DE ON
pagne il vaut mieux cent fois coucher les malades et les blessés sous la tente que de les entasser dans des locaux insuffisants.
Chaque pavillon ne devra pas avoir plus d’un ou deux étages, les services de chirurgie seront de préférence au rezde-chaussée. |
Quant au plan général des différents pavillons, le problème est le suivant: «isoler les pavillons assez pour qu’ils ne puissent se nuire, ni dans leur ventilation, ni dans leur aération; il faut de plus assurer entre eux une communication facile à l’abri des intempéries en les reliant les uns aux autres.»
L’aération et la ventilation des hôpitaux est essentielle; l’auteur écrit à ce sujet ceci: «Le soleil c’est la vie: la nuit, c’est la mort; la lumière, c’est la santé et la force. il faut que les salles d'hôpital reçoivent des flots de lumière solaire.» La ventilation sera assurée par les fenêtres qui seront grandes et nombreuses et par différents appareils; le chauffage par des cheminées ouvertes, des poêles de fonte ou de faïence ou des calorifères à eau chaude.
C’est d’après ces idées générales que Sarazin réalisa le nouvel hôpital militaire de Bourges, dont le projet lui avait été demandé par Ducrot. Il adopta le système des hôpitaux à très petits pavillons séparés, le block-system des Anglais et des Américains et en France celui de l’ingénieur Tollet.
L'hôpital est composé d’une douzaine de pavillons, rangés en 2 lignes symétriques, reliés au centre par un pavillon administratif. Les longues faces de tous ces pavillons sont exposés aux rayons solaires. Tous les pavillons des malades et les bâtiments des services généraux sont reliés par une galerie en forme d’H, qui sert en hiver de promenoir.
Les pavillons ont 7,50 m. de largeur intérieure; à chaque pavillon est adjoint un petit bâtiment contenant les cabinets.
L'intérieur de chaque pavillon est divisé en 3 segments: le segment moyen forme la salle de malades; longue de
SHC URSRa
29,40 m. et pourvue de seize fenêtres, elle est destinée à 28 lits. Le parquet des salles est en chêne sur bitume. Le cube d’air pour chaque lit est de 55 mc.
«Les murs sont revêtus de stuc à la hauteur de 3 mètres. La voûte est peinte en vert clair et silicatée. on pourra donc laver à grande eau tout l’intérieur des pavillons. Il faut visiter ces pavillons pour se faire une idée de leur netteté, de leur propreté, de leur élégance et de leur ampleur.»
Le bâtiment central comprend des caves destinées à la dépense et à la pharmacie: elles sont spacieuses, bien éclairées et d’un accès facile. Le rez-de-chaussée est occupé d’un côté par la pharmacie, la chirurgie, la bibliothèque, la salle d'opérations et les cabinets des médecins et pharmaciens; de l’autre elle est occupée par la cuisine, la dépense, la chambre des générateurs, la salle des bains généraux et de l’hydrothérapie.
Contre le mur de clôture sont situés des hangars qui permettent de remiser en temps de paix le matériel d’ambulance du corps d'armée.
Le lit de malade dans un tel hôpital revient à 3.800 francs, ce «qui est loin d’être excessif» car ce prix s'élève en effet à 17.000 francs pour Lariboisière et à 60.000 francs pour le nouvel Hôtel-Dieu. Or, ajoute Sarazin, «il y a plus de vrai luxe dans notre hôpital de Bourges que dans les hôpitaux précités.»
Il y a, en effet, plus d’air, plus de lumière, plus d’espace accordés aux malades, et les services généraux, le chauffage, l'éclairage, la ventilation, les voies de communication sont plus largement dotés que partout ailleurs.
Comme éclairage, le gaz a été adopté d’un commun accord et, grâce aux précautions qu’on a prises, tout danger de fuite ou d’explosion a été facilement évité. «Dans le salon réservé aux officiers, les becs de gaz sont supportés par des bras de bronze ouvragés.» Chaque pavillon est chauffé isolément par des appareils de chauffage et de ventilation combinés.