‹ Sang, organes hématopoïétïques, rate, osChapitre 32 sur 123 · H4C6/ XC6H*X · texte numérisé non relu

H4C6/ XC6H*X

Technique (1). — «On opère sur 10 ou 5 ce. de sérum (2). On ajoute volume égal d'un réactif de Tanret ainsi modifié par Fosse :

Chlorure mercurique 1 gr. 71

Iodure de potassium 7 gr. 20

Acide acétique cristallisable 66 gr. 6

Eau q. s. pour 100 ce.

« On mélange pour obtenir un liquide homogène et on filtre. On prélève 10 ou 5 ce. de filtrat ; on y ajoute volume égal d'acide acétique cristallisable puis, en une fois, une quantité de solution à 10 p. 100 de xanthydrol (3) dans l'alcool méthylique à 99°,5 variable selon la quantité d'urée renfermée dans la prise d'essai ou selon le volume total du liquide (4) : 1 ce. pour un sérum normal et pour un volume total de 10 ce. Le mélange se trouble plus ou moins rapidement par suite de la formation d'un précipité de dixanthylurée. On laisse la condensation se faire durant deux à douze heures (5). On équilibre très exactement deux disques de papier à filtrer. On les place sur un entonnoir de Buchner ajusté lui-même sur une fiole à vide. On humecte les filtres avec de l'acide acétique à 50 p. 100 et on fait le vide dans la fiole. On verse alors peu à peu le liquide et le précipité au centre du filtre, de façon à rassembler la dixanthylurée.

« Le petit vase dans lequel s'est effectuée la condensation est rincé avec une très petite quantité d'alcool méthylique à 99°,5 et le liquide sert, en passant sur le filtre à laver le précipité. On termine le lavage par quelques gouttes d'alcool de façon à ne pas employer au total plus de 2 ce. d'alcool pour le précipité d'un sérum normal.

(1) Laudat, Le dosage de l'urée dans le sang. Etat actuel de la question. Journal de pharmacie et de chimie, \'r janvier 1921.

(2) « La quantité de sang nécessaire pour le dosage varie comme dans la méthode à l'hypobrornite, selon la teneur en urée. Dans certains cas d'ictère, l'urée est en très faible quantité et il est nécessaire d'opérer avec 20 ce. de sérum au minimum. Par contre, dans de grandes azotémics l ou 2 ce. suffisent. »

(8) Il faut employer pour faire cette solution de l'alcool méthylique à 90°, h. La solution doit être préparée au moment du besoin. Certains produits commerciaux sont incomplètement solubles dans l'alcool méthylique : ils renferment en effet un produit d'altération spontanée du xanthydrol, insoluble. Dans ce cas, on fait, au lieu de la solution méthylique, une solution acétique en triturant 1 gr. de xanthydrol avec 9 ce. d'acide acétique cristallisable exempt d'acide minéral.

(4) « Pour les grandes dilutions, à partir de 1 p. 1.000 par exemple, la proportion ne doit plus être réglée par l'urée en présence, mais par le volume total du mélange. Ainsi pour 10 ce. on mettra 1 ce. de solution de xanthydrol. »(Laudat.)

(5) <( La durée de la condensation varie de deux à douze heures. C'est l'étude des solutions très diluées qui nous a conduit à prolonger la condensation^ en somme elle varie en raison inverse de la proportion d'urée. » (Laudat.)

« Les filtres essorés sont portés à l'étuve à 100° et séchés jusqu'à poids constant. Ce poids, divisé par 7 et multiplié par 2 puisqu'il y a eu dilution au demi donne la quantité d'urée renfermée dans la prise d'essai. »

Remarque. — Le dosage de l'urée par la méthode de Fosse donne un chiffre d'urée toujours supérieur à celui que donne l'hypobromite qui ne dose pas l'urée seule, comme on le sait.

Voir au chapitre de l'azote résiduel ce qu'il faut penser de ces différences.

Constante d'Ambard.

Cette constante établit le rapport entre la teneur du sang en urée (Ur) et la racine carrée du débit de l'urée dans l'urine ramené à la concentration étalon de 25 p. 1.000 (D.>5).

Ur

Les détails de technique nécessaires pour déterminer cette constante et les résultats qu'elle fournit à la clinique sont exposés dansle tome XIII de ce traité. Nous nous bornerons ici à résumer brièvement la technique.

