convient de se mettre en garde. Tous les dis- | cours prononcés par des évêques à la louange de quelque pieux chrétien ne rentrent pas dans la catégorie des panégyriques,
et, partant, ne sont point nécessairement des monuments d'un
culte établi. Les pères de l'Église ont prononcé nombre d'éloges qui se classent rigoureusement parmi les oraisons funébres. Citons les discours de S. Grégoire de Naziance sur son frére Césaire et.sur sa sœur Gorgonia, celui de de S. Ambroise sur son frére Satyre. Il parait difficile d'accepter que ces illustres prélats aient voulu assimiler les membres de leur famille aux martyrs que l'Église comblait d'honneurs. D'ailleurs, la structure et le style de ces éloges sont généralement en conformité: avec les règles de l'oraison funébre telles que les ont tracées les rhéteurs de l'antiquité ?.
. Il faut avouer pourtant qu'en cette matière des nuances importantes nous échappent. Rappelons le discours de 5. Grégoire de Nysse sur S. Basile: 'Exwvágtog Aóyoc tig Tor ióiov dósAqOv» vOv uéyav BacíAswv?. Ce titre qu'il a gardé dans les manuscrits, le fait que l'orateur prononce l'éloge de son propre frére sembleraient ne laisser aucun doute sur le caractère propre de ce morceau d'éloquence, et nous n'hésiterions pas, avant tout examen, à le qualifier d'oraison funébre. Pourtant le discours a été prononcé non à l'occasion
d'un obit ou d'une commémoraison funéraire mais dans une .
E panégyrie, le jour de la fête qui se célébrait dés lors en l’honneur de 5. Basile *.
"A En dirons-nous autant des RUES de Césaire et de Gorgonia ?
E Ct. Cyprien MA I roche et Cyprien de Carthage, dans Anal. Boll., REX SN IX pr 31432.
2 Sur les oraisons funèbres de S. Grégoire de Nazianze, voir 5o Hünrnu, De Gregorii Nazianzeni orationibus funebribus, Dissertationes
i phi lologicae. Argentoratenses, t. XII,1,1907 ; sur celles de S. Grégoire
de Nysse, J. Bauer, Die Trostreden des Gregorios von Nyssa in dhrem Verhálinis zur antiken Rhetorik. Marburg, 1982 ; MÉRIDIER De l'influence de la seconde sophistique sur l’œuvre de Crée de — Nysse (Paris, 1906), p. 225-74, ..* BHG. 244.
— 4 Plus haut, p. 115.
peut S uidemdiunt pas servir à accréditer les faits et gestes
mk.
156 LE GULTE-
TT
Nous n'irons pas jusquedo et: rien n'indique que- jos funé- €
railles aient été une cérémonie de canonisation. Ces morceaux . sont des oraisons funèbres. Mais il fut un temps où se perdit — le sens de la distinction à établir entre l'éloge funèbre et le panégyrique. Saisissons sur le fait les inconvénients de la confusion des genres littéraires. D'ailleurs, à lire les préceptes des rhéteurs, on s'apercoit que dans la catégorie de l'éloge les divisions ne sont pas aussi tranchées qu'on pourrait l'attendre, et il se comprend qu'on ait fini par ne plus y donner lattention voulue, On cessa donc de voir la différence entre un discours prononcé en l'honneur d'un saint et ceux que l'on entendit le jour des funérailles de Césaire et de Gorgonia. Ceux-ci passèrent, avec les panégyriques de S. Cyprien et des XL martyrs, dans les recueils hagiographiques, et il s'établit une certaine égalité entre les héros célébrés avec une égale. éloquence mais nullement sur le méme ton. Césaire et Gorgonia sont honorés dans l'Église grecque, sans que l'on puisse produire, pour légitimer ce culte, autre chose que les paroles d'adieu tombées de la bouche de leur frére.
Les discours de S. Ambroise sur son frére Satyre ont certainement été prononcés dans des cérémonies funébres, l'un, le jour méme des funérailles ', l'autre, qui est un véritable traité sur la foi en la résurrection, à l’obit du septième jour *. Ure prière pour le défunt termine le premier de ces discours : Tibi nunc, omnipotens Deus, innoxiam commendo animam; libi hostiam meam offerro; cape propitius ac serenus fra-
lernum munus, sacrificum sacerdotis *. Véritable oraison funébre, il a fini également par prendre rang dans la littérature hagiographique. Mais par lui-méme il n'est pas une preuve du culte rendu au frère de S. Ambroise. PC
Les Actes des martyrs sont évidemment un monument du respect des fidèles et renferment parfois des données sur les honneurs dont furent entourés leurs restes sacrés. Mais il ne suffit pas d'un de ces récits pour établir qu'une féte a été instituée. Nous devons chercher ailleurs que dans leur
: Dr 7509.
«Quoniam die septimo ad sepulchrum redimus. DN oae Fal t. XVI, p. MA * BHL. 7509, 80, x1
LT vc - D PO + T * M : NL acto AW ea ^ 1 " = [ur Ad.
