HÉMOGLOBINE
tone. Refroidi à 5 ou 10°, et dialyse, il abandonne des cristaux qu'on peut essorer, laver à l'alcool, etc.
Les cristaux obtenus avec le sang humain sont des aiguilles rhombiques, microscopiques ; avec le sang de certains animaux on a des cristaux appréciables et isolables à l'œil nu. Ces cristaux sont de couleur rouge-brun ou rubis.
Quoique cristallisable, l'oxy hémoglobine ne dialyse pas et ses solutions présentent le caractère des solutions colloïdales. La couleur des solutions aqueuses d'oxyhémoglobine varie, suivant la concentration, du jaune orangé au rouge vif; celle des solutions d'hémoglobine est verdâtre en solution étendue, rouge foncé en couche épaisse.
Les solutions d'oxyhémoglobine ont un spectre caractéristique représenté par deux bandes d'absorption entre les raies D et E du spectre solaire, c'est-à-dire dans la région du jaune et du vert. La première de ces bandes, située près de D, est plus étroite et à bords plus nets ; la seconde près de E est plus large, à bords plus estompés. Les solutions d'hémoglobine ont un spectre caractérisé par une bande unique, dite bande de Stockes, qui occupe à peu près l'espace clair intermédiaire aux deux bandes de l'oxy hémoglobine. Pour transformer l'oxyhémoglobine en hémoglobine il suffît de faire agir sur la solution un réducteur : sulfure d'ammonium, hydrosulfite de soude. La putréfaction réduit aussi l'oxyhémoglobine.
La fonction de fixation de l'oxygène est liée à la présence dans l'hémoglobine du fer qui y entre dans la proportion moyenne de 0, 33 p. 100.
L'hémoglobine peut donner une série de dérivés. Parmi ceux-ci un des plus intéressants pour le médecin est l'hémoglobine oxycarbonée. Celle-ci est facilement obtenue en agitant du sang oxygéné avec de l'oxyde de carbone. Dans ces conditions l'oxygène de l'oxyhémoglobine est déplacé volume à volume par l'oxyde de carbone. Cette transformation s'effectue facilement comme on sait dans le sang circulant quand l'air inhalé dans les poumons contient de l'oxyde de carbone.
La carboxyhémoglobine, qui peut être amenée à cristallisation comme l'oxyhémoglobine, présente un spectre d'absorption spécial, très voisin de celui de l'oxyhémoglobine, mais en différant par ce fait que les deux bandes sont un peu plus pâles, à bords moins nets et un peu déplacées vers le violet. La grosse différence est que les réducteurs, tel le sulfure d'ammonium, sont incapables de substituer à ce spectre à deux bandes un spectre à une bande comme celui de l'hémoglobine, qu'on obtient immédiatement par ce procédé quand on opère sur une solution d'oxyhémoglobine.
Parmi les autres dérivés de l'hémoglobine, dont le dernier terme est l'hématoporphyrine, nous retiendrons seulement la méthémoglobine. Celle-ci est un isomère de l'oxyhémoglobine, mais incapable de remplir la fonction respiratoire. Elle n'existe pas à l'état normal dans l'organisme et apparaît à la suite de certaines intoxications, dans les kystes extravasés etc.. La méthémoglobine a un spectre à quatre bandes.
Origine et destinée de l'hémoglobine. — La circulation d'hémoglobine à travers l'organisme est très importante. C'est en effet de l'hémoglobine que les pigments biliaires tirent leur origine, et en se basant sur la production quotidienne de bilirubine on doit admettre que la quantité d'hémoglobine détruite en 24 heures peut atteindre 12 gr. 5, ce qui correspond à 0, 04 ctgr. de fer, soit 1 /17e du fer total du sang.
La transformation de l'hémoglobine en pigment biliaire s'effectue normalement au niveau du foie ; elle peut aussi se produire dans les tissus après hémolyse (biligénie hémolytique locale). Le fer mis en liberté est en partie éliminé par les fèces, en partie emmagasiné dans le foie.
Quant à l'origine de l'hémoglobine au niveau des organes hémopoïétiques elle est encore très mal connue. On est amené par induction à penser que la rate doit jouer un rôle important dans son élaboration.
Procédés de dosage de l'hémoglobine. — Les procédés de dosage sont très variés et l'on peut pour déterminer la richesse d'un sang en hémoglobine recourir à des méthodes chimiques, chromométriques, spectroscopiques et spectrophotométriques.
Les méthodes chimiques dosent le fer (procédé de Lapicque) ou le gaz, fixé par l'hémoglobine, ou dégagé par celle-ci.
Les méthodes chromométriques sont basées sur l'appréciation de la coloration du sang, comparée à celle d'un étalon. Les méthodes spectroscopiques se proposent d'apprécier la quantité d'hémoglobine d'après ses propriétés absorbantes spécifiques.
Nous ne passerons pas en revue toutes ces méthodes et ne retiendrons que celles qui ont un intérêt pratique pour le médecin. Ce qui importe en clinique, en effet est de connaître facilement la teneur d'un sang en hémoglobine, de façon à pouvoir apprécier la valeur globulaire, c'est-à-dire la richesse des globules en hémoglobine.
Les procédés utilisant la chromométrie sont actuellement les plus usités. Le procédé de Tallqvist est très communément employé : on re-