Les prélèvements doivent être faits entre 9 et 12 heures. Le malade vide sa vessie : l'urine est rejetée ; on note l'heure et on recueille les urines pendant deux heures à deux heures et demie, le malade vidant bien sa vessie à la fin du prélèvement (quand le malade est sondé, un prélèvement de une heure et demie suffit).

On note exactement la durée du prélèvement T en minutes et le volume v en centimètres cubes émis pendant ce temps.

Pendant le temps que se fait le prélèvement de l'urine, on fait au malade une prise de sang de 25 à 30 ce. On laisse le sang se coaguler.

On fait le dosage de l'urée dans l'urine qui donne la concentration de l'urée dans l'urine, c'est-à-dire le poids d'urée urinaire par litre = c. Le dosage de l'urée dans le sérum se fait en traitant celui-ci comme il a été dit plus haut par un égal volume de solution d'acide trichloracétique à 30 p. 100. On mélange. On filtre. On opère sur le volume de filtrat le plus grand possible. On l'alcalinise par la soude et on le traite par l'hypobromite de soude dans l'uréomètre d'Yvon gradué en 1 /20e de centimètre cube. La masse doit subir au moins dix brassages énergiques pendant un quart d'heure, jusqu'à ce que l'on n'observe plus d'augmentation du volume gazeux.

La teneur en urée par litre de sang est appelée Ur. Connaissant : T = durée du prélèvement.

v = volume d'urine émise pendant le temps T.

c = concentration de l'urine en urée, c'est-à-dire

urée par litre d'urine d'après le volume v. Ur = urée sanguine par litre.

On calcule successivement :

V = volume théorique (en litres) des 24 heures d'après l'émission v pendant le temps T.

D = débit rapporté aux 24 heures en faisant le produit V x c.

Pour ramener ce débit D à la concentration étalon de 25 p. 1.000, c'est-à-dire le transformer en D.>5 on multiplie D par V/ -.

Enfin le quotient de Ur par y/rj. = constante.

Ur (1)

Azote résiduel.

Lorsque l'on retranche de l'azote non protéique l'azote de l'urée, on obtient « l'azote résiduel » du sérum (Chauffard et Brodin) (2).

Azote résiduel = azote non protéique — azote de l'urée. On trouve normalement 0,15 à 0,20 d'azote résiduel par litre. Dans divers états pathologiques et spécialement au cours des néphrites, ce chiffre s'élève à 1 gr. et plus (3).

Quelles sont les molécules azotées qui viennent former cet azote résiduel ? La question, malgré son intérêt capital, n'est pas encore résolue : elle est d'ailleurs d'une complexité extrême puisqu'il s'agirait

(1) Si l'on tient compte du poids du sujet en expérience (P) on rapporte celui-ci

Ur

au poids du sujet normal moyen (70 kgr.) et la formule devient : K = t/p.- y ^0.

(2) P. Brodin, les Variations de l'azote résiduel du sérum sanguin, leur importance comme signe d' in suffisance hépatique. Thèse de Paris, 1914.

(3) Un taux élevé d'azote résiduel serait un signe d'insuffisance hépatique (Brodin).

en somme de caractériser et de doser tout ce qui parmi les matières azotées non protéiques (1) n'est pas de l'urée.

On sait déjà que cet azote résiduel est formé de l'azote des sels d'ammoniaque, des acides aminés, de l'acide urique et des bases puriques, de la créatinine et de la créatine,de l'acide hippurique, des acides oxyprotéiques, des traces de bilirubine (2). Mais la liste n'est pas close et la question reste pendante.

Nous ne connaissons donc pas la nature complexe, la qualité multiple des différents éléments constituants de l'azote résiduel

Il est plus facile à déterminer en quantité ; mais pour bien connaître celle-ci, il faudra d'abord s'entendre sur les moyens pratiques de l'évaluer.

En théorie il suffit de retrancher de l'azote non protéique l'azote de l'urée. En pratique, il n'y a qu'une méthode pour déterminer l'azote non protéique si l'on néglige les modalités particulières des deux procédés que nous avons indiqués. Mais pour l'urée ?

Par quel procédé doser l'urée?