Passion des preuves du culte rendu aux martyrs Scillitains. Le texte primitif de cette piéce célébre se termine à la mort Y des martyrs: el statim decollati sunt in nomine Christi 1.
Justin et Apollonius, martyrs illustres de l'Église de Rome, ont trouvé des hagiographes pour transmettre à la postérité le souvenir de leur héroisme. Pourtant, ni l'un ni l'autre n'ont obtenu une place dans les fastes romains. Les Grecs résument l'histoire de l'un d'eux dans les synaxaires ?, sorte de canonisation littéraire qui ne comporte aucun culte. Ce
n'est que tout récemment que, dans l'Église latine, Justin
a pris effectivement rang parmi les saints.
. Les mêmes réserves doivent être faites à propos des Vies de saints. Rappelons tout de suite une piéce célébre, la Vie d'un saint que l’on s'accorderait à placer au début du III? siècle. Il s'agit d'Abercius. Nous possédons son épitaphe originale, un texte d'Eusébe où il est nommé ’Avioxios MáoxeALoc ? et une légende hagiographique dont il existe jusqu'à trois versions différentes 4 Ni l'épitaphe, ni Eusébe ne donnent à soupconner que ce personnage, certainement considérable, ait été honoré comme un saint par l'Église d' Hiéropolis. Toute la preuve que l'on en donne se ramène aux Actes légendaires
qui font d'Abercius — celui de l'épitaphe — un évéque d'Hié-
ropolis (le texte dit partout Hiérapolis) et un thaumaturge,
héros de nombreuses aventures. Ces Actes, qui n'ont pas été -
rédigés avant le V? siécle, ne présentent pas la moindre trace d'une tradition historique ou liturgique permettant de conclure à l'existence d'un culte réguliérement pratiqué. J On n'a pas d'attestation suffisante non plus de l'épiscopat du vieil Abercius, et il semble assez probable qu'on l'a confondu avec un évêque d'Hiéropolis du méme nom qui a vécu quelques siécles plus tard. En effet, parmi les signataires du concile de Chalcédoine se trouve un *Afféoxioc ó läyioros &n(oxonmoc Tic "legazoAwOv ztóAsoc Opvvíac XaAovrapíac . L'épitaphe, qui n'était pas la sienne mais celle d’un homonyme, a
i BHL. 7525.
— ..? S, Justin y figure à la date du 1 juin. Synat. eccl. CP., p. 721. Au 23 juillet (ibid., p. 835) est cité un Apollonios, qui pourrait étre le martyr romain. Mais cela n'est pas certain.
HT eccl. N5:06;'95 ; ^ BHG. 2-4.
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158 LÉ cu 3
servi de théme à l'hagiographe qui en a tiré l'extraordinaire histoire que nous connaissons.
L'évéque Abercius du Ve siècle at-il été iuvodde par les ;
fidéles de son diocése? C'est possible. Mais il reste à compter avec l'hypothése d'un récit hagiographique sans liturgiques d'aucune sorte, ayant fini par créer cette espéce de culte artificiel qui résulte de l'insertion de la biographie dans les ménologes et de là dans les synaxaires et les ménées.
Il se rencontre dans ces mémes livres une catégorie de saints qui n'ont jamais été honorés nulle part, et ne sont que les héros imaginaires de quelque histoire édifiante destinée à inculquer une vérité de l'ordre moral ou religieux. Certains romans pieux ont eu le sort de ces éloges funébres qui ont été assimilés aux panégyriques et ont pénétré avec eux dans
attaches |
les grands recueils hagiographiques. La nuance caractéris- -
tique qui les reléguait au rang des paraboles s'est évanouie et en a fait des Vies de saints.
I] n'est pas permis de négliger l'iypothüse qui peut-étre se vérifierait souvent, si nous avions toujours le moyen de la contrôler, d'une Vie édifiante, d'un flog xai xoArvela composé
en vue d'amorcer un culte qui n'est jamais entré dans la pratique.
De nos jours la biographie d'un serviteur de Dieu marque le premier pas dans la voie de la canonisation officielle, et des précautions sont prises par l'autorité pour qu'on ne se trompe pas sur la portée de ces écrits. Que sous le régime d'une plus grande liberté on ait de méme essayé parfois, sans y réussir, publics à un personnage mort en odeur de sainteté, et qu'il ne soit resté de cette tentative que le récit dela vie du héros et le tableau de ses vertus, il ny a rien qui doive nous éton-
. En pareil cas, le document hagiographique n atteste que D dévotion privée de ceux qui l'ont mis au jour.
Quant aux recueils de miracles, ils pésent en général plus lourd dans la balance, parce qu'ils supposent d'ordinaire un concours de peuple. Ce n'est pas encore le culte organisé ; mais ces manifestations peuvent difficilement se confondre
de créer un mouvement pour décerner les honneurs
avec le culte privé. Pour ne donner qu'un exemple, dans les -
temps modernes, d'un saint personnage dont la canonisation |
n'a pas abouti, mais dont un copieux recueil de miracles
atteste le culte populaire, nous citerons Henri VI, roi d'Angle- — —
EX 7 » *- ^ . " oy 1 Pw OM NAMO Qe S PRG
terre *. Dans l'antiquité, les Qaóuara constituent ordinairement les annales d'un pélerinage fréquenté ?
