‹ Sang, organes hématopoïétïques, rate, osChapitre 31 sur 123 · SANG VEINEUX · texte numérisé non relu

SANG VEINEUX

19cc.

39cc.

lcc.,8

11 ce.

46 ce.

lcc.,8

mais ces quantités absolues peuvent varier légèrement suivant l'origine du sang et l'activité des organes dans lesquels il a été prélevé.

État des gaz dans le sang. — La plus grande partie de l'oxygène est en combinaison avec l'hémoglobine ; le reste est à l'état de simple dissolution dans le plasma.

La quantité maxima d'oxygène que le sang peut fixer par agitation avec ce gaz (capacité respiratoire) est chez l'homme de 26 ce. environ pour 100 ce. de gaz.

L'acide carbonique est soit simplement dissous (1 ce. 5 dans le sang artériel ; 3 ce. 5 dans le sang veineux p. 100), soit pour la plus grande partie combiné (a) dans le plasma avec les carbonates alcalins, les matières protéiques, l'alcali des globulinates alcalins et d'autres substances sans doute; (b) dans les globules à l'état de complexes dans lequel l'hémoglobine jouerait un rôle prépondérant (1).

L'azote est en simple dissolution.

Oxyde de carbone. — Recherche. — La recherche qualitative de l'oxyde de carbone dans le sang se fait aisément par l'examen spectroscopique de ce sang. Convenablement dilué, le sang montre les deux bandes d'absorption de la carboxyhémoglobine, analogues à celles de l'oxyhémoglobine .

Elle se différencie de cette dernière par ce fait que l'addition au sang d'un réducteur (quelques gouttes de sulfhydrate d'ammoniaque)

(1) Voir E. Lambling, Précis de biochimie. Paris, Masson, 3" édition, 1921, p. 284 et suiv.

est sans action sur la carboxyhémoglobine, tandis que dans les mêmes conditions les deux bandes de l'oxyhémoglobine se résolvent en une bande intermédiaire unique (bande de Stockes).

Dosage. — Le dosage de l'oxyde de carbone dans le sang peut se faire comme celui des autres gaz du sang en employant la méthode générale qui a été indiquée plus haut.

Cependant on a le plus souvent recours à la technique de Nicloux (1).

Le sang est traité dans le vide par l'acide phosphorique dans un appareil spécial. On recueille un mélange d'oxygène, d'acide carbonique, d'azote et d'oxyde de carbone. On enlève l'acide carbonique par absorption alcaline jusqu'à ce que le volume gazeux ne diminue plus : on note ce volume. On ajoute alors au mélange de gaz restant de l'oxygène et l'on fait dans un eudiomètre la combinaison CO + 0 = CO-, sous l'influence des étincelles électriques. L'acide carbonique formé est absorbé par la potasse : la nouvelle différence de volume produite donne aussitôt sa quantité d'où l'on passe aisément à celle de l'oxyde de carbone.

Lorsque l'on dispose d'un volume de sang important, 25 à 10 ce. on emploie l'appareil ordinaire de Nicloux.

Lorsqu'on veut faire le dosage sur de très faibles quantités de sang (2 et même lcc), on emploie un appareil plus petit et l'on fait alors usage d'un eudiomètre de très petites dimensions.

L'appareil de Nicloux permet en outre de déterminer : 1° la capacité maxima d'absorption du sang pour V oxyde de carbone qui est l'analogue de la capacité respiratoire du sang : volume d'oxygène (ou de CO) fixé par 100 ce. de sang ; 2° le coefficient d'empoisonnement (Balthazard et Nicloux) qui est «le rapport de la quantité d'oxyde de carbone contenu dans le sang au moment de l'empoisonnement à la quantité que ce même sang peut absorber lorsqu'il est saturé au maximum ».

Résidu sec.

On tare deux verres de montre, l'un recouvrant l'autre. On fait tomber dans l'un une petite quantité de sang dont une nouvelle pesée donne le poids.

(1) Pour la description complète de l'appareil et la technique détaillée, voir les articles de Nicloux. dans le Bulletin de la Société de chimie biologique, n" 3 (juin-juillet-août) 1920 et n° 6 (juillet-août) 1921.

