INTRODUCTION XVII
l'organisme ne saurait guère tolérer longtemps une rétention uréique supérieure à 4 grammes par litre de sang. Le dosage de l'urée dans le sérum sanguin a donc pour le clinicien une importance capitale, puisque l'apparition de l'azotémie au cours des néphrites comporte un pronostic d'autant plus grave que la quantité d'urée retenue dans le sang est plus élevée (Widal et Javal).
Le taux de Yacide urique est toujours élevé dans les néphrites, et M. Chauffard considère cette hyperuricémie comme le signe chimique le plus sensible de la diminution de la perméabilité rénale.
Toute une série de modifications de la composition chimique du sérum sanguin sont autant de témoins d'une insuffisance fonctionnelle totale ou tout au moins partielle du foie : ainsi Yhypercholestérinémie des ictères et de la lithiase biliaire (Chauffard, Laroche et Grigaut),
Y hyperuricémie si souvent associée à Yhypercholestérinémie dans la goutte et dans la gravelle (Chauffard, Brodin et Grigaut), l'augmentation enfin du taux de Yazote résiduel chez les hépatiques (Chauffard et Brodin).
A l'état normal le sérum sanguin renferme une petite quantité de pigments biliaires, dérivés de l'hémoglobine mise en liberté par l'usure et la destruction quotidienne des hématies (Gilbert et Herscher). Dans les ictères par rétention, pigments biliaires, sels biliaires et cholestérine sont retenus dans le sang et peuvent être facilement décelés par l'examen chimique du sérum.
Dans les ictères hémolytiques au contraire on ne trouve aucune trace de sels biliaires dans le sérum ; en revanche on y constate la présence de bilirubine et même d'urobiline provenant de la dégradation dans la circula Lion même de l'hémoglobine mise en liberté par l'acte hémolytique.
Le dosage du sucre dans le sang a une réelle importance pratique :
Y hyperglycémie peut en effet s'installer progressivement dans le diabète et atteindre un taux élevé (2 gr. et plus) avant que la glycosurie n'apparaisse ; inversement la glycosurie peut exister sans qu'il y ait hyperglycémie.
Le seuil d'excrétion du sucre (Ambard, A. Weill), c'est-à-dire le taux du sucre contenu dans le sang au-dessus duquel commence son excrétion par le rein et au-dessous duquel elle cesse, peut s'élever ou s'abaisser chez les diabétiques, et l'on sait que la hauteur du seuil d'excrétion et surtout sa variabilité ont une valeur pronostique certaine (F. Rathery et Gruat).
La rupture de l'équilibre physique des colloïdes du plasma sanguin, la colloïdoclasie (Widal, Abrami et Brissaud), détermine un boulever-