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NUMERATION DES ELEMENTS FIGURES DU SANG

Avec l'autre, on obtient des dilutions de 1 /10 à 1 /100 : elle est destinée aux globules blancs du sang.

Nous n'avons pas à insister sur son mode d'emploi, qui est semblable à celui des appareils du même genre.

Nous ferons simplement remarquer que les calculs sont, ici, extrêmement simples.

Fait-on une numération avec le quadrillage central ? On compte les éléments dans un certain nombre de carrés ; on prend la moyenne

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Fie 8. — Cellule de l'hématimètre d'Agasse-Lafont. Pour les éléments du sang, on utilise le quadrillage central. Les calculs à effectuer sont simples : on multiplie le nombre des globules trouvés par un carré d'abord par 1.000, puis par le titre de la dilution. Si l'on veut numérer les éléments du liquide céphalo-rachidien, on considère le quadrillage périphérique, et le nombre d'éléments trouvés dans un rectangle est multiplié par 10.

par carré ; et l'on multiplie cette moyenne par 1.000, puis par le taux de dilution.

On procède de même pour le quadrillage périphérique ; et, si l'on a examiné le liquide tel quel, sans dilution, il suffît de prendre la moyenne par rectangle, et de multiplier par 10.

Réunissant en un seul deux types de cellules, cet appareil supprime donc la nécessité d'avoir deux appareils différents, et de faire l'apprentissage de l'un et de l'autre.

En outre, il a l'avantage de placer tout liquide que l'on examine dans deux conditions différentes, simultanément, puisque les divisions centrales répondent au 1/1.000 et les divisions périphériques au 1 /10 de millimètre cube.

On peut donc, même si l'on ignore à l'avance le degré de condensation des éléments, choisir, quand la préparation est sous le microscope, celui des deux quadrillages qui convient le mieux pour numérer ces éléments.

D'autre part, quand on a enregistré un résultat au niveau de l'un des quadrillages, on peut, immédiatement, et au moyen de la même préparation, vérifier ce premier résultat, en faisant une deuxième numération pour laquelle on utilise l'autre quadrillage, si la proportion des éléments le permet, c'est-à-dire s'ils ne sont ni trop clairsemés, ni trop nombreux : les résultats concordent-ils, on est assuré que la technique a été bonne, et que les calculs sont exacts.

Globules rouges ou hématies.

Par E. Agasse-Lafont.

Physiologie du globule rouge. -- Quel est le rôle physiologique du globule rouge et cuelle est sa raison d'être ?

C'est à lui qu'est dévolue l'importante fonction de l'hématose : c'est lui, par l'intermédiaire de l'hémoglobine qu'il renferme, qui puise l'oxygène dans l'air atmosphérique, au niveau des poumons, pour le porter ensuite dans l'intimité des tissus, où s'exerce son action bienfaisante.

Par suite on conçoit à priori qu'il est nécessaire, pour que cette fonction s'exerce d'une façon régulière, chez l'individu sain et en état d'équilibre, c'est-à-dire arrivé à son complet développement, que le nombre de globules rouges et la quantité d'hémoglobine soient stables, ou soumis seulement à des variations légères et de peu de durée. Or c'est en fait ce qui se réalise, comme il est facile de le constater.

En effet, si la quantité totale de sang varie, et d'une façon considérable, d'un individu à l'autre, en restant d'ailleurs, comme il est logique, proportionnelle au poids du corps ; par contre, une quantité donnée de ce sang présente une composition remarquablement fixe, que l'on examine des individus différents, mais sains, ou le même individu à des intervalles éloignés.

On peut donc en conclure qu'un mécanisme régulateur permet de réparer, par une production incessante de globules rouges, soit l'usure constante, soit les pertes accidentelles de ces éléments, et par suite de l'hémoglobine qu'ils contiennent.

Origine du globule rouge. — S'il est aisé, comme nous venons de le voir, de démontrer l'existence d'une production constante de globules rouges, le siège et le mécanisme de cette production sont au contraire des points très controversés.

Pour Hayem, les hématoblastes seraient les principaux éléments

générateurs des globules rouges de l'adulte. Cette opinion s'appuie sur l'analogie entre la structure des uns et des autres ; sur l'existence de nombreuses formes intermédiaires, en particulier lorsque l'évolution du sang est troublée ; enfin sur la présence d'hématoblastes à noyau chez certains animaux dont les globules rouges sont tous nucléés.

Cette théorie, d'ailleurs, a été très discutée, et nombre d'auteurs ne l'acceptent pas.

