ÉPITAPHE DE SANTEUL
SOlfHBT.
Lutèce de Santeul se proclame la mère, La Seine voit en lui son poète vanté ; Dijon la Bourguignonne, à Santeul étrangère.
Voudrait sur lui les droits de la maternité.
Ces cités en conflit rendent l'égal d'Homère Et remplissent d'honneur l'écrivain disputé.
Dieu tranche le 4ébat : « Vois la céleste sphère, « Santeul, c'est là, dit-il, ton séjour mévité. »
Et des hauteurs du ciel désormais obtenues, Santeul voit à ses pieds les astres et les nues. Gardez, saint Paradis, Tame du bienheureux;
Dijon, ses os | Paris, l'œuvre de son génie ;
Vous, Église, autre mère et pieuse et bénie.
Vous chanterez aux saints les vers qu'il fit pour eux.
Le poète qui faisait aiosi la part de cbacim croyait avoir arrangé tontes choses à la satisfaction de tout le monde : il n'en fut rien, n parait que messieurs de Saint-Victor , persistant dans leurs prétentions y eurent recours à Fintervention du prince de Gondé, qui leur donna gain de cause; car Santenl fut exbumé et transporté à Paris ; on Fenterra de nouveau le 5 octobre de la même année 1697, dans rabbaye de Saint-Victor.
L'intervention du prince de Gondé et la décision qu'il prit donna lien à d'autres pièces de vers parm lesquelles nous avons distingué la suivante :
m SANTOUUM, Cum ^us cadaoer Divione PaHsios tramtferretur^
AD SBRINUSnniM PRINCIPBM CONDiBUM.
Santolii hinc atqae hinc certant de corpore matres :
nia suum poscit, poscit et Ula suum.
Praelia SantoUus, dnin viveret, lata diremit :
Prima yale mater, Divio, mater eris.
Dizerat ; at renuU parère Lutetia nato.
Cor petit \ boc nati pignus hal>ere cupit.
Divio sed laceros nati non sustinet artus :
Horruit, audito crimine, matris amor.
Et furiosa, meum quid divldis impia, clamât ;
Sit tuus: Integrum dira noverca cape.
Sic Condaee Jubés; per te fit Divio mater :
Duroque probas matrem, te Salomona prolias.
P. Do Mai, Divlonensis.
ÉTUDE SIXIÈBIE. 279
TRADOCTION.
SUR SANTEUL, Quand son corps fut transporté de Dijon à Paris,
A s. A. s. LE PRINCE DE CONDÉ.
Pour le corps de Santeul se disputent deux mères : l('une a dit : c*est mon fils ; Tautre a dit : c'est le mien. Santeul trancha, vivant, ces querelles amères : Adieu, Paris, dit-il ; toi, Dijon, Je suis tien. A ce choix filial, Paris loin de souscrire.
Veut le cœur de son fils comme un gage éternel. Dijon, pour son enfant qu*en espoir on déchire. Entend avec horreur un vœu si criminel.
Non, dit-elle ; plutôt qu*un si cruel partage. Que tout entier, marâtre, il vous soit accordé. Ainsi Condé Tordonne ; et dans cet arbitrage, La mère fut Dijon ; Salomon fut Condé,
Le douzain latin que nous avoûs essayé de rendre en un douzain français, fut ainsi paraplirasé par un contemporain de Santeul :
DISPUTE ENTRE PARIS ET DIJON, A qui aurait le corps de M, de Santeul,