Deux méthodes s'offrent à nous pour doser l'urée et les résultats qu'elles fournissent sont très souvent différents, la méthode à l'hypobromite donnant un chiffre supérieur à celui que donne la méthode au xanthydrol qui est, elle, spécifique, l'urée seule entrant en réaction.

Ces différences ont très vite- retenu l'attention (3). Pour les expliquer on admet qu'il y a dans le sang à côté de l'urée un corps (4) qui n'est

(1) C'est parmi ces corps que certains auteurs, pensant que la toxicité de l'urée ne suffit pas à expliquer les accidents de l'urémie cherchent celui à la présence duquel on pourrait rapporter ces accidents. Il semble cependant que la toxicité de l'urée puisse suffire à expliquer la plus grande partie au moins des phénomènes d'intoxication : voir M. Hélouin, L'azote résiduel et l'urée dans leurs rapports avec l'azotémie et l'urémie. Presse méd. (81), 6 nov. 1920, p. 797.

(2) Dans 1 litre de sérum normal on trouve (Grigaut) 0,24 d'azote non protéique que l'on peut répartir ainsi :

Az. de l'urée 0,13

1 Az. des acides aminés 0,04

, . , , 1 Az. de l'ammoniaque . ". 0,02

Az. résiduel \ k A , *. • \ . .. n AO

Az. de créatinine et creatine 0,02

Az. de l'acide urique 0,01H

On voit que ce qui reste à déterminer représente un chiffre d'azote faible mais non négligeable.

(3) P. Carnot, P Gérard et Mlle Moissonnier, Présence dans le sang de grands azotémiques d'un corps azoté différent de l'urée dosé par l'hypobromite mais non par le xanthydrol. C. B. Soc. de BioL, t. LXXX11, n° 27, 8 nov. 1919.

(4) On ignore encore la nature exacte de ce corps. On a songé tout de suite aux acides aminés et aux sels d'ammoniaque mais la quantité de ces substances ne suf-: fit pas en général pour expliquer les différences observées. On croit que ce corps inconnu donne de l'ammoniaque par hydrolyse. (Voir P. Carnot, P. Gérard et Mlle S. Moissonnier, C. B. Soc. de Biologie, t. LXXX1I, n° 27, 8 nov. 1919.)

pas de l'urée mais qui sous l'action de l'hypobromite dégage de l'azote.

L'on conçoit aisément que si l'on emploie la méthode à l'hypobromite l'azote de ce corps viendra s'ajouter à celui de l'urée — diminua ni d'autant l'azote résiduel qui semblera être sans rapport avec les accidents toxiques.

Par la méthode au xanthydrol, au contraire, on ne le compte pas comme urée et l'azote résiduel en sera augmenté d'autant, son taux semblant s'élever au cours des accidents urémiques (1).

Laudat vient de déterminer récemment la valeur comparée de ces méthodes et des résultats qu'elles fournissent (2). Il conclut en ces termes: «La comparaison des résultats obtenus en pratiquant le dosage de l'urée du sérum par l'hypobromite et par le xanthydrol nous montre:

« 1° Que la méthode à l'hypobromite apporte une erreur par excès ;

« 2° Que cette erreur est de 25 p. 100 en moyenne chez le sujet normal soumis à un régime mixte ;

3° Qu'elle diminue dans les affections rénales, proportionnellement au degré de la rétention azotée, et que chez les grands azotémiques elle peut tomber à 3 p. 100 ;

4° Qu'elle varie peu au cours de différentes affections ne s'accompagna nt pas de rétention azotée ;

« 5° Qu'elle croît dans les affections du foie et qu'elle peut s'élever à 75 p. 100 et plus.

« De l'exposé de ces faits nous pouvons conclure que la méthode à l'hypobromite... garde une valeur clinique indiscutable tout particulièrement dans les affections rénales.

« Même chez le sujet normal l'erreur de 25 p. 100 ne pourra troubler le clinicien qui sait que les variations dues à l'alimentation déterminent des écarts du même ordre. Dans l'étude des maladies du foie, l'hypobromite devra être abandonné et remplacé par le xanthydrol. Il devra en être de même dans toutes les recherches scientifiques, notamment dans la détermination du rapport azotémique.

