‹ SartheChapitre 5 sur 11 · HOMMES DE GUERRE · texte numérisé non relu

HOMMES DE GUERRE

1813, il n'était que chefdcbataillon.il fitla campagne de France et gagna la croix d'officier de la Légion d'honneur à la bataille de Craonne (14 mars 1814). Négrier, officier perdu dans les rangs, n'avait eu aucune attitude politique; il était bien noté; il ne fut pas mis en disponibilité ni en demi-solde par la Restauration; à vingt-six ans il était vraiment trop jeune pour être réformé. Mais Négrier attendit pendant onze années ies épaulettes de lieutenant-colonel : il ne les reçut qu'en 1825. Colonel en 1830 et noté comme officier laborieux et vigoureux, il fut nommé général de brigade en 1836 et envoyé en Algérie. Là du moins il entrait dans une sphère d'activité où il pourrait déployer sa valeur. Il soumet une tribu rebelle de la plaine de la Mitirl ja, puis reçoit le commandement de Constantine que nos troupes venaient deconquérir (1837). Il y avait fort à faire pour consolider notre autorité dans une contrée montagneuse, à peine soumise. Les tribus de la montagne furent réduites, l'ancien bey de Constantine, qui tentait de reprendre, sinon sa capitale, trop peu abordable, du moins son autorité sur les localités voisines, fut battu par Négrier et chassé des deux places fortes de Milah et de Stora où il avait réussi à s'établir. Les Kabyles de Collo reçurent à leur tour une leçon qui, pour quelque temps, les décida au repos.

Lieutenant-général en décembre 1841, Négrier poussa notre domination jusqu'à Tebessa à 30 lieues au Sud-Ouest de Constantine.

Rappelé en France en 1843, le général Négrier fut nommé, deux ans après, inspecteur général d'infanterie. De 1843 à 1848 il commanda les divisions de Rennes et de Lille. Dans ce dernier commandement

il se fit apprécier de la population civile -, tel point qu'après la Révolution de Février, le département du Nord l'élut au nombre de ses représentants.

Elu par l'Assemblée constituante pour les fonctions de questeur, il reçut, en outre, du général Cavaignac, en juin 1818, le commandement des troupes qui devaient dégager le quartier Saint-Séverin et le faubourg Saint-Antoine, citadelle des insurgés. Dans l'après-midi du dimanche un détachement de la garde nationale et des voltigeurs du 29* de ligne s'emparèrent de l'Arsenal et des maisons du quartier. Tandis que cette opération s'accomplissait, legénéral Négrier déboucha avec des troupes par le côté du grenier d'abondance et fit braquer une pièce de canon sur les maisons en face, le long des fossés de la Bastille. Pendant trois heures ce fut un feu terrible de part et d'autre. A 6 heures le général fut atteint d'une balle au front; la même décharge blessa mortellemeni Charbonnel, représentant du peuple, qui l'accompagnait. On raconte qu'en tombant Négrier dit : « Adieu, je meurs en soldat. » Transporté à l'Hôtel de Ville, il succomba en y arrivant.

Le général Négrier était âgé de soixante ans. Sur la demande des habitants de Lille son corps fut transporté dans cette ville qui lui a élevé une statue de bronze.

Un tel hommage rendu spontanément, par la libre volonté d'une ville et d'un département, est un grand honneur pour la mémoire du général Négrier.

ÉCRIVAINS ET SAVANTS

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