STRUCTURE DE LA RATE
que nous exposions au préalable les faits essentiels concernant la structure et la physiologie de la rate.
Structure de la rate. — Trois éléments principaux entrent dans la composition de cet organe.
1° Un tissu fibreux qui en constitue l'enveloppe extérieure et la charpente interne.
L'enveloppe ou tunique de la rate est une membrane mince et demitransparente, qui adhère d'une part à la séreuse péritonéale qui la recouvre, et d'autre part au tissu propre de la rate ou pulpe splénique, que nous étudions plus loin.
De cette enveloppe se détachent des lames de tissu fibreux, qui pénètrent à l'intérieur de l'organe, et, constituant des cloisons d'épaisseur et de disposition variables, répartissent le tissu splénique en un certain nombre de segments. Ces cloisons fibreuses sont donc à la fois des organes de division et de soutien.
2° Un appareil vasculaire sanguin, essentiellement constitué, comme dans tout organe, par une artère splénique et ses branches de division, pour l'apport du sang, et par une veine splénique, résultant de la confluence de veines plus petites nées dans les différents territoires de la rate.
Mais deux faits essentiels différencient ce système vasculaire de celui qu'il est habituel de rencontrer dans les autres organes.
Ce qui frappe en effet, tout d'abord, c'est le calibre considérable de ces deux vaisseaux relativement au volume de la rate. On peut immédiatement en déduire que l'apport du sang dans la rate n'a pas pour but unique de nourrir cet organe, et qu'un autre rôle doit lui être dévolu.
En second lieu, lorsque l'on essaie d'étudier le système capillaire, qu'il est habituel de rencontrer comme intermédiaire entre les artères et les veines, on éprouve pour la rate les plus grandes difficultés.
Ce système capillaire existe-t-il réellement, en tant que système fermé, ayant ses parois propres ? Ou bien le sang artériel se répand-il librement dans la pulpe splénique, pour être ensuite recueilli par le réseau veineux ? Ces deux théories sont soutenues par les histologistes, et l'accord est loin d'être fait sur ce sujet.
En d'autres termes, et pour employer une image facile à saisir, on peut comparer la circulation sanguine de la rate au cours d'un fleuve dont l'unité serait momentanément interrompue. Mais cette interruption pourrait se faire de deux façons différentes. Ou bien par le fait de divisions et de subdivisions ou de canaux de plus en
plus petits, mais conservant leur individualité et leur indépendance, et qui, par un mécanisme inverse, se réuniraient ensuite en des canaux de plus en plus volumineux pour aboutir enfin à une unité nouvelle, représentant la veine splénique. Ou bien, au contraire, dans toute la partie centrale, les éléments de ce réseau perdraient leur individualité, leurs parois n'existeraient plus, et le liquide s'écoulerait librement, pour aller se perdre dans un terrain sablonneux, le cours d'eau
Fit;. 22. — Schéma de la structure de la raie. a, Capillaires; — b, Cordons de Billroth; — c, Artériole ; - d, Corpuscul
n'existant pour ainsi dire plus sur une étendue variable, mais renaissant ensuite lorsque ses éléments épars se trouvent de nouveau collectés.
3° Reste enfin, comme élément constitutif de la rate, son tissu propre, ou pulpe splénique.
Ce tissu n'est pas absolument homogène, et, lorsqu'on l'examine en différents points, se présente sous des aspects assez divers.
Une coupe de rate, vue à l'œil nu, montre, et d'autant plus nettement que le sujet est plus jeune, de petites taches blanches, irrégulièrement disséminées. L'examen au microscope, après coloration, révèle que