EXPLORATION PHYSIQUE DE LA RATE
On pratique soit la percussion faible, soit la percussion forte.
La percussion faible, légère ou superficielle, ne révèle à ce niveau aucune matité, à l'état normal. Par suite, si l'on découvre ainsi une zone de matité, même peu étendue, on peut affirmer l'existence d'un début tout au moins d'hypertrophie splénique, à la condition, bien entendu, que la plèvre et le poumon soient indemnes.
La percussion forte ou profonde décèle même la rate normale, en
Fie. 21. — Percussion de la rate.
donnant une zone de matité, d'étendue variable, suivant la force avec laquelle la percussion est pratiquée.
A ces trois modes usuels d'exploration physique, on doit ajouter la ponction de la rate, la radioscopie et la phonendoscopie.
Ponction de la rate. — La ponction de la rate est pratiquée, suivant les circonstances, au niveau d'un espace intercostal, ou au niveau de l'abdomen.
On emploie, soit une aiguille fine, si l'on croit à la probabilité d'un kyste ou d'une rate relativement molle, dont on veut extraire un peu de suc ; — soit une aiguille plus forte ou même un petit trocart, si l'on veut ponctionner une rate relativement dure, et faire ainsi une biopsie.
Mais, en outre des précautions nécessaires et des accidents possibles au cours de toute ponction exploratrice (troubles nerveux réhVxes, lésions d'un autre organe, etc.), on doit se rappeler que la ponction
exploratrice de la rate ne doit être qu'exceptionnellement pratiquée, car deux accidents très graves sont particulièrement à redouter.
D'une part, s'il s'agit d'un kyste hydatique, la ponction exploratrice, en ouvrant une tumeur dont le liquide est souvent sous pression, permet sa diffusion dans l'organisme et la possibilité soit d'accidents toxiques suraigus, qui peuvent être mortels, soit de greffes secondaires dans le péritoine.
D'autre part, les rates infectieuses, généralement molles et parfois difïluentes, peuvent être déchirées par l'aiguille, d'où résultent de graves hémorragies.
De toute façon, on doit pratiquer \x pon.tnn rapidement et recommander au malade de ne pas respirer, afin que la rate ne se déplace pas, et que le traumatisme produit par l'aiguille se trouve ainsi réduit au minimum.
En reliant l'aiguille à la seringue aspira trice par un tube de caoutchouc, l'aiguille suit plus aisément les mouvements possibles de la rate, sans la déchirer.
Radioscopie et radiographie. — La rate normale n'est pas décelée par les rayons X. Elle donne au contraire une tache plus ou moins opaque et étendue quand elle est hypertrophiée, sclérosée ou kystique.
Dans le cas de doute, l'insufflation des organes voisins, estomac, côlon, permet de localiser la tumeur, et de savoir si c'est réellement la rate qui doit être incriminée.
Phonendoscopie. — Ajoutons que, pour limiter la rate, la phonendoscopie peut également être utilisée.
Auscul ation. — Signalons enfin l'auscultation de la rate, susceptible de fournir de ux ordres de symptômes : des frottements, doux ou rudes, dus à de la périsplénite ; des souffles systoliques, que l'on peut entendre dans les différentes splénomégalies (paludisme, leucémie, rate cardiaque, etc.), et de pathogénie discutée, car ils se produiraient, suivant les uns dans les vaisseaux intraspléniques, suivant les autres dans les vaisseaux des ligaments.