‹ SangahallChapitre 18 sur 25 · H AUX ART · texte numérisé non relu

H AUX ART

Point de Grâce à l'émeute ; point de Pitié pour qui rêvaient de justes lois : et voici les Vengeances brûlantes !.. Donc vois plus de seing, j)lus de deuil ; surgira une Terre Nouvelle sous un ciel radieux de lumière et des champs où l'épi grandira sans douleurs, où tous les yeux ravis auront tari leurs pleurs. Donc vois, toi qui prias le Dieu de l'incendie : il a mordu partout... Ma main t'a bien servie...

ANSWALDA.

Mes filles levez-vous ! Sangahall, nos forets, notre Roi...

Néant de tous, des dieux, de leurs emblèmes. Un désert qu'aucun vœu ne troublera jamais ; un désert sans regrets, sans remords, en la paix du silence introublé '. . De vous, néant suprême !

LES IARLS.

Pitié ! Pitié !

Halwart parcourt la forêt embrasée.

Le Temple prend feu.

Answalda devant la statue du dieu de la lumière, sous la coupole étincelante, serre autour d'elle ta foule des Prêtresses.

Ainsi enlacées elles forment au milieu des flammes comme un immense bûcher vivant .

HALWART.

Ohé la meute ! alerte aux bois !

LES IARLS.

Pitié ! Pitié ! Pitié !

ANSWALDA.

Serrez autour de moi les spasmes de votre Ame, ô mes fûtes si chères ! Qu'ils ferment, vos beaux yeux, leurs troublantes paupières vos beaux yeux généreux qu'Avril rendait si doux et ne voyez plus rien des choses de la vie ! Qu'ils se ferment vos yeux : les dieux sont loin de nous. Fcnris a déchaîné sa meute et sa furie, le gouffre en son embûche, engloutit le Dragon, {22J nos rêves, notre espoir... Penchez sur moi vos fronts. Le Temps marche et ternit chaque jour une aurore, mais la nuit n'entre pas seule au fond des tombeaux car notre Ame est un monde, un inonde ? plus encore, qui s'en va féconder en des sillons nouveaux... Serrez vos cœurs brûlant de jeunesse meurtrie, serrez vos corps de vierge en leurs spasmes mortels, livrez-les aux torrents que roule l'incendie ! Consumés par la flamme avec l'or des autels, je les vois s'envoler aux Sphères Infinies étincelant les deux de Planètes fleuries

où nos dieux ont pleuré les larmes de leurs Yeux !

Passe la furie des Loups ;

Le sifflement des flammes couvre les dires de la Reine, leurs volutes se conlorsionnent aux troncs des arbres, sur les huiliers où râlent les sanglots et les agonies ;

Le Temple ébranlé se disloque, croule ;

Et l'incendie vengeur dévore les chênes fastueux et les immenses forêts séculaires.

Page 1