Au méme titre que les. monuments littéraires, les monuments figurés peuvent apporter leur témoignage dans la recherche qui nous occupe. Si l'on veut se souvenir de la - fresque représentant Ste Pétronille on verra que l'artiste a parfois raison contre l'hagiographe et on regrettera que les représentations des saints soient si rares dans l'art chrétien des premiers siécles. Elles.ne se rencontrent, tout le monde le sait, qu'à une époque relativement tardive, et à un moment oü elles ne peuvent guére rien nous apprendre sur l'origine d'un culte. Le sujet mériterait d'étre traité à part, avec de plus longs développements ?. Il se présente tout d'abord une difficulté qui ne doit pas être passée sous silence. D'antiques peintures, celles des catacombes et d'autres, ont été invoquées comme les plus anciens témoignages du culte rendu à la Ste Vierge et à S. Joseph. C'était oublier une règle élémentaire
d'interprétation, analogue à celle qui veut qu'une puo
- soit étudiée dans son contexte. Il fallait démontrer, ce qu'on a trop négligé de faire, que les anciennes images en question représentent la mére de Dieu ou son époux comme objets du culte et pour eux-mémes, et non comme faisant partie d'un cycle biblique sans rapport spécial avec le culte des saints. " Nous savons d'ailleurs avec certitude qu'à cette époque
ne se célébrait aucune fête - en Phonneur de la Ste Vierge |
Bue de*5. Joseph. Il faut, proportion gardée, appliquer les mémes règles à d'autres cas analogues.
De nos jours les artistes représentent les martyrs avec une palme dans les mains. Il n'en est pas ainsi dans l'antiquité. Les mosaiques et les vieilles peintures nous les montrent dans un vêtement de gloire et faisant au Christ l'hommage de leur couronne ornée de pierres précieuses. Ce signe est le moins équivoque qui puisse être des honneurs publics rendus aux
-1 Voir Anal. Boll, t. XLII, p. 221-23.
(n Voir Les recueils antiques de miracles des saints, dans Anal.
BolL, t. XLIÍI, pp. 5-85, 305-25.
? L'ouvrage du P. F. Gnossi- GoNDI, J monumenti cristiani. icono-
| grafici ed architettonici dei sei primi secoli (Roma, 1923), PhD 44-47, donnera une première orientation,
160 EL LE GÜLTÉ ©
martyrs. Nous n'en dirons pas autant du nimbe, qui n'a pa$ toujours été, comme il l'est devenu, la caractéristique des saints. On peut dire que l'histoire de cet attribut est exactement paralléle à celle du mot sanctus. Avant d’être donné aux saints, le nimbe a orné la téte des divinités paiennes et des empereurs, et par une dégradation insensible, il a servi en général à distinguer du vulgaire les étres que l'on jugeait élevés au-dessus de l'humanité: Les artistes chrétiens l'adop- tèrent de bonne heure, sans arriére-pensée, mais sans le réserver aussitót, comme ils le firent plus tard, au Christ, ** aux anges et aux saints. Dans la grande mosaïque de Sainte- - Marie-Majeure, l'enfant Jésus et les anges portent le nimbe, mais aussi le roi Hérode. Chose étrange, la patronne de la basilique en est dépourvue.. :
Le premier monument où un saint apparaît la tête ornée du nimbe est la mosaïque du mausolée de Galla Placidia, à Ravenne, représentant S. Laurent; il remonte au milieu du Ve siècle. A ce moment, c'est un cas isolé. Un siècle plus tard, dans la procession triomphale de Sant'Apollinare Nuovo, tous les martyrs sont nimbés. Dorénavant le nimbe sera la caractéristique par excellence des saints, tout au moins des saints dans la gloire. A Santa Maria Antiqua les XL martyrs. de Sébaste sont deux fois représentés: une premiére fois, c'est la scéne du supplice ; puis c'est le triomphe en compagnie du Christ. Le nimbe n'apparaít que dans la seconde fresque. Le méme contraste s'observe dans les deux figurations de S. Ménas sur la pyxide du British Museum, où on le voit successivement recevant le coup fatal, puis dans l'attitude du martyr glorifié *. s
Il convient done, pour décider si un personnage nimbé est ou non un saint, d'appliquer les régles de- critique qui nous servent pour interpréter le mot sanctus. Le sens du symbole dépend de l'époque et du milieu. Et quand on aura acquis Le la certitude qu'il a été choisi dans l'intention de désigner un saint, il restera à savoir par qui il a été décerné, s'il traduit la vénération publique, la fantaisie de l'artiste ou la dévotion privée de son Mécéne. de
1A. Knückzg, Der Nimbus und verwandle Attribute (Strassburg, 1905), p. 96-97.
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