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XVI SANG

En même temps on note, dans certains cas de purpura ou d'anémie pernicieuse, une diminution de la vitesse d'hémostase du sang, que la méthode du temps de saignement (Duke) permet d'apprécier facilement.

Ces troubles de la coagulation atteignent leur maximum d'intensité dans Yhémophilie, où le sang, recueilli par ponction d'une veine, se coagule beaucoup plus lentement que le sang normal ; les globules rouges ont le temps de sédimenter avant que ne commence la coagulation du plasma de sorte que le caillot comprend une partie blanche (caillot plasmatique) surmontant le caillot rouge (Hayem, P. E. Weill).

Les modifications qui résultent de la rupture de l'équilibre physicochimique de la masse sanguine ont une importance et un intérêt plus grands encore que les perturbations cytologiques que nous venons de rappeler. Malheureusement leur complexité même en rend l'étude difficile, et malgré les progrès accomplis en ces dernières années dans l'étude biochimique du sang, nous ne connaissons certainement encore qu'une partie de ces altérations humorales du sang.

La rupture de l'équilibre physico-chimique du sang est avant tout conditionnée par l'état fonctionnel du rein et du foie.

L'insuffisance fonctionnelle de l'émonctoire rénal amène la rétention dans le sang de l'eau et de diverses substances éliminées à l'état physiologique par le rein.

L'augmentation de la teneur du sang en eau, Yhydrémie, au cours du mal de Bright, est une notion fort ancienne déjà ; son mécanisme longtemps discuté nous apparaît clairement aujourd'hui : nous savons en effet que la masse sanguine, milieu intermédiaire entre les tissus et le rein, subit des oscillations parallèles à l'hydratation et à la déshydratation des tissus. Le degré de dilution ou de concentration qui en résulte peut être apprécié cliniquement, soit par l'hématimétrie (Taugmentation de la masse sanguine diminuant proportionnellement le nombre des hématies contenues dans un volume donné de sang), soit mieux encore et plus exactement en évaluant la teneur en colloïdes du sérum (la quantité totale des colloïdes en circulation restant à peu près invariable) par l'examen réfractométrique du sérum ou par la pesée des albumines. On sait que ces recherches fournissent dans les hydropisies rénales ou cardiaques des indications d'une réelle utilité pratique (Widal, Bénard et Vaucher).

Tandis que le chlorure de sodium arrêté par le rein malade ne fait que traverser le sang pour aller s'accumuler dans les tissus avec son eau de dilution, Y urée au contraire reste en excès dans le sang des malades atteints de néphrites. Cette accumulation de l'urée dans le sang ne peut dépasser certaines limites sans devenir incompatible avec la vie, et

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