« Ce qu'il importe de retenir, c'est que le dosage de l'urée du sang

(1) Ceci pourrait peut-être expliquer une partie au moins des résultats contradictoires qui ont été publiés sur l'importance de l'azote résiduel au cours de l'azotémie. Il est en tout cas souhaitable que l'on n'oublie jamais de spécifier à quelle méthode de dosage de l'urée, bypobromite ou xanth\drol on a eu recours, que Ton veuille ou non évaluer l'azote résiduel.

(2) M. Laudat, Le dosage de l'urée dans le sang. Etat actuel de la question. Journal de pharmacie et de chiinie, 1er janv. 1921. Voir aussi M. Laudat, Etude comparative des rétentions de l'urée et des autres substances azotées dans le sang des brightiques azotémiques, C. R. Soc. de biol., 8 janv. 1921, où l'auteur montre que le taux de I azote résiduel chez les brightiques en accidents terminés par la mort est resté normal.

par l'hypobromite est une opération simple, facile à réaliser dans un laboratoire modeste. Le dosage par le xanthydrol est au contraire une opération délicate, qui nécessite une pratique minutieuse et qui doit être réservée aux laboratoires de recherches. »

Ce point de vue est défendu aussi par Hélouin (1), qui, pensant que ce que l'on dose par l'hypobromite n'est en somme que de l'urée et de l'urée détournée sous la forme de sels ammonicaux, estime que ce dosage par l'hypobromite reste le véritable moyen d'évaluer l'azotémie.

Nous pensons avec ces auteurs qu'il faut, en résumé :

1° Doser l'urée par l'hypobromite, c'est-à-dire évaluer la somme urée + corps voisins quand on veut déceler une azotémie et en suivre les variations ;

2° Doser F urée par le xanthydrol, c'est-à-dire évaluer l'urée seule :

a) Au cours des affections hépatiques ;

b) Lorsqu'on veut ensuite déterminer la valeur de l'azote résiduel et celle du rapport azoturique.

Dosage de l'acide urique.

Le plus ancien procédé de dosage de l'acide urique est le « procédé du fil » de Garrod. Garrod traitait le sérum par l'acide acétique ; l'acide urique libéré se déposait sur des fils de toile. Après deux jours de contact on évaluait approximativement la quantité d'acide urique d'après l'abondance plus ou moins grande des cristaux déposés sur les fils.

Quoique tout à fait imparfait, ce procédé a rendu pendant longtemps des services en clinique.

Il a été abandonné depuis que de nombreuses méthodes de dosage ont été publiées en ces dernières années.

Parmi celles-ci nous n'en décrirons qu'une : la méthode de Grigaut, modification de celle de Follin et Denis.

Méthode de Grigaut (2). — Principe. — Follin et Denis ont montré (3) que l'acide urique traité par l'acide phosphotungstique en

(1) M. Hélouin, L'azote résiduel et l'urée dans leur rapport avec l'azotémie et l'urémie. Presse méd. (81), 6 nov. 1920, p. 797.

(2) A. Grigaut, Procédé colorimétrique de dosage de l'acide urique dans le sang. C.R. Soc. de biologie, t. LXXXIII, 1920, n° 28 (16 octobre 1920), p. 127a.

(3) Dosage colorimétrique de l'acide urique dans le sang d'après les recherches de Follin et Denis (Journ. of bioloyical Chemistry, XII, p. 239, 1912), de Stanley Benedict (/<*., XX, p. 629, 1915) et de L.-Jeaw Bogert {Ici., XXXI, p. 165, 1917). Compte rendu donné par L. Grimbert dans le Journal de pharmacie et de chimie, 1" avril 1919, p. 208.

présence de carbonate de soude donne une coloration bleue dont l'intensité est proportionnelle à la quantité d'acide mis en réaction : on peut la comparer à celle que donne une solution étalon d'acide urique.

Cette coloration étant donnée également par les diphénols et les triphénols, Follin et Denis séparaient tout d'abord l'acide urique comme on le fait dans l'urine sous la forme d'urate argentico-magnésien.

Mais Grigaut a montré que le sang normal ou pathologique ne renferme pas, parmi les composés phénoliques, de phénols susceptibles de donner cette coloration. Certains médicaments de nature phénolique seuls pouvant la donner : résorcine, tanin, créosote, gaïacol, etc.; il sera facile d'en supprimer l'usage avant de faire le dosage de l'acide urique.

