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RÉSISTANCE AUX INFECTIONS PAR PRODUCTION DE SUBSTANCES

bactéricides. — C'est le troisième mode possible d'action de la rate contre les infections : la rate dans ce cas donnerait naissance à des substances bactéricides, que l'on retrouverait dans le sérum.

Ici encore, le résultat des expériences est variable suivant les conditions dans lesquelles elles sont effectuées. Le sérum des animaux privés de rate perd peu à peu son pouvoir bactéricide normal contre certains microbes (bacille typhique, vibrion cholérique, bactéridie charbonneuse) : d'ailleurs cette modification n'est que passagère, et, après un temps variable suivant l'espèce et l'âge de l'animal (quelques semaines à quelques mois), ce pouvoir reparaît. Par contre, le pouvoir bactéricide du sérum se trouve accru contre d'autres microbes (streptocoque, etc.) sous l'influence de la splénectomie.

On peut conclure, en résumé, que plusieurs points ne sauraient être mis en doute : la réalité, au cours des infections, d'une réaction splénique plus ou moins intense, caractérisée cliniquement par de ta splénomégalie et histologiquement par des lésions congestives, irritation ou dégénération ; la réalité, d'autre part, d'un double rôle de destruction et de réparation des éléments cellulaires du sang.

Quant à la question de savoir jusqu'à quel point la rate intervient directement dans la lutte contre les agents des infections ou leurs toxines, elle est plus difficile à trancher, et ne comporte sans doute pas une réponse qui puisse s'appliquer à tous les cas, étant donné les résultats divers, et parfois contradictoires, des expériences entreprises sur ce sujet.

SPLÉNOMÉGALIES INFECTIEUSES PARASITAIRES

Comme dans les infections microbiennes, la rate réagit au cours des affections parasitaires.

C'est ainsi que, pour la fièvre récunenLe, les spirilles, que l'on trouve au cours des accès dans la circulation générale, s'accumulent au contraire dans la rate pendant les périodes d'apyrexie : à ce moment dans le sang périphérique, de même que dans les différents viscères, on

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n'en trouve pas. Aussi la question s'est-elle posée, comme pour les infections précédentes, de savoir si la rate avait un pouvoir phagocy taire contre ces parasites ? Les effets de la splénectomie, différents suivant les expérimentateurs et les conditions de l'expérience, ne permettent pas de se prononcer avec certitude sur ce point. De même dans la syphilis secondaire, c'est-à-dire dans la période

g. 26. — Quelques types de raies paludéennes chez l'enfant et chez l'adulte

d'infection généralisée, on observe assez souvent l'hypertrophie splénique, coïncidant avec la fièvre, l'anémie et les adénopathies.

Mais, parmi les différentes affections à protozoaires, une place à part doit être faite, à cause de leur importance, aux splénomégalies du paludisme et du kala-azar. Leur description fait partie de l'étude d'ensemble concernant le paludisme et les leishmanioses. Il convient cependant que nous en rappelions ici les traits essentiels.

Paludisme. — Dans le paludisme aigu la rate présente une hypertrophie généralement modérée. Son poids atteint en moyenne 400 à

500 grammes. Elle est ramollie, friable et brunâtre. Quand on l'incise, elle donne issue à une boue splénique comparable à du chocolat très épais. Ses éléments cellulaires sont plus ou moins dégénérés ; sa pulpe est remplie d'hématozoaires, de pigment noir et de pigment ocre. Le premier de ces pigments est spécial au paludisme ; le second indique seulement une active destruction de l'hémoglobine du sang. Si l'affection guérit, la rate peut reprendre son volume et son aspect normaux.

Dans le paludisme chronique et dans la cachexie paludéenne, la congestion prolongée de la rate entraîne des altérations profondes de la pulpe et du tissu interstitiel. Il en résulte une hypertrophie qui peut être considérable et atteindre 4 à 5 kilos. Sa consistance est accrue. Comme dans la forme précédente, la présence de grains de pigments, libres ou englobes dans les cellules, en constitue la lésion la plus caractéristique.

La symptomatologie et le diagnostic n'en offrent rien de particulier. Mais il faut savoir que l'origine de cette splénomégalie est souvent cliniquement méconnue : en l'absence d'accès récents ou de commémoratifs précis, on hésite à la rattacher à sa vraie cause. Une enquête plus minutieuse, l'élimination des autres causes possibles, en se basant en particulier sur l'examen du sang, permettent de se prononcer.

