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Acta Pauli et Theclae; ce roman lui valut la dégradation *. Il eut des émules qui s'en tirèrent à meilleur compte, mais ne
furent guère encouragés. Ce qu'on a pu longtemps appeler le premier Index de l'Église de Rome, le décret Gélasien, exprime nettement la défiance qu'inspiraient les Gestes des martyrs alors en circulation : ideo secundum antiquam consueludinem singulari cautela in sancta Romana ecclesia non leguntur, quia et eorum qui conscripsere nomina penitus ignorantur el ab infidelibus et idiotis superflua aut minus apta quam rei ordo fuerit esse putantur: sicut cuiusdam Cyrici et Iulittae, sicul Georgii aliorumque eiusmodi passiones quae ab hereticis | perhibentur conpositae. Propter quod, ut dictum est, ne vel le-
vis subsannandi oriretur occasio, in sancta Romana ecclesia — -
non leguntur ?. Dans la liste des livres que les catholiques doivent éviter de lire, l'hagiographie tient une bonne place, et les Actes apocryphes des apótres sont trés spécialement dénoncés?. La lettre bien connue de S. Grégoire à Euloge est une confirmation authentique du texte que nous venons de citer, - Les Passions des martyrs n'étaient pas seulement exclues de la lecture liturgique ; on les ignorait *. Elles s'introduisirent timidement dans l'office. Ce n'est qu'au VIII* siècle qu'on commença à les lire dans la basilique de Saint-Pierre 5. En Afrique, en Gaule et en Espagne l'usage remontait beaucoup plus haut, et était approuvé par les Conciles *. S. Augustin, dans un de ses sermons, résume la Passion de S. Fructueux | dont le peuple venait d'entendre la lecture’. Le jour de - S. Étienne, on avait lu le récit des Actes des Apótres. Il fait — cette remarque : Cum aliorum maríyrum vix. gesta inveniamus quae in solemnitatibus eorum recitare possimus, huius passio
E ERN De Baptismo, AS Gf. S. JÉRÓME, De viris illustribus, 7.
? E. v. DoBscuürz, Das Decretum Gelasianum, p. 39- 40,
* Ibid., p. 48-60.
* Epist. VIII, 28. -
5 Passiones sanctorum vel gesta ipsorum usque Adriani tempora [772-795] tantummodo ibi legebantur ubi ecclesia ipsius sancti vel titulus erat. Ipse vero a tempore suo rennuere (sic) iussit et in ecclesia Sancti Petri legendas esse constituit. Ainsi l'Ordo Romanus publié pur ToMMasi, Opera omnia, t. IV, p. 325. |
* Mansi, Concilia, t. III, p. 891.
7 Sermo CCLX XIII, P.L., XXXVIII, p. 1249. :
LES MARTYROLOGES ET LES LÉGENDES rs ds
in canonico libro est!. Dans les Gaules de méme on ne se contentait pas de la lecture des prophétes, des épitres et de l'Évangile. Les Vies de saints étaient admises. Ex consuetudine sollemni series lectae passionis explicuit, dit Avit de Vienne ?.
- Grégoire de Tours fait allusion plus d'une fois à cette cou-
tume?, et dans un lectionnaire Gallican, on trouve avant l'épitre, une courte leçon historique legenda in festo-SS. Petri et Pauli *, Pour l'Espagne, nous avons le témoignage de Braulio, évéque de Sarragosse, dans la préface de sa Vie de S. Émi-
ien : Libellum de eius vita brevem conscripsi ut possit in missae . eius celebritate quantocius legi 5. C'est d'ailleurs le seul qui nous
. parle d'un texte composé en vue de la lecture. Nous avons en-
tendu S. Augustin parler d' un répertoire assez restreint. Rien |
ne permet de dire qu'on ait travaillé systématiquement à le compléter. En Afrique, d'ailleurs, il était composé de piéces excellentes, formant le meilleur ensemble que l'hagiographie DEUS nous ait gardé. On convient généralement que l'em-
. ploi qu'on en faisait dans la liturgie a contribué à leur conser-
vation en les soustrayant aux entreprises des remanieurs qui ont exercé ailleurs leur déplorable activité. —
A l'époque où à Rome on commença à se départir de la ré-
serve traditionnelle à l'égard des hagiographes, il n'était plus
question d'opérer une sélection entre les textes offerts à la lecture, Nul n'était en état alors de discerner entre les gesta.
emendatiora, pour parler comme S. Grégoire, et ceux qui n'étaient pas dignes de figurer dans l'office canonique. On était débordé par la littérature romantique et populaire qui faisait si bon marché de la vérité historique, mais que l'on trouvait intéressante et propre aux fins d'édification. C'est ainsi que les légendes si dédaignées autrefois finirent par avoir . droit de cité, et empruntérent à la liturgie quelque chose de son prestige. Les conséquences de l'innovation re furent pas sans gravité, et eurent de lointaines répercussions. Il eût fallu un personnel trés éclairé pour s'en rendre compte. Mais où,
en ces temps-là, les papes auraient-ils trouvé de pareils con--
seillers? . |
^1 Sermo CCCXV, t. c., p. 1426.
2 M.G. Auct. antiq., t. VI, 2, p. 145.
8 In gloria martyrum, 85.; Virtut. S. Martini, 11, 29, 49. 4 PL, t. LXXII, p. 208. 5 BHL. 100.
' SANCIVS. — 13.