En outre Grigaut a vu que la précipitation préalable de l'acide urique sous la forme d'urate argentico-magnésien entraînait une perte sensible de l'acide (ce qui explique que les chiffres qu'il a trouvés sont sensiblement doubles de ceux qu'ont donnés les auteurs américains) par la solubilité relative de cet urate dans l'eau.

Technique. — « Précipiter le plasma (ou le sérum) par son volume d'acide trichloracétique à 20 p. 100. Agiter et filtrer. Dans une première éprouve tte, placer 5 ce. du filtrat trichloracétique précédent et 2 ce. de réactif phosphotungstique de Follin et Denis (1). Dans une seconde éprouve tte, placer 5 ce. de solution étalon d'acide urique et également 2 ce. de réactif phosphotungstique. Verser ensuite simultanément dans chacune des deux éprouvettes 15 ce. de solution à 40 p. 100 de carbonate de soude cristallisé et procéder immédiatement (2) à l'évaluation colorimétrique au moyen de l'appareil de Duboscq. »

Préparation de rétalon colorimé trique. — « On commence par préparer une solution d'acide urique à 0 gr. 20 par litre. On place dans un ballon jaugé d'un litre 0 gr. 20 d'acide urique pur, en suspension dans quelques centimètres cubes d'eau et on ajoute 400 à 500 ce. d'eau chaude contenant en solution 9 grammes de phosphate disodique pur et cristallisé et 1 gramme de phosphate monosodique cristallisé. Le mélange est agité

(1) « Go réactif se prépare en portant à 1 ébullition pendant une heure dans un matras muni d'un appareil de réfrigération à reflux (entonnoir) :

C Tungstate de soude 100 gr.

j Acide phosphorique à G0° (85 p. 100) 80 ce.

' Eau distillée 800 —

<t On laisse refroidir et on complète la solution au litre avec de l'eau distillée. » (2,i En effet la coloration bleue obtenue n'est pas stable.

jusqu'à dissolution complète de l'acide urique, puis additionné après refroidissement de 1 ce. 4 d'acide acétique cristallisable. On complète à 1.000 avec de l'eau distillée, on mélange et on ajoute 5 ce. de chloroforme pour empêcher la croissance des bactéries. D'après Benedict et Hitchcock à qui nous empruntons ce mode opératoire, la solution ainsi préparée se conserverait facilement deux mois. Nous croyons plus prudent de la renouveler tous les quinze jours.

« Pour constituer l'étalon colorimétrique qui convient au dosage de l'acide urique du sérum dans les conditions normales, on dilue la solution précédente au quart et on additionne le mélange obtenu de son volume d'acide trichloracétique à 20 p. 100. Cet étalon traité dans les conditions de la technique précédente fournit une teinte qui correspond à 0 gr. 05 d'acide urique par litre de sérum.

« On constituera d'une manière analogue des étalons plus élevés en titre pour les sérums plus riches en acide urique, le sang total et les hématies de manière à pratiquer toujours la colorimétrie sur des teintes d'intensités voisines.

« Les étalons à base d'acide trichloracétique baissent rapidement de titre et il est nécessaire de les renouveler tous les deux jours (1). »

Les récentes recherches de Grigaut (2) montrent que l'on dose par son procédé l'acide urique et ses dérivés d'oxydation, alloxane et alloxantine, mais pas les autres purines ; d'ailleurs la presque totalité des purines du sang est sous la forme d'acide urique.

D'après les recherches de A. Chaulïard, P. Brodin et A. Grigaut (3) le taux normal de l'acide urique (4) dans le sang (sérum ou plasma) oscille entre 0 gr. 04 et 0 gr. 05 par litre.

Les globules rouges ont une teneur voisine de 0 gr. 30 qui varie peu et qui est moins intéresssante à étudier.

(1) Procédé colorimétrique de dosage de l'acide urique dans le sang par A. Grigaut. C. R. Soc. de biol., t. LXXXIII, 1920, n" 28 (séance du 1G octobre 1920), p. 1273-

(2) Spécificité de la réaction phosphotungstique pour le dosage de l'acide urique. Le rapport des bases xanthiques à l'acide urique, par A. Grigaut. C. R. Soc. de biologie, LXXXVI (9 avril 1921), p. 632.