Kala-azar. — On sait que le kala-azar est une infection générale due à un protozoaire du genre leishmania. L'importance de cette affection tropicale s'est accrue ces dernières années, d'abord par l'efficacité reconnue contre elle de l'arsénobenzol et de 1 antimoine, ensuite par la découverte de l'affection, en France même, chez le chien (Pringault) et chez l'homme (M. Labbé, Tarchetta et Ameuille). Laveran a publié récemment un important ouvrage sur les leishmanioses, les étudiant au point de vue clinique, parasitologique, étiologique, thérapeutique et expérimental.

Il existe deux formes cliniques très distinctes.

Le kala-azar de l'adulte, observé en Asie, en Tunisie, et en Europe chez des individus revenus des pays chauds, est souvent confondu avec le paludisme, et parfois avec la fièvre méditerranéenne. Il est essentiellement caractérisé par de la fièvre, de l'hypertrophie de la rate et du foie et une cachexie profonde, symptômes auxquels peut s'ajouter de la pigmentation cutanée.

Il est appelé encore splénomégalie tropicale, fièvre noire, fièvre dumdum, fièvre de Madras.

Le kala-azar infantile, individualisé par Nicolle, est rencontré sur le littoral méditerranéen (Italie, Tunisie, etc.). Il atteint exclusivement les jeunes enfants, vers la deuxième année. Il est caractérisé par de la

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pâleur extrême, de l'amaigrissement, une fièvre irrégulière, des œdèmes, une hypertrophie considérable de la rate. Son pronostic est généralement fatal, mais l'affection peut durer des mois et des années. Le chien peut être atteint d'une affection qui paraît identique. Les puces seraient l'agent de transmission.

Considéré d'abord comme un piroplasma et désigné sous le nom de Piroplasma Dononavi, le parasite du kala-azar est actuellement classé parmi les flagellés et appelé Leishmania Donovani. Est-ce le même pour les deux formes cliniques, ou faut-il donner au parasite du kalaazar infantile le nom de Leishmania infantum ? Cette question est encore discutée : Laveran cro't à l'identité des deux parasites. Pratiquement d'ailleurs peu importe. Dans les deux cas le parasite se recherche de la même façon, et présente les caractères communs que voici.

Il est très rare dans le sang, libre ou inclus dans les globules blancs. Il est aisé au contraire de le trouver, après la mort, dans les frottis d'organes (rate, foie, etc.), ou pendant la vie dans le suc obtenu par ponction de la rate.

Pour la technique de cette ponction, Nicolle insiste sur les points suivants.

La seringue et l'aiguille aspira trices doivent et e parfaitement sèches, sinon le sang récolté s'hémolyserait au contact de l'eau contenue dans la seringue, et les préparations obtenues seraient mauvaises. Il faut employer une aiguille courte et de petit calibre, de préférence en acier et neuve. Les aiguilles en platine iridié piquent moins bien et déchirent les tissus. Il importe surtout de recueillir un peu de pulpe splénique et de ne pas trop aspirer de sang qui diluerait les parasites nombreux dans la pulpe ; leur recherche deviendrait dès lors plus longue et plus difficile. Donc, si l'on voit le sang entrer dans le corps de pompe de la seringue, il est indiqué de cesser d'aspirer, et l'on fait des frottis avec la bouillie sanglante contenue dans l'aiguille. Si le sang ne vient pas, l'aiguille, après deux ou trois aspirations, est retirée : son contenu, riche en cellules spléniques parasitées, est étalé sur lames.

Une bonne méthode de coloration est celle faite avec le bi-éosinate de Tribondeau, suivant la technique habituelle.

Le parasite dans l'organisme est tantôt libre, tantôt inclus dans des polynucléaires ou dans de grandes cellules mononucléées. Il est formé d'éléments arrondis ou ovales, de 2 à 4 ^ de long. Ils renferment à l'intérieur deux masses plus colorées, d'inégale dimension, dont la plus volumineuse est un noyau.

En colorant par le bi-éosinate, le protoplasma du parasite est bleu pâle, le noyau violet ou rouge foncé.

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