On procède alors à la dessiccation du sang par un éluvage à 100° prolongé jusqu'à poids constant (soit pendant environ 24 heures), eu soulevant ou en enlevant le verre qui sert de couvercle.

On remet alors celui-ci dans sa position première et on évalue par pesée le poids du résidu sec de l'échantillon de sang. On ramène au litre.

Le sang normal a un résidu sec égal à environ 210 grammes chez l'homme et 200 grammes chez la femme.

Dosage des éléments minéraux.

5 ou 10 ce. de sérum sont versés dans une capsule de platine tarée, évaporés et desséchés. On opère alors la calcination qui doit être ménagée, car l'on doit éviter de volatiliser les chlorures. On chauffe la capsule à la flamme d'une lampe à alcool pour ne pas dépasser le rouge sombre. Mais le charbon produit s'entoure bientôt d'une gangue saline qui empêche sa combustion complète. On enlève les sels en versant de l'eau distillée chaude dans la capsule. On verse la solution obtenue sur un filtre sans cendres : le filtrat recueilli est évaporé et le résidu salin obtenu est pesé (p).

Le filtre et le charbon qu'il a retenu sont desséchés et calcinés complètement dans la capsule de platine. On pèse le résidu minéral obtenu (//) et l'on additionne p et pJ.

Le sérum normal renferme environ 8 gr. de sels par litre. A côté du chlorure de sodium (5 à 6 gr.) on trouve en faible quantité du carbonate de sodium et du chlorure de potassium et en proportions plus faibles encore du phosphate de chaux, du phosphate de magnésie, des sulfates et des combinaisons organiques sodées.

Dosage des chlorures.

Méthode de Laudat (1). — Principe. — On réduit le dosage des chlorures du sang à un dosage d? chlorures dans un liquide ordinaire après avoir détruit par l'acide azotique en présence de permanganate de potassium les matières albuminoïdes qui gêneraient le dosage.

(1) Le dosage du chlore dans le sérum sanguin el dans les liquides albumineux de l'organisme. M. Laudat, Journal de pharmacie et de chimie, 16 sept. 1917, p. 168.

Technique. — « On mesure et on mélange successivement dans un vase à précipitation chaude, 5 ce. de sérum, 10 ce. d'azotate d'argent N/10, 6 ce. de solution saturée de permanganate de potasse pur et 10 ce. d'acide azotique pur à 40° B.

« On chauffe jusqu'à obtention d'une liqueur claire dans laquelle se dépose le précipité de chlorure d'argent. On prolonge de quelques minutes l'ébullition pour obtenir la libération du chlore organique possible. On refroidit et on complète à 100 ce. On titre l'excès d'argent par la solution N /10 de sulfocyanate de potasse en présence d'alun de fer. »

Dès qu'apparaît la coloration rouge sang, terne de la réaction, on lit le volume de sulfocyanate employé soit ncc.

(10 — n) 0,00585 donne la quantité de chlore en chlorure de sodium que renfermait la prise d'échantillon, soit 5 ce.

Le sérum d'un sujet normal soumis à un régime normal en chlorures renferme par litre environ 5 à 6 grammes de chlorure de sodium.

Alcalinité du sang.

Par des méthodes physiques on montre que le sang est sensiblement neutre. Par la méthode chimique habituelle des réactifs colorés, le sang (ou le sérum) apparaît soit comme alcalin (tournesol, cochenille), soit comme neutre (phtaléine) suivant que l'indicateur coloré est insensible à l'action des acides faibles comme l'acide carbonique ou bien, au contraire (phtaléine), qu'il en indique la présence.

L'alcalinité du sang serait due à des corps comme le bicarbonate de soude et le phosphate monosodique à côté desquels on trouverait des combinaisons assez mal définies.

Bicarbonates et phosphates monométalliques de métaux alcalins possèdent encore, d'ailleurs, des fonctions acides et sont susceptibles de consommer une certaine quantité d'alcali pour passer à l'état de sels chimiquement neutres à réaction alcaline.