(3) Voir les communications et articles de A. Chauffard, P. Brodin et A. Grigaut :

a) Le dosage de l'acide urique dans le sang. C. R. Soc. de biologie, t. LXXXIII, n 16 (8 mai 1920), p. 672 ;

b) L'hyperuricémie dans la goutte et dans la gravclle. Presse médicale, n" 92, 15 décembre 1920, p. 905 :

c) La teneur en acide urique des urines dans la goutte et dans la gravelle. Presse médicale, 23 février 1921, p. 153.

(4) L'acide urique dérive de la désintégration des nucléoproléides alimentaires (acide urique exogène) ou des tissus (acide urique endogène).

A l'état pathologique, on peut trouver dans le plasma ou dans le sérum de 0 gr. 02 à 0 gr. 16 d'acide urique par litre.

L'hyperuricémie, notable chez les néphritiques et les artério-scléreux hypertensifs, semble surtout intéressante à étudier dans la goutte (0,07 à 0,12) et dans la gravelle (0,06 à 0,10). Au cours de ces affections, le taux de l'acide urique de l'urine est souvent peu élevé et en disproportion avec celui du sang, ce qui démontre la faible valeur des renseignements que peut donner le dosage de l'acide urique urinaire. Il est impossible d'établir pour l'acide urique une constante analogue à la constante uréosécrétoire en raison de ce fait que l'on a ici non pas un corps simple comme l'urée, mais un mélange complexe d'acide urique et des diverses formes d'acide urique combiné.

Souvent l'hyperuricémie marche de pair avec l'hyperbilirubinémie et l' hyper cholestérinémie.

Enfin l'hyperuricémie aurait deux causes : l'hypoperméabilité rénale dont elle serait « le signe chimique le plus sensible » et surtout les troubles du métabolisme azoté produits sans doute par les perturbations de la fonction uricolytique normale du foie.

Dosage du glucose (1).

Une précaution essentielle s'impose ici : éviter la glycolyse spontanée qui se produit dans le sang par l'action (Lépine) d'une diastase des globules blancs.

Il convient de faire le dosage du glucose du sang immédiatement après le prélèvement (la défécation arrête la glycolyse).

Si la chose est impossible, il faut employer le fluorure de sodium qui empêche la glycolyse — et aussi, on le sait, la coagulation.

On ajoute au sang soit du fluorure de sodium en poudre à la dose de 2 ou 3 grammes par litre de sang, soit un égal volume de solution saturée de fluorure de sodium, en tenant compte naturellement de cette dilution (2).

(1) Il ne sera question ici que du sucre libre du sang. Malgré l'intérêt que présente le sucre combiné, protéidique (Bierrj), le dosage du glucose libre est seul couramment pratiqué jusqu'ici.

(2) Le tluorure de sodium est généralement employé seul. Pour éviter d'une manière absolue tout glycolyse on peut, suivant la technique de Rona et YVilénko, modifiée par Ainbard, recueillir le sang sur un mélange de ] partie de fluorure de sodium pour 2 parties de PO*H2K à raison de 15 gr. par litre de sang. Certains auteurs emploient les oxalates (oxalate d'ammoniaque : Fontes et Thivolle). Le citrate de soude est à rejeter (Glog.ne et Richaud, Bull. soc. ch. biolog., t. III, mars 1921).

La faible teneur du sang en glucose entraîne la mise en œuvre de méthodes de dosage spéciales. A côté de celles qui n'ont fait que rendre applicables au sang les procédés classiques, beaucoup de procédés sont apparus en ces dernières années que l'on peut ranger sous le nom de méthodes de microd sage dont le but est, en rendant possible le dosage sur des quantités de sang très faibles, de permettre des dosages réitérés et en série.

Ne pouvant les exposer toutes ici (1) malgré leur intérêt, nous décrirons — en les rangeant par quantités décroissantes de sang exigées par chacune d'elles :

a) Parmi les applications des méthodes classiques : 1° La méthode de Grimbert ;

2° La méthode de Bertrand appliquée par L. de Saint-Rat et J. Ronfaut.

b) Parmi les procédés de microdosage :

3° La méthode de Follin et Wu et 4° celle de G. Fontes et C. Thivolle ; 5° La méthode d'Ivar Bang.

