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des notices dérivées de l'hiéronymien. Tout le monde.accep- :.
tait alors comme des noms de saints les noms qui suivaient
une rubrique topographique suffisamment reconnaissable, -
et l'on eüt taxé de témérité celui qui, au 10 mai, par exemple, se füt permis, avec le P. Victor De Buck, de remplacer les noms de deux saints, Marci, Napoli, par un nom de ville Marcianopoli. Dans le texte du 2 mai Neopolis ne représente pas nécessairement une ville, et il n'est peut-étre que la. répétition du problématique ÆEupolitis, Epolitis, cité un peu plus bas. Mais il est certain qu'il ne doit pas étre 1attaché à la rubrique in Alexandria. Saturninu seul est garanti comme
martyr Alexandrin par le martyrologe syriaque, et la première -
recension de l'hiéronymien est d'accord avec celui-ci ; cum socio $u0 est une interpolation. Donc à prendre les choses au mieux,
c'est sur une fausse lecture que l'on s'est décidé à 1econnaitre .
dans ]e martyrologe un saint Napoléon, martyr d'Alexandrie. Sans le désir de trouver un patron à l'empereur, jamais personne n'aurait songé à une pareille identification. Les idees
qui régnaient alors sur la composition des martyrologes peu-
vent servir d'excuse aux hagiographes qui l'ont imaginée.
Une fois admise, la matiére de la leçon du bréviaire était
trouvée. Il suffisait de développer l'indication Alexandriae in carcere quiescentis, On le fit au moyen des lieux communs classiques et du récit de la grande persécution à Alexandrie qu'Eusébe emprunte à Philéas de Thmouis. Il renferme des détails qui peuvent servir de commentaire à l'énoncé du martyrologe, car il y est parlé de martyrs morts de faim et de
misére. Dans un certain sens, la documentation de lhagio-
graphe est sérieuse, et il a pu avec quelque raison se dire satisfait de son ceuvre. :
Il n'en est pas moins certain que cette histoire de S. Napo-
léon ne contient pas un mot de vrai. Lorsqu'il devint possible de s'en rendre compte, le culte du nouveau saint n'était plus qu'un souvenir. L'autorité ecclésiastique n'eut pas méme à intervenir pour supprimer une féte qui n'avait été établie que sous la pression du gouvernement impérial.
Les compilations de la classe des martyrologes ont certes contribué à jeter du trouble dans les idées. Mais les grands coupables, ceux qui ont fait reléguer au rang des étres imagi-
naires des saints dont la notoriété est universelle, ce sont les hagiographes auxquels nous devons certains recits d'une allure vraiment extraordinaire. Il faut bien avouer qu'il est difficile d'admettre l'existence d'un saint, ayant vécu sous un empe- . reur des Perses nommé Dadianus, et dont on raconte ce qui suit. Sur le refus du martyr d'adorer les idoles,l'empereur le fait suspendre et déchirer avec des ongles de fer. On le fait
marcher ensuite dans des chaussures, garnies à l'intérieur de :
clous pointus ; on le frappe surlatéte à coups de marteau, jusqu'à faire jaillir la cervelle. Le martyr n'en meurt pas et de nouveaux tourments lui sont infligés. ll est jeté en prison et on lui charge la poitrine d'une pierre énorme. Alors le Christ lui apparaît pour le réconforter, et lui annonce que sa passion durera sept ans; les tourments ne lui feront aucun mal; il mourra trois fois et trois fois il ressuscitera avant de mourir définitivement. L'histoire se poursuit avec les péripéties les plus invraisemblables, jusqu'à l’entier accomplissement de la -prophétie. - x | f La question de savoir s'il a existé un martyr répondant au signalement que l'on peut tirer d'un pareil récit, ne se pose pas, et si nous ne trouvons pas d'autre moyen de démontrer que S. Georges a vécu et est mort pour la foi, il faudra bien nous
résoudre à rayer ce nom de la liste des saints. Et l'on sait qu'il
en est de méme d'un bon nombre de saints antiques, dont on nous raconte des histoires, un peu moins absurdes peut-étre, mais tout aussi peu garanties. :
— C'est ici qu'il y a lieu de rappeler une fois de plus que la tradition relative aux saints se partage généralement en deux courants, qui n'ont pas nécessairement le méme point de départ : le courant littéraire et le courant liturgique. Il arrive que le premier nous améne, en dernier ressort, à une source bien éloignée des faits, tandis que le second permet de remonter en ligne directe aux événements contemporains, au saint -en personne. Dans l'antiquité, nous l'avons vu, le culte du
© saint s'établit le lendemain méme de sa mort. Son martyre
ou sa sainteté sont des faits éclatants, reconnus de tous, et son tombeau devient aussitôt un lieu sacré. Le jour anniversaire de sa déposition, à tout le moins, les fidéles viennent y prier, y amènent leurs enfants, et ces visites d'abord discrè- "tes se transformeront, la paix revenue, en fêtes solennelles,
moins dont la série ininterrompue nous reporte au jour oü le
. nous renseigner sur ses faits et gestes, elle est néelejouroü ila
qui se groupent autour d'une légende sans fond historique. dans le Pont, et ces innombrables visiteurs avaient fait la |. a
été conservée par le prêtre Chrysippe est là pour prouver l'ex-
t, XIV (1900), p. 159- 76. Ch Anal. Boll, iXX pe 452. Sat