Ceci fait que l'on peut parler tout ensemble d'alcalinité et d'acidité du sang.

On voit que l'alcalinité du sang est relative. Cependant « pour la discussion des problèmes de physiologie normale et pathologique qui touchent au conflit des acides et des bases dans le sang, il faut continuer à envisager ce liquide comme un milieu nettement alcalin (Lambling) (1). »

(1) Voir sur ce sujet de l'alcalinité du sang la très intéressante étude faite par E. Lambling, dans son Précis de biochimie, 3e édition, Masson, 1921, p. 267 et suiv.

Ce qui augmente encore la difficulté de la question, c'est « l'influence des albuminoïdes dissous et de l'urée, substances douées de propriétés réellement basiques sans influence cependant sur les indicateurs colorés et qui par suite absorbent sans contrôle une quantité d'acide variable » (A. Lumière, L. Lumière et Barbier).

Les auteurs qui ont tenté d'établir une méthode de dosage (1) ont obtenu des résultats variables suivant qu'ils ont fait le titrage direct ou le titrage par retour, suivant qu'ils ont éliminé avant ou après l'addition d'acide les matières albuminoïdes, suivant enfin le choix qu'ils ont fait des proportions relatives de sang et d'acide.

Aussi voit-on sans surprise les résultats publiés varier suivant les diverses méthodes de 1,8 à 8 et même 15 grammes de soude par litre.

Dosage des matières albuminoïdes.

On peut avoir à doser dans le sérum soit : 1° les matières albuminoïdes totales ; soit : 2° séparément, la nucléoalbumine, la serine et la globuline (2).

1° Dosage des matières albuminoïdes totales (3). — 5 ce. de sérum sont additionnés de 45 ce. d'eau distillée, de 1 ce. d'acide trichloracétique au 1 /3 et de 1 à 2 grammes de chlorure de sodium.

On coagule l'albumine au bain-marie bouillant, puis on porte à 90-95° sur une flamme de lampe à alcool. On laisse refroidir. On filtre sur filtre taré. On lave à l'eau bouillante jusqu'à ce que le filtrat ne donne plus la réaction des chlorures par l'azotate d'argent. On lave l'albumine à l'alcool et à l'éther. On sèche à 100-105 jusqu'à poids constant. On pèse et l'on déduit le poids du filtre.

On retranche du poids d'albumine totale obtenu celui des matières

(1) Parmi les méthodes de dosage qui ont été publiées signalons celle de MM. L. et A. Lumière et Barbiek, qui ont spécialement étudié la question, dans tes irchives de médecine expérimentale de novembre 1901. Reprenant la question, H. Clogne a montré (Voir le Dosage titrimétrique de l'alcalinité sanguine ; iniluence des matières albuminoïdes sur ce dosage; sa valeur. R. Clogne, Journal de Pharmacie et de Chimie, 1(5 janvier 1920, p. 49) que « le dosage titrimétrique est fonction de la quantité d'albumine du sérum ou du sang » et il a conclu de ses recherches que « les méthodes titrimétriques ne permettent point de doser l'alcalinité dans le sang ou dans le sérum ».

(2) MM. Piettrb et Vila préconisent pour la séparation des albumines du sérum l'emploi d'une méthode de déminéralisation physique et chimique (C. R. Académie des sciences, 14 juin 1920).

(3) Technique indiquée par M. Valchek dans YHydrémie des brightiques et des cardiaques œdémateux. Paris, Jules Rousset, 1911, p. 21.

minérales qu'elle peut renfermer en calcinant le précipité jusqu'à ce que l'on obtienne des cendres blanches que l'on pèse.

Un sérum normal renferme environ 80 grammes d'albumines totales par litre.

2° Dosages séparés de la nucléoalbumine, de la serine, de la globuline. — On utilisera la méthode indiquée par Grimbert (1).

« Dans une première opération, on étend 10 ce. de sérum à 100 ce,

on les additionne d'acide acétique à — en quantité strictement

nécessaire pour avoir une réaction faiblement acide et on abandonne au repos pendant 24 heures.