1° Méthode de Grimbert. — On traite le sang au sortir du vaisseau par un volume égal au sien de solution aqueuse saturée de fluorure de sodium. 100 ce. du mélange ainsi obtenu (représentant 50 ce. de sang) sont additionnés de 200 ce. d'eau et 100 ce. de réactif nitro-mercurique de Pateinet Dufau (2). On neutralise exactement la liqueur par addition goutte à goutte de soude étendue (on suit cette neutralisation en portant après chaque addition de soude et agitation du mélange une goutte de la liqueur sur un papier de tournesol sensible). On complète le volume à 500 ce. par addition d'eau distillée. On filtre.

Il convient alors de débarrasser ce filtrat de la petite quantité de

(1) Citons la méthode de Lewis et Benedict (Journ. of biol. Chem., 1915, XX): réduction par le glucose de l'acide picrique en acide picramique ; celle de Goiffon et Nepveu (C. R. de la Soc. de biol., 1920, LXXXVIIÏ, p. 121) : transformation de l'oxyde cuivreux en ferrocyanure de cuivre dont on apprécie la coloration.

MM. Bougault et Perrier ont publié (Journal de pharmacie et de chimie, 1er novembre 1920) une méthode de dosage du glucose basée sur son oxydation par l'iode en milieu alcalin qu'ils ont appliquée au liquide céphalo-rachidien, mais qui ne parait pas applicable au sang en raison de la teneur de celui-ci en produits qui, comme l'acide urique, consomment de l'iode.

(2) Réactif nitro-mercurique de Patein et Dufau. Verser dans une capsule de porcelaine 160 ce. d'acide azotique de D = 1.39 (40 B.) et ajouter, en remuant vivement'pour éviter la formation de grumeaux 220 gr. d'oxyde rouge de mercure. Au bout de 5 minutes environ d'agitation ajouter 160 ce d'eau distillée et porter à l'ébullition. Quand Poxyde est entièrement dissous, verser en mince filet 40 ce. de lessive de soude au quart (36° B.). Agiter, compléter à 1 litre avec de l'eau distillée et filtrer.

mercure qu'il renferme encore. On note son volume, et on le laisse en contact pendant deux heures avec 10 grammes de poudre de zinc. On filtre ; on évapore à 100 ce.

On utilise enfin pour le dosage proprement dit la méthode de Lehmann modifiée par Grimbert dont voici le principe : on met en contact à chaud la liqueur sucrée avec un excès de liqueur de Fehling : on opère en présence de ferrocyanure suivant la technique de Causse- Bonnans On termine la réduction de la liqueur de Fehling en employant une solution étendue et titrée de glucose.

Solution titrée de glucose. — On verse dans un ballon 10 ce. de liqueur de Fehling (1) et 5 ce. de solution à 5 p. 100 de ferrocyanure de potassium. On fait bouillir et sans interrompre Vébul ition ( ) on laisse tomber goutte à goutte une solution de glucose pur à 0,25 p. 100 exactement pesé. On sait que l'addition de ferrocyanure a pour but de maintenir en dissolution l'oxyde cuivreux, permettant ainsi de suivre mieux la décoloration de la liqueur de Fehling. On observe au fur et à mesure que l'on verse, à l'ébullition, de la liqueur sucrée un changement graduel de teinte du bleu, au vert, puis au jaune. Enfin il apparaît brusquement dans la liqueur une coloration brun noirâtre qui indique e terme de la réaction. On fait la lecture et l'on voit qu'il a fallu n ce. de solution de glucose à 0,25 p. 100 pour décomposer 10 ce. de liqueur de Fehling.

Dosage proprement dit. — Ceci fait, on verse dans un ballon de nouveau 10 ce. de liqueur de Fehling, 5 ce. de solution à 5 p. 100 de ferrocyanure de potassium et 10 ce. de liquide sanguin déféqué. On fait bouillir une minute : la faible quantité de sucre du sang ne suffit pas en général pour amener la décoloration de la liqueur de Fehling. On l'obtient et on s'arrête au même terme que ci-dessus (l'apparition du précipité brun noirâtre) en ajoutant goutte à goutte et toujours à l'ébullition soutenue, la solution titrée de glucose. Il en faut dans cette seconde opération un volume moindre que dans la première, soit n'.

