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AUGMENTATIONS MOYENNES OU LEUCOGYTOSES

Définition. — Cette augmentation, relativement modérée par rapport aux leucémies, est un phénomène assez banal.

Elle commence à environ 10.000 G. B., peut monter facilement à 20.000 et 30.000. Elle atteint 50 et 100.000 dans des cas exceptionnels.

Etat normal. Leucocytose digestive. — Avant de lui attribuer une cause pathologique, on devra songer à ce que l'on a désigné sous le nom de leucocytose digestive. Après le repas et pendant les quelques heures de la digestion, le nombre des G. B. monte facilement à 8.000 et 10.000 chez tout individu normal. D'où ce précepte, essentiel, de faire l'examen du sang à jeun, surtout si c'est le nombre des G. B. qu'il est important de connaître.

Récemment Brodin et Saint-Girons ont repris cette étude des variations leucocytaires digestives et ont apporté les précisions que voici.

Chez le sujet normal, la digestion s'accompagne constamment de modifications de l'équilibre leucoc) taire, portant sur le nombre des globules blancs et la proportion des polynucléaires.

Le nombre des leucocytes s'abaisse au début, s'élève ensuite et présente deux maxima : l'un deux à trois heures après le repas, l'autre de quatre à six heures après.

La proportion des polynucléaires suit une marche à peu près parallèle à celle du nombre des leucocytes.

Les modifications de l'équilibre leucocytaire varient avec chaque individu et surtout avec la nature de l'alimentation. Peu marquées avec un régime végétarien, elles sont surtout intenses avec une alimentation carnée.

202 MALADIES DU SANG ET SYNDROMES HÉMATOLOGIQUES

Elles ne sont pas dues, par conséquent, au travail digestif, mais au passage dans le sang des produi s ingérés.

Leucocytose dans les affections aiguës. — En dehors de ce fait, la leucocytose appartient à la plupart des infections aiguës. On peut donc dire que sa constatation n'a guère qu'un intérêt négatif : c'est quand elle n'existe pas, chez un fébricitant, que son absence inattendue facilite le diagnostic, en orientant vers les rares affections aiguës qui s'accompagnent de leucopénie (voir p. 200).

Il est un cas cependant dans lequel la constatation offre ungrand intérêt : dans les suppurations. Elle est ici très abondante, elle monte facilement à 40 et 50.000. Elle permet ainsi d'affirmer une suppuration profonde que l'on ne faisait que soupçonner.

D'autre part, quand la leucocytose se montre chez un malade qui doit avoir de la leucopénie, par exemple chez un typhique, on peut à coup sûr affirmer chez lui l'apparition d'une complication, et probablement d'une complication suppurée (abcès profond, angiocholite, phlegmon périnéphrétique, ostéomyélite, otite, etc.).

Leucocytose dans les affections chroniques. -- Elle appartient enfin à la plupart des infections chroniques, tuberculose, suppurations chroniques et aux cancers.

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