« La nucléoalbumine se sépare ; on filtre, on mesure une partie aliquotede la liqueur, on l'additionne de 5 grammes de chlorure de sodium et on porte à l'ébullition. Le précipité est recueilli sur un filtre taré, lavé, puis desséché à 105° et finalement pesé. On a ainsi le poids total de la serine et de la globuline.

« Dans une seconde opération, 10 ce. de sérum sont étendus à 100 ce. dans une éprouvette graduée et additionnés de 80 grammes de sulfate de magnésie pulvérisé. La globuline se précipite.

« Dans le liquide filtré on dose la serine comme précédemment. La différence entre les deux dosages donne le poids de la globuline contenu dans 10 ce. de sérum. »

Dosage de la fibrine (2).

On tare un vase à précipiter contenant un petit balai d'osier (3); on reçoit dans le vase un volume de sang assez considérable (au moins 30 ce.) dont on évalue le poids exact par une nouvelle pesée.

On active la formation du caillot en battant le sang avec le balai d'osier sur les brindilles duquel la fibrine vient adhérer. On jette le tout sur une toile tendue au-dessus d'un entonnoir. La fibrine est détachée du balai, et lavée dans un nouet, jusqu'à ce que tous les

(1) J. Guiart et L. Grimbert, Diagnostic chimique, microscopique et parasitoloyique. Paris, J. Lamarre, 3e édition, 1912, p. 13G.

(2) Certains auteurs ont proposé d'étudier les variations du fibrinogène du sang. On isole ce fibrinogène du sang oxalaté par chauffage à 59°, on lave à l'eau, à Talcool-éther. On sèche à 120 et pèse.

Le sang normal renferme 0,30 à 0,40 de fibrinogène pour 100 de plasma. Cette quantité s'abaisserait dans les maladies du foie (Whipple et Hlrwitz, Journ. exper. Med., 1911, t. XIII, p. 136 ; Whipple, Arck. Intem. Méd., 1912, t. IX, p. 365).

(3) Obtenu en divisant en plusieurs branches un petit morceau d'osier.

globules rouges soient complètement éliminés. On recueille la fibrine, on la traite successivement par l'alcool, puis par l'éther ; on la dessèche sur un verre de montre vers 105° jusqu'à poids constant.

Dosage de l'hémoglobine (voir p. 40).

Azote total.

Uazote total proprement dit du sang est la quantité totale d'azote que renferment dans leur molécule toutes les matières azotées du sang total sans exception.

Par une économie de mots qui nous paraît regrettable, on entend cependant le plus souvent par azote total ce qui n'est en réalité que l' azote total non proie que du sérum : cet « azote non proléique » correspond à tout l'azote de matières azotées du sérum d'abord privé par coagulation de ses matières protéiques.

Disons tout de suite que tout ce qui n'est pas de l'urée dans cet azote non protéique est appelé azote résiduel, c'est-à-dire que l'azote résiduel = azote total non protéique — azote de l'urée.

, . ( Azote de l'urée.

Azote total ^ ^ ^'^ 1 Azote <é^

( Azote des matières protéiques.

Le dosage de l'azote total proprement dit n'a pas d'intérêt clinique suffisant pour que nous nous y arrêtions : il serait d'ailleurs identique, à la précipitation des albumines près, à ceux que nous allons décrire pour l'azote total non protéique.

Dosage de l'azote non protéique.

Principe. — Quelle que soit la méthode choisie, trois opérations successives sont nécessaires :

a) Séparation des matières protéiques coagulables.

b) Transformation de l'azote non protéique en ammoniaque.

c) Dosage de cette ammoniaque.

Technique. — I. Procédé de Grimbert(I). — a) On verse dans une

(1) J. Guiart et L. Giumbert, Diagnostic chimique, microscopique el parasitologique. Paris, Litmarre, 1912, p. 137.

capsule tarée un volume connu N de sérum (20 à 30co) ; on ajoute 250 ce. d'eau, 10 grammes de chlorure de sodium et un excès d'acide trichloracétique.