La plupart d'entre eux considèrent que les globules rouges naîtraient de grandes cellules nucléées, dont le noyau changerait de forme et de volume, pour devenir de plus en plus petit, et finir par se désagréger et être expulsé. En même temps la quantité d'hémoglobine de ces cellules s'accroîtrait, et, de sphériques, elles deviendraient biconcaves. A l'état normal cette néoformation d'hématies appartiendrait exclusivement à la moelle osseuse. A l'état pathologique ce rôle pourrait être partagé par les glandes lymphatiques, la rate et le foie.

Nous n'insisterons pas sur ces théories, dont le développement ne peut trouver sa place que dans les ouvrages d'Hématologie.

Nombre de globules rouges. — Le sang normal de l'adulte renferme 5 millions de globules rouges par millimètre cube.

Ce chiffre, habituellement admis, est considéré par certains auteurs comme trop élevé (pour eux le nombre normal serait 4.500.000) ; pour d'autres il serait inférieur à la réalité, qui atteindrait 5.500.000 à 6.000.000.

Ces différences tiennent sans doute aux conditions physiologiques diverses dans lesquelles les examens ont été pratiqués (âge, sexe, race, climat, moment de la journée où le sang est recueilli, etc.).

Il faut tenir compte aussi de ce fait que les hématimètres de types variés, et parfois du même type, donnent, pour un même sujet, des réponses qui ne sont pas toujours concordantes : c'est qu'il est fort difficile d'obtenir une rigueur absolue dans la construction de ces appareils, en particulier en ce qui concerne le calibre des pipettes et la profondeur de la cellule. Pour remédier, dans la mesure du possible, à ces causes d'erreur, le moyen le meilleur est que chaque observateur fasse quelques essais de numérations de sang d'individus adultes et sains, avec l'appareil qu'il a entre les mains : la moyenne des nombres obtenus sera la base la plus solide, pour apprécier les résultats qu'il trouvera chez ses malades, au cours des recherches ultérieures.

Les oscillations pathologiques du nombre des globules rouges, sur lesquelles nous aurons à revenir en détail à propos des polyglobulies et des anémies, varient entre un maximum qui est de 14 millions par millimètre cube, et un mir'mum de 400.000. Dans ce dernier cas, on le voit, le sang renferme douze fois moins de globules rouges qu'un sang normal.

Dimensions. — Le globule rouge normal a 7 \k de diamètre. D'autre part on constate que, dans un sang normal, tous les globules rouges ont sensiblement des dimensions égales.

A l'état pathologique apparaissent des globules rouges géants, atteignant 15 ji., et des globules rouges nains, de 3 à 2 ku.

Tantôt il y a une augmentation générale de volume, en particulier dans les cyanoses.

Tantôt le diamètre est uniformément diminué : cette microcytie est un caractère important des ictères hcmoly tiques.

Tantôt enfin, et plus fréquemment, on constate une inégalité de volume, avec présence de globules normaux associés à de nombreux globules géants et nains. C'est un des caractères du sang des anémies, des leucémies et de la chlorose, et l'on peut dire d'une façon générale, bien qu'il y ait à cette règle des exceptions, que l'inégalité est d'autant plus grande que Y anémie est plus accentuée.

Forme. ■ — Les globules rouges normaux sont régulièrement arrondis.

Ils peuvent présenter, sur des préparations défectueuses, des déformations artificielles, qu'il faut savoir reconnaître. Tantôt ils sont tassés les uns près des autres, et, de ce fait, aplatis, allongés, irréguliers. Tantôt, si la lame n'était pas suffisamment sèche, ils sont devenus épineux, crénelés (fig. I, planche 1). On arrive facilement à reconnaître ces causes d'erreur, en particulier en constatant que ces éléments anormaux sont très inégalement répartis sur les lames.

Au contraire, la déformation vraiment pathologique est retrouvée, semblable à elle-même, quel que soit le point de la préparation que l'on considère. Cette déformation pathologique porte le nom de poïkilocytose : les éléments déformés sont des poïkilocytes (fig. 4, planche I). Ils sont allongés, ovales, en forme de poire, de massue, de sablier, etc. La poïkilocytose s'associe à l'inégalité de volume ; elle se montre avec elle; elle a, comme elle, ses degrés ; elle tient aux mêmes causes, leucémie, chlorose, et surtout anémie. C'est donc un deuxième caractère, qui s'ajoute à l'inégalité de volume, pour reconnaître une anémie grave

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