LES FEMMES, LES JEUNES FILLES, LES ENFANTS
Des fleurs ! des fleurs ! des fleurs !
ÉLISIFF.
Toutes les blanches fleurs effeuillant leurs pétales, toutes les blanches fleurs nos Guides ingénus, toutes les blanches fleurs vers le Temple inconnu comme pour Israël les flammes sidérales, toutes les blanches fleurs effeuillant leurs pétales seront, par les chemins, nos Guides ingénus.
Elisiff s'est mise en marche, vers les bois, et la foule des Femmes, des Jeunes Filles, des Enfants suit exultante.
HALWART.
Fuyez le Sangahall où les Temps sont venus et revêtez ce jour vos robes nuptiales !
Le Crucifix croule ; l'obscurité devient effroyable ; dans les lointains s'agitent des lueurs sinistres.
HALWART s' enfonçant dans les taillis.
Alerte aux bois !
Sonnez la meute !
Armez l'émeute !
Alerte au bois !
Dans le silence, qui soudain se fait, une voix parle du
rivage.
LE VEILLEUR SUR LA MER
Détresse, détresse !
ANSWALDA, LES IARLS.
0 dieu !
LE VEILLEUR SUR LA MER
Le Navire
déchire sa voile !.. au Gouffre il chavire...
ANSWALDA.
0 néant des néants !
LES IARLS.
Les dieux sont loin de nous !
Une immense lueur d'incendie cerne le Temple.
ANSWALDA, LES IARLS, LES PRÊTRESSES.
Pitié! Pitié! Pitié!..
Dans les halliers, passent les torches incendiaires d'Odoswal et des Loups sonnant de leur trompe avec furie.
Et des Iarls ajfolés, les uns sans force s agriffent aux marches du Temple, les autres aux troncs des arbres dont les cimes secouent leurs flambeaux écheuelés.
Et de la théorie des Prêtresses enlacées, une plainte d'agonie suprême s'élève.
ANSWALDA.
Mes filles, levez-vous!
HALWART traversant la forêt.
Alerte aux bois ! ohé la meute !
LES IARLS.
Pitié! Pitié! Pitié!