On chauffe le tout au bain-marie jusqu'à coagulation. On laisse refroidir et pèse. Soit P le poids total du mélange. On filtre et on recueille un poids p de liquide correspondant à un volume n de sérum donné par la formule.

On ajoute 1 ce. d'acide chlorhydrique et on évapore le tout à 20 ce.

b) On prélève 10 ce. de la liqueur représentant - de sérum et on

transforme par ébullition avec l'acide sulfurique concentré suivant la méthode de Kjeldahl(l) toutes les matières azotées en sulfate d'ammoniaque .

c) Ce sulfate d'ammoniaque est dosé soit par la méthode au formol, soit par la méthode à l'hypobromite de soude (2).

IL Procédé de Grigaut e. Thiér/ (3). — Voici, résumées, les opérations successives que comporte ce procédé :

a) On ajoute au sérum (la technique est la même pour le sang total) un égal volume de solution à 20 p. 100 d'acide trichloracétique. On agite. On filtre.

b) 2 ce. du filtrat correspondant à 1 ce. de sérum sont versés dans un grand tube à essai (4). On ajoute 1 ce. de liqueur cupro-sulfurique (5) et une perle de verre.

On chauffe le tube, fixé sur un support. Quand l'eau est éliminée et que les vapeurs blanches apparaissent, on couvre le tube et on continue

(1) et (2) Voirie détail de ces méthodes à l'article Analyse des urines du tome XIII de ce traité.

(3) Ce procédé récemment publié est une modification du procédé de Grigaut et Guérin. Voir la communication de ces auteurs : « Dosage colorimétrique de l'azote non protéique par le réactif de Nessler », Comptes rendus de la Société de Biologie, LXXXI, 7 Dec. 1918, p. 1139, et leur article: « Le dosage de l'urée et de l'azote non protéique dans le sang et dans les tissus par le réactif de Nessler », Journal de pharmacie et de chimie, 16 avril et l,r mai 1919.

(4) Les auteurs recommandent d'employer plutôt que des tubes en verre des tubes de pyrex ou de silice.

(5) Liqueur cupro-sulfurique :

\ Acide sulfurique à 66° 100 ce.

( Solution de sulfate de cuivre à 1/200 . . 100 —

à chauffer doucement jusqu'à ce que la liqueur soit décolorée, conservant seulement une faible teinte bleuâtre. Après refroidissement on ajoute de l'eau distillée. On verse la liqueur dans un ballon portant deux traits de jauge 80 et 100 ce.

Les liqueurs de rin âge du tube sont versées dans le ballon et l'on complète à 80 ce. avec de l'eau distillée.

On prépare alors une solution qui servira de terme de comparaison en versant, dans un second ballon de 80-100 ce, 25 ce. de solution étalon de sulfate d'ammoniaque (1), 1 ce. de liqueur cupro-sulfurique et de l'eau distillée en quantité suffisante pour 80 ce.

c) Le dosage de l'ammoniaque se fait par nesslérisation en versant dans chacun des deux ballons assez de réactif de Nessler (2) pour faire 100 ce.

On compare les teintes obtenues dans les deux ballons au colorimètre de Duboscq et l'on déduit de ce dosage colorimétrique la teneur en azote non protéique du sérum examiné.

Les auteurs font remarquer que, lorsqu'on a affaire à un sérum ou à un sang d'azoturique ou que l'on s'adresse aux globules, il faut réduire la prise d'échantillon pour obtenir des teintes voisines de celles de l'étalon.

L'azote non protéique du sérum varie chez l'homme normal de 0 gr. 21 à Ogr. 27 p. 1.000 (en moyenne 0,24).

Pour le sang total on trouve de 0,27 à 0,35 (moyenne 0,32) et pour les globules de 0,45 à 0,58 (moyenne 0,48) (Grigaut).

Dans la néphrite azotémique, l'azote non protéique peut atteindre des taux considérables, jusqu'à 3-4 grammes et plus.

A quoi correspond cet azote non protéique ? Il représente d'abord et surtout l'urée et puis la totalité des corps qui constituent l'azote résiduel (voir plus loin).