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Dans l'É Église grecque, pas olus. que P dan. TÉglise latine, i 2 ge
littérature hagiographique ne jouit d'abord des faveurs offi-
cielles. Le décret 63 du Concile in Trullo (692),qui la vise, n'est ji
pas concu en termes flatteurs. Tà yevóoc óno Tor Tic dAgÜe(ac | &xÜpv cvunAacÜfrvra naprvooAóyia, ds dv voóc XouoTod uágro-.—
Le x » » , M pac àruuáCowv xal noûc dniaríav éváyotev vobc AXOVOYTAS, uu) » , : . - \ - LEA enl éxxÂmolas Onuoouebecdar noootétrouer, dàAAAà Tadra mvpi
rapaddooQa * Todc dË Tara napadeyouérovc 1] óc. GAndéoL Tob- Tois roocéyortac àvatieuaviCouev . Comme dans le décret Géla- — sien, ces hagiographes qui semblent n'avoir écrit que pour déshonorer la mémoire des martyrs sont traités en hérétiques. - Nous retrouvons un nouvel écho de cette réprobation dans
les canons du patriarche Nicéphore, qui sont du commencement du IX? siècle. Il condamne notamment Tr ázoxáAvyw "Ecópa xai Zwowuä xai và do uaptógia rot àyíov l'ewpyiov xai và» áyío» Knoóxov xal 'IovA(rtgc?. La Passion des SS. Ciry-
cus et Julitte avait été jugée avec la derniére sévérité parles . évêques Théodore d'Iconium et son correspondant Zosime?, et Nicétas David (f après 912) parlait en ces termes de l'anti- -
que Passion de S. Georges : évéruyor xai étéoo Ófjfev papvegíc — tot a)ro$ ày(ov moÀAà regavóóm maga Anpgoórti xal Vivgoins s
àváusoca, À.
Des piéces comme celles-là suffisaient pour jeter lé discedit sur l'ensemble des Passions des martyrs, dont un grand nom-
bre d'ailleurs, pour ne pas atteindre au méme degré de l'ab- — . surde, ne valaient guére mieux au point de vue historique
et religieux. A voir l'enthousiasme qui accueillit la tentative de Syméon Métaphraste, il faut croire qu'on s'en rendait bien compte. On pensa, que pour les avoir expurgées des plus cho-
quantes extravagances et remises en meilleur style, lui, ses collaborateurs et ses successeurs avaient rendu les héros des.
vieux récits à la lumière de l'histoire. Xdouc roívvv và uaxaptvj Meragoaorj, disait Balsamon dans son commentaire sur le décret conciliaire que nous avons cité, và à pagrvguxà DTÈQ tíjc dAnbelas oxáuuara nmolloïs xôvois xal idp@ot NOS GAMES
! Mansr, Concilia, t. XI, p. 972,
? PrTRA, Juris ecclesiastici graecorum historia el monumenla, t HS p. 332.
3 BHG. 315-17. - :
^ KRUMBACHER, Der heilige Georg, p. 181. US Put
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Vavtt, eic qoa Oco6 xai dó£a» alovítovcav Táv áyíoY | uaptó- 0o0v!, Faut-il dire que si, à cette époque, la culture litté-
raire des grecs était supérieure à celle des latins, la critique
des 1 uns et des autres était sensiblement au méme niveau, et que les autorités ecclésiastiques auraient été impuissantes à provoquer une révision judicieuse des textes hagiogr aphiques ? Nous ne savons pas d’ailleurs si Métaphraste et ses pareils ont obéi à une invitation officielle ou si leur travail est un fruit de l'initiative privée. Le grand nombre de laïques, y
compris des empereurs, qui, depuis le IX? siécle au moins, se Sont fait un nom en écrivant des Vies de saints, donnerait à
. penser que nulle part cette branche des lettres sacrées ne s'est développée avec plus de spontanéité qu'en pays grec. À une époque relativement récente, et dans un cas particulier, nous voyons intervenir un patriarche de Constantinople pour con-
. remplacer: Nicolas Muzalon (1147-1151) fit jeter au feu la Vie de Ste Parascévé de Callicratia, écrite : ióworixóc xai àva-
éloc Tjj àyysAuf Ówyoyg Tic dy(ac, et confia à un xin la
iod Tission d'en écrire une meilleure ?, i Econ ne saurait dire avec précision à quel moment on com-
menca à à lire réguliérement dans l'office la Vie des saints. Les j^
. synaxaires, qui supposent cet usage déjà établi, ne sont pas antérieurs à la fin du IXe siècle. Dans certains sanctuaires, .. enlisait les Miracles du patron ?. Il n'est pas bien certain que —.. cette lecture fit partie de l'office liturgique. Lorsque la pélerine
Échéria alla visiter la basilique de Sainte-Thécle à Séleucie,
lectus omnis actus sanctae Teclae*. S'il s'agit d'une lecture
publique, elle ne peut avoir eu lieu que le jour de la féte de la sainte. Or, si Échéria avait assisté à la panégyrie, elle n'aurait EX pas manqué de le dire. Il est infiniment probable qu'on lui | à - mit entre les mains un exemplaire des Actes, et qu 'elle en prit connaissance dans le « martyrium » de la sainte. Le texte de la zx | Peregrinatio ne peut donc étre invoqué dans la question qui
Mes, À
, a RuALLIS-PorLIS, ADU: TÓÀV Qeleov xai ieo@v xavévwr, t. II, |» p.453.
^ ? BALSAMON, dans IW Porüs te 0 p: 453.
3 Voir nos Recueils antiques des D recte: des sainís, dans Anal, Bol, "TU XEILE p.17.
4 pP. GEYER, Itlinera Hierosolymitana, p. 70.
.damner une œuvre hagiographique jugée insuffisante et la