STRUCTURE DE LA RATE
ces taches sont constituées par des amas de globules blancs, répondant en général aux types du lymphocyte et du petit mononucléaire. Le tissu de la rate est donc, à ce niveau, semblable ou même identique à celui du ganglion lymphatique, et toute cette partie de la pulpe est désignée sous le nom de pulpe blanche.
Mais il convient de noter plusieurs faits importants à son sujet.
C'est d'abord que la pulpe blanche n'est pas indépendante et pour ainsi dire isolée du reste de la pulpe, ou pulpe rouge, que nous étudions plus loin : les limites ne sont pas nettement tranchées entre l'une et l'autre, et il existe des zones intermédiaires dans lesquelles leurs éléments sont, en proportion variable, plus ou moins confondus.
C'est ensuite que cette transformation d'une pulpe en l'autre, comme elle existe dans l'espace, existe aussi dans le temps. En effet, au début du développement de l'individu, la rate est formée uniquement de pulpe blanche. Puis cette pulpe se transforme peu à peu en pulpe rouge : les deux pulpes présentent donc un développement inverse. Par suite il n'est pas rare de trouver, chez le vieillard, une rate dans laquelle la pulpe blanche fait complètement défaut.
Ajoutons enfin que cette pulpe blanche se trouve disposée autour des artères et de leurs subdivisions. Elle est tantôt en couche mince, tantôt en renflements relativement volumineux, qui se montrent, en coupe, arrondis ou ovoïdes. Ces renflements ayant de 150 à 250 f-, en moyenne, c'est-à-dire environ 1 /4 de millimètre de diamètre, sont visibles à l'œil nu. Ils constituent le piqueté blanchâtre dont nous avons parlé, et sont désignés sous le nom de corpuscules de Malpighi.
Quant à la pulpe rouge, qui constitue la plus grande partie du tissu de la rate, et à laquelle cet organe doit sa couleur, elle est caractérisée par sa grande richesse en hématies, auxquelles s'ajoutent, d'une part les autres éléments figurés du sang, et d'autre part diverses variétés de cellules dont nous donnerons le détail.
Cette pulpe rouge est-elle identique dans toutes ses parties, ou présente-t-elle des régions plus ou moins nettement différenciées ? Une étude attentive, et en particulier des recherches d'anatomie comparée, montrent que son territoire est formé de deux parties.
a) D'une part de conduits ou sinus, anastomosés entre eux, et qui renferment des éléments figurés dont la nature et la proportion sont assez semblables à ce que Ton trouve dans le sang. Ce réseau vasculaire n'est pas cependant identique à celui que formeraient de véritables vaisseaux sanguins, d'abord parce que les parois y sont souvent difficiles ou impossibles à reconnaître, et que les cellules de leur contenu ne sont pas exactement dans la même proportion que dans le sang. Il y
a, en effet, un nombre relativement plus considérable de globules blancs, de 1 p. 10 à 1 p. 50 en moyenne, au lieu de la proportion normale qui est de 1 p. 800. Ces globules blancs sont surtout des leucocytes mononucléés avec quelques polynucléaires.
b) D'autre part, entre le réseau vasculaire, se trouve un tissu auquel on a donné le nom de cordons intervasculaires de Dillroth. Dans ce tissu il y a également des globules rouges et blancs, mais en proportion inverse, les premiers étant moins nombreux que les seconds.
Les leucocytes sont pour la plupart de grandes cellules mononucléées à protoplasma abondant, à gros noyau ovalaire, peu colorable. On y trouve en outre des lymphocytes, de petites leucocytes mononucléaires, et des polynucléaires peu nombreux.
Signalons enfin des globules blancs en voie de désintégration, des fragments irréguliers, provenant de leucocytes ou d'hématies, éléments qui sont, soit libres, soit enfermés dans des macrophages, cellules généralement volumineuses, géantes, de 30 à 40 jx.
Quelles sont les relations entre ces deux parties, réseau vasculaire et cordons intervasculaires de Billroth ? Chez certains animaux, chez le lapin en particulier, la différenciation est assez nette. Chez l'homme les deux systèmes s'intriquent l'un dans l'autre, au point qu'il est souvent difficile d'en saisir les différentes parties.
Physiologie de la rate. — Les constatations histologiques qui précèdent, de même que l'expérimentation et la clinique, concordent pour permettre d'attribuer à la rate un rôle important dans le maintien de l'équilibre normal du sang.
Mais ce rôle doit être précisé.
Un premier point paraît acquis, c'est qu'il porte essntiellement sur les éléments figurés. Tandis en effet qu'aux poumons est dévolu le rôle d'enlever au sang les impuretés gazeuses qu'il renferme, et de remplacer par de l'oxygène l'acide carbonique en excès ; tandis que d'autre part les reins débarrassent le sang des éléments dissous nuisibles par leur nature ou par leur excès ; c'est à un troisième organe, la rate, qu'il appartient de purifier le sang de tous les éléments figurés dont la présence est inutile ou dangereuse, et, tout au moins dans une certaine mesure, de remplacer ses éléments détruits par des éléments nouveaux.
Quels sont donc ces éléments détruits par la rate, et quels sont ces éléments qui prennent naissance dans ses tissus ?
A. — La rate détruit les globules rouges vieillis, altérés ou fragmentés. On les trouve, en effet, en abondance variable, dans sa pulpe, et en