(1) Solution étalon de sulfate d'ammoniaque :

Dissoudre 4 gr. 716 de sulfate d'ammoniaque pur et sec dans 1 litre de solution

N d'acide sulfurique - , l'acide assurant la conservation de la liqueur.

10 ce. de cette solution sont étendus à 1 litre avec de l'eau distillée, donnant ainsi la solution étalon de sulfate d'ammoniaque dont l ce. = r^-\ ^e milligramme d'azote.

(2) Réactif de Nessler. On dissout dans un peu d'eau distillée 12 gr. d'iodure de potassium etl5gr.de biiodure de mercure. On ajoute 180 ce. de lessive de soude pure et assez d'eau pour faire 1 litre.

Le liquide obtenu, d'abord trouble, se clarifie par le repos. On en prélève au moment du besoin, par décantation, la quantité nécessaire. Le réactif employé doit être limpide.

Rapport azotémique.

Ce rapport établi par P. Brodin et J. Oddo (1) est le suivant :

Azote de l'urée Azote non protéique'

Ce rapport est normalement de 68 à 70 p. 100 ; il s'abaisserait au cours de l'ictère catarrhal.

Dosage de l'urée.

On emploie le plus souvent (2) :

1° Soit la méthode à l'hypobromite qui dégage l'azote de l'urée et un peu d'azote provenant des corps sur lesquels nous aurons à revenir (voir azote résiduel). C'est la méthode clinique habituelle.

2° Soit la méthode au xanthydrol qui ne dose que l'urée seule.

1° Méthode a l'hypobromite de soude. — On prélève par ponction veineuse ou par ventouses scarifiées 30 ce. de sang environ qu'on laisse coaguler.

On opère sur un volume de sérum voisin de 10 ce. exactement mesurés que l'on verse dans un verre à pied. On ajoute par portions un égal volume de solution d'acide trichloracétique à 30 p. 100 en agitant le mélange. On laisse reposer. On filtre. 10 ce. de filtrat limpide représentant 5 ce. de sang (3) sont traités par l'hypobromite de soude dans un uréomètre d'Vvon spécial pour le sang, c'est-à-dire un uréom être gradué en 1 /20e de centimètre cube et dont la partie inférieure est renilée pour augmenter la capacité de l'appareil.

L'uréomètre étant rempli de mercure jusqu'au-dessus du robinet, on verse dans la partie supérieure le sang dilué que l'on fait passer dans la seconde partie de l'appareil.

(1) P. Brodin et J. Oddo, Modifications de l'équilibre azoté du sérum sanguin au cours de l'ictère catarrhal. C. R. de la Soc. de biologie, t. LXXXIII, n° 15, 1er mai 1920, p. 603.

(2) Citons parmi les méthodes que nous ne pouvons pas donner en détails ici : celle de Dusgrez et Feuillée ; celle de l'uréase (Marshall, von Slyke et Cullen ; Folin) qui dose la somme urée + ammoniaque ; celle de Grigaut et Guérin par nesslérisation.

(3) C'est la quantité habituelle. Il y aura lieu naturellement de l'augmenter ou de la réduire suivant la teneur supposée du sang en urée.

On fait pénétrer de la même manière et en évitant toute rentrée d'air quelques gouttes de solution alcoolique de phénol phtaléine, puis par 1 ce. à la fois, de la solution concentrée de soude nécessaire ici pour neutraliser l'excès d'acide trichloracétique. On arrête l'addition de soude (qui a servi aussi à entraîner la faible quantité de sang déféqué qui restait dans la portion supérieure de l'appareil) quand la totalité du mélangea viré au rouge vif. (Cette coloration rouge de la phtaléine en milieu alcalin sera d'ailleurs détruite quand on ajoutera l'hypobromite et virera au vert.)

On ajoute alors 5 ce. environ d'hypobromite de soude (1). Le dégagement gazeux ne s'amorce en général que lentement : il faut le favoriser par de nombreux brassages énergiques — une dizain au nions répétés à intervalles réguliers pendant un quart d'heure environ ; en tout cas jusqu'à ce que l'on n'observe plus de différence entre deux lectures successives du volume gazeux.