La différence n — n' représente le nombre de centimètres cubes de

(1) La liqueur de Fehling étant altérable, il vaut mieux la préparer au moment il ii besoin en mélangeant volumes égaux de la solution A. et de la solution B : ^Sulfate de cuivre cristallisé et pur 35 gr.

Solution A { Acide sulfurique pur 5 ce.

Eau distillée q. s. pour 1.000 —

ySel de Seignette 150 gr.

Solution B ^ Lessive de soude à H6° B . 300 ce.

Eau distillée q. s. pour 1.000 —

(2) M convient en effet que le liquide soit maintenu à l'abri de l'air si l'on veut que le dosage se fasse correctement.

liqueur sucrée qui a en somme été remplacé dans la seconde opération par le liquide provenant du sang : et chaque centimètre cube renfermant 0,0025 de glucose on a (n — n') x 0, 0025 = quantité de glucose que contiennent les 10 ce. de liquide déféqué.

2° Méthode de Bertrand appliquée par L. de Saint-Rat et J. Ronfaut (1). - — On sait que la méthode de dosage des sucres de G. Bertrand (2) ne s'applique en principe qu'au dosage des quantités de sucres réducteurs comprises entre 10 et 100 milligrammes. C'est entre ces limites, suivant l'auteur lui-même, que la méthode possède son maximum d'exactitude.

L. de Saint-Rat et Ronfaut ont montré que cette méthode si précise et si commode pouvait avec quelques précautions supplémentaires s'adapter au dosage des quantités de glucose comprises entre 0 et 10 milligrammes.

Technique. — On verse dans un tube à essai T d'une contenance de 40 ce. environ 5 ce. de solution sucrée (sang déféqué par exemple comme il a été indiqué à la méthode de Grimbert) : il faut que ces 5 ce. renferment de 0 à 8 milligrammes de glucose.

On ajoute 5 ce. de liqueur cuivrique A et 5 ce. de liqueur alcaline B (voir cidessus). On bouche le tube et on le porte pendant 20 minutes au bain-marie bouillant. Il est nécessaire d'opérer toujours dans les mêmes conditions de dilution et de temps.

Même en l'absence de glucose, 10 ce. de liqueur de Fehling subissent par ébullition de 20 minutes avec 5 ce. d'eau distillée une réduction qui correspond à 0 mgr. 78 de cuivre.

ig. 11 bis. — Dispositif de L. de Saint-Rat et J. Ronfaut adapté à l'appareil de Bertrand.

(1) L. de Saint-Rat, J. Ronfaut, Sur le dosage de petites quantités de sucres réducteurs dans les liquides de l'organisme. Bulletin des Sciences pharmacolugiques, juin 1920.

(2) On trouvera cette méthode de Bertrand décrite dans ses délails dans le Précis de chimie analytique de Denigès et dans le Manuel des travaux pratiques de chimie biologique de G. Bertrand et P. Thomas. On la trouvera résumée dans le tome XIII de ce traité.

Pour recueillir aisément la faible quantité d'oxyde cuivreux qui se forme, les auteurs préconisent l'emploi du dispositif dont nous reproduisons le schéma (fig. 11 bis).

Le tube à amiante A de l'appareil de Bertrand est relié par un bouchon à un tube deux fois coudé B qui vient plonger dans le tube à essai T Quand on fait l'aspiration à la trompe, le liquide et le précipité de T passent en A. On lave le précipité en faisant passer ensuite, toujours de la même manière, de l'eau distillée bouillie. On rince la fiole F et l'on opère la dissolution de l'oxyde cuivreux en faisant passer en deux fois 10 ce. de liqueur ferrique de T en A. On lave enfin T et B avec de l'eau distillée. Toutes les liqueurs, dont le volume total ne doit pas dépasser 40 ce, se trouvent réunies en F.

On dose enfin le sulfate ferreux formé aux dépens de l'oxyde cuivreux avec une solution N /50 de permanganate de potassium ajoutée jusqu'à coloration rose persistante de la liqueur. Le volume de la solution de permanganate employé est transformé par le calcul en poids de cuivre et celui-ci donne le poids de glucose que renfermait la prise d'essai d'après le tableau suivant, établi en milligrammes :

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