INTRODUCTION XV
polynucléose excessives ont une signification fâcheuse ; elles indiquent en général une infection tenace, intense qui sollicite des efforts réactionnels violents de la part de l'organisme. La leucopénie est un signe de grande gravité (Bezançon et Labbé).
L'étude de la formule leucocytaire ne rend pas les mêmes services au cours des maladies infectieuses chroniques ; cependant, dans la tuberculose pulmonaire, le caractère fondamental de la formule paraît être une éosinophilie souvent intense apparaissant à la fin des poussées évolutives et persistant dans l'intervalle de ces poussées (Bezançon, I. de Jong et de Serbonnes).
La perturbation de l'équilibre hémo-leucocytaire atteint son maximum dans les leucémies.
Le nombre des globules blancs y est considérable ; mais, tandis que dans les simples leucocytoses on n'observe qu'une multiplication des formes normales des globules blancs du sang, dans les leucémies ce sont des formes anormales qui débordent des organes hématopoïétiques hyperplasiés et envahissent le sang.
Il y a là non pas seulement une exagération fonctionnelle mais une véritable perversion de l'hémopoïèse, conditionnée par l'hyperplasie de la moelle osseuse ou des organes lymphoïdes et par la reviviscence des tissus myéloïde ou lymphoïde en des points où normalement ils n'existent qu'à l'état embryonnaire (Dominici).
La formule sanguine reflète exactement ces réactions des organes hématopoïétiques et permet de distinguer :
Une leucémie lymphoïde caractérisée hématologiquement par l'augmentation considérable du nombre des cellules lymphoïdes et la disparition presque complète des leucocytes granuleux.
Une leucémie myéloïde caractérisée par l'essaimage dans le sang des cellules du tissu myéloïde, leucocytes granuleux neutrophiles, éosinophiles ou basophiles, mono ou polynucléés, qui remplacent peu à peu les éléments normaux du sang.
Les plaqueltcs sanguines peuvent présenter à l'état pathologique d'importantes variations de nombre : M. Hayem a depuis longtemps signalé l'augmentation considérable du nombre des plaquettes, la crise hémaloblastique, qui suit les pertes de sang, les saignées.
La diminution des plaquettes est assez marquée dans la fièvre typhoïde ; elle peut devenir énorme dans le purpura, dans l'anémie aplas tique (Hayem et Bensaude) et dans la spirochétose ictéro-hémorragique (Pagniez). Dans ces trois maladies, la diminution des plaquettes, qui peut aller dans le purpura jusqu'à la disparition complète (Le Sourd et Pagniez) s'accompagne toujours d'irrétractilité du caillot sanguin.