On porte alors l'uréomètre sur la cuve à eau. On fait la lecture en égalisant les niveaux de l'eau à l'intérieur et à l'extérieur de l'appareil. On ramène à 0 et 760 et on multiplie le volume d'azote par 0,027 pour obtenir le poids d'urée contenu dans 5 ce. de sang (2).

Malgré les critiques dont elle a été l'objet, cette méthode de dosage à l'hypobromite reste la méthode clinique de choix, rapide et suffisamment précise. En raison de la faible teneur du sang normal en urée, il importe de ne pas diluer les liqueurs et de brasser énergiquement la masse au cours du dosage.

C'est de l'urée dosée par l'hypobromite qu'il est toujours question dans les travaux de Widal et de ses élèves, et c'est habituellement d'elle que l'on parle en clinique.

Le taux normal de cette urée par litre de sérum (ou de sang) est de 0 gr. 20 à 0 gr. 50 : en moyenne 0 gr. 30.

Dans les cas pathologiques on peut observer des taux considérables : 6, 7 grammes et plus p. 1000.

(1) llypobromile de soude.

On mélange 50 gr. de lessive de soude de D = 1,33 et 100 ce. d'eau. Dans ce mélange que l'on agite en le refroidissant sous un courant d'eau on verse par portions successives (> ce. de brome.

(2) Quand on emploie l'hypobromite ordinaire, on retranche du volume d'azote et avant toute correction 0 ce. 05 qui correspondent (Grimbert et Laldat) au dégagement de l'oxygène que renfermaient les 5 ce. d'hypobromite.

Laudat conseille d'employer la formule donnée par Meillère :

Bromure de potassium 2 gr.

Hypochlorite de soude à 30° 50 c c.

Cet hypobromile m; donne qu'un très faible dégagement d'oxygène.

On sait que chez un néphritique chronique le chiffre d'urée sanguine permet, ainsi que l'ont montré Widal et ses élèves, d'établir un pronostic :

De 0 gr. 50 à 1 gramme d'urée par litre on a une azotémie d'alarme qui peut rester stationnaire, ou rétrocéder, ou progresser.

Au-dessus de 1 gramme plusieurs fois de suite, on peut prévoir la mort dans les deux ans.

De 1 à 2 grammes, survie de un an au plus.

De 2 à 3 grammes, survie de mois ou de semaines.

Au-dessus de 5 grammes, survie de quelques jours seulement.

Quand l'azotémie dépasse 1 gramme d'une manière durable, la mort est certaine. On peut observer une augmentation progressive du taux de l'urée ou des chutes qui ne sont que des rémissions trompeuses. Un brightique ayant plus de 2 grammes d'urée s'achemine fatalement vers la mort.

2° Méthode de Fosse. — Principe. — Les travaux de Fosse (1) ont montré que le xanthydrol donne avec l'urée de la dixanthylurée (2), insoluble, dont le poids représente 7 fois celui de l'urée dont on est parti.

Parmi les divers éléments du sang, l'urée seule donne cette combinaison qui serait spécifique.

Pour appliquer cette méthode au sang, il faut d'abord dé équer celui-ci par un réactif approprié (et non par l'acide trichloracétique) (Laudat).

(1) Les premières communieations de Fosse sur ce sujet datent de 1907. Voir spécialement Fosse, Origine et distribution de l'urée dans la nature. Annales de l'Institut Pasteur, XXX (1916). La méthode de Fosse a fait l'objet de nombreuses études ; citons surtout celles de Grimbert dans le Journal de pharmacie et de chimie du 1(5 avril 1917 et de L.vudat dans le Journal de pharmacie et de chimie du ]"■•' janvier 1921.

(2) Le xanthydrol HO — CH ( )0 est préparé par réduction de la xanthone,

\CGH4X

/C6H\ GO( )0 que Ton obtient par distillation sèche du salol.

\C6H4/ Par combinaison avec l'urée on a :

HO — CH( • >0 /AzH - CH^ )0

/AzH* XC6H*